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« Portrait de la jeune fille en feu » de Céline Sciamma. Critique cinéma

Synopsis: Marianne est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d’Héloïse, une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d’épouse en refusant de poser. Marianne va devoir la peindre en secret. Introduite auprès d’elle en tant que dame de compagnie, elle la regarde.

La fiche du film

Le film : "Portrait de la jeune fille en feu"
De : Céline Sciamma
Avec : Noémie Merlant, Adèle Haenel
Sortie le : 18/09/2019
Distribution : Pyramide Distribution
Durée : 120 Minutes
Genre : Drame, Historique
Type : Long-métrage
Le film

Il y a des peintres qui ne savent pas dessiner certaines parties du corps. Céline Sciamma ne sait pas filmer les peintres. La Marianne de l’histoire est toujours de face, devant le tableau dont on ne voit rien. L’évolution de l’œuvre est absente de son interprétation, laissée aux mains expertes d’un ou d’une professionnel (le).

Céline Sciamma filme ses doigts en plan très serré. Pour les nuances, l’intérêt, l’émotion, la toile, interdite au spectateur, ne se révèle que dans le vague regard des intéressées . Idem lors de la partie de cartes.

Connivence entre la dame de service et la pseudo dame de compagnie

Loin du « Van Gogh » de Pialat-Dutronc, la réalisatrice opte pour l’asymétrie contrariée de plans séquences omniprésents. D’où cette impression de scènes surlignées, voire lourdingues quand elle s’appesantit sur les sentiments et ressentiments de ses protagonistes.

Héloïse et Marianne n’en manquent pas.

En 1770, tout juste sortie du couvent, Héloïse s’oppose à l’union que lui propose sa mère ( Valéria Golino), après le décès brutal de sa sœur.

Son acte résistant vise le portrait de mariage pour lequel elle refuse de poser. Pour contourner l’obstacle, sa mère introduit à ses côtés une dame de compagnie, Marianne, artiste de son état, qui devra la peindre en secret.

L’histoire est belle, cruelle aussi dans cette vision que pose la cinéaste à l’encontre de ses personnages et surtout d’une époque dominée une fois encore par le règne patriarcal. Marianne relève les interdits de son activité, sous prétexte de sa féminité, quand la jeune dame de service ( Luàna Bajrami ) ne sait plus à quelle recette se vouer ou quel exercice pratiquer, afin de se séparer de l’enfant qu’elle ne désire pas.

Le mariage contraint de la belle Héloïse renforce la solidarité entre les trois femmes, complices d’une amitié inattendue et surtout d’un amour de plus en plus prenant entre l’artiste et son modèle . Marianne et Héloïse se révèlent l’une à l’autre, et à elles mêmes, à travers l’œuvre fondatrice de leurs pulsions, romanesques et sulfureuses.

Noémie Merlant ( assez convaincante ) et Adèle Haenel ( confirmée ! ) s’accordent ainsi sur le tempo accordé par la réalisatrice qui trouve enfin quelques fulgurances dans leurs ébats et leurs contradictions amoureuses. Parfois déclamés à la façon des Grands Classiques, pour une scène de rupture. Comme un théâtre des passions…

Prix du scénario 2019 Cannes . - Il y a des peintres qui ne savent pas dessiner certaines parties du corps. Céline Sciamma ne sait pas filmer les peintres. La Marianne de l’histoire est toujours de face, devant le tableau dont on ne voit rien. L’évolution de l’œuvre est absente de son interprétation, laissée aux mains expertes d’un ou d’une professionnel (le). Céline Sciamma filme ses doigts en plan très serré. Pour les nuances, l’intérêt, l’émotion, la toile, interdite au spectateur, ne se révèle que dans le vague regard des intéressées . Idem lors de la partie de cartes. Loin du…
Le film

Il y avait tout pour faire un grand film autour de ce huis clos féminin sur une île quasiment inaccessible où les passions vont se consumer au fil d’un récit romanesque et sulfureux. Deux femmes à priori sans cause, ni commune mesure entre elles, vont s’aimer. La passion entretenue par un double secret (  la demoiselle qui ignore qui est sa dame de compagnie, va devoir cacher leur liaison ) demeure très conventionnelle au regard d’une mise en scène appuyée, voire parfois  lourdingue. Seuls quelques face à face , théâtralisés parfois, illuminent le discours de la réalisatrice assez maladroite quand elle se penche sur le chevalet de son sujet. Pour le romanesque j’ai souvent pensé à Jane Campion. Pour la technique et le savoir-faire pictural, Pialat et son «  Van Gogh »…

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