Accueil » Comédies » Rita Hayworth

Rita Hayworth

 Rarement une star n’aura été autant que Rita Hayworth l’exact contraire de son mythe. La « déesse de l’amour »,  qui joua dans Gilda l’une des scènes les plus sensuelles du cinéma, celle qui fut la pin-up préférée des GI’s pendant la Seconde Guerre Mondiale et se maria cinq fois, était en réalité une femme timide, mal à l’aise avec son image de sex-symbol, et vulnérable en amour !

Danseuse depuis son enfance dans la troupe familiale, Rita Hayworth, de son vrai Margarita Carmen Cansino, fut rejetée par Hollywood où elle auditionnait à quinze ans pour devenir actrice : visage ingrat, cheveux trop bruns !

Grâce à un relookage, Rita Hayworth trouve enfin un grand rôle à 21 ans, en 1939, dans « Seuls les anges ont des ailes » , d’Howard Hawks. Début prometteur confirmé avec « L’Ange de Broadway » suivi de quelques autres films qui la propulsent rapidement au rang de sex-symbol des années 40, statut conforté par une fameuse couverture de « Life » qui la montre très émoustillante à genoux sur un lit. Timide et réservée en privé, l’actrice se métamorphose sur les plateaux en monstre de sensualité, et aussi d’élégance quand elle virevolte avec l’aérien Fred Astaire dans « L’Amour vient en dansant ».
De quoi rendre son mari fou de jalousie, d’où un divorce qui lui fera connaître les bras de séducteurs patentés comme David Niven, Victor Mature ou le milliardaire Howard Hughes.

Grand amateur de défis, Orson Welles se met aussi en tête de séduire la « plus belle femme des Etats-Unis », ce qu’il réussit tellement bien que le couple se marie. Mais c’est avec un autre réalisateur, Charles Vidor, que Rita Hayworth vivra sa plus belle histoire de cinéma en tournant sous sa direction « La Reine de Broadway, » et surtout « Gilda », trouble film noir qui décuple son aura érotique et la fait entrer de plain-pied dans la légende.
À la ville, c’est pourtant une femme qui souffre d’être délaissée par son mari, Orson Welles, qui lui offrira finalement « La Dame de Shanghai » en cadeau de rupture.
Elle épouse alors le prince Ali Khan, qui ne lui apporte malheureusement pas l’attention et la tendresse escomptée. Pourtant, plus que jamais elle se pose comme une incarnation du désir avec « L’Affaire Trinidad », polar dans l’esprit de « Gilda » et surtout « Salomé », avec son affolante scène culte dans laquelle elle exécute la fameuse danse des sept voiles.

Dans l’exotique « La Belle du Pacifique » le succès est à nouveau au rendez-vous, mais côté vie privée elle fait encore une mauvaise pioche avec son quatrième mari, le chanteur Dick Haymes, qui la trompe et la délaisse autant que les autres.
À la fin des années 50, à l’approche de la quarantaine, Rita Hayworth joue dans « L’Enfer de Tropiques » et « La Blonde ou la rousse », respectivement aux côtés de Robert Mitchum et Frank Sinatra.

En cinquième noce, elle épouse le sage producteur James Hill, qui n’est pas volage, mais d’une froideur polaire. « Ma vie a été une longue suite d’erreur, dont je suis la principale victime » en vient-elle à dire tout en sombrant dans l’alcoolisme. Cette addiction s’accompagnant de pertes de mémoires, elle voit sa carrière progressivement décliner jusqu’à un arrêt total lorsqu’en 1980 un médecin lui diagnostique la maladie d’Alzheimer.
Elle va mourir sept ans plus tard.

Voir aussi

« Pupille » de Jeanne Herry. Critique cinéma

Encore un titre qui ne fait pas rêver, et pourtant, le coup d’œil est rayonnant, émouvant, bouleversant. C'est la vie

Laisser un commentaire