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« Sofia » de Meryem Benm’Barek. Critique dvd

Synopsis: Sofia, 20 ans, vit avec ses parents à Casablanca. Suite à un déni de grossesse, elle se retrouve dans l’illégalité en accouchant d’un bébé hors mariage. L’hôpital lui laisse 24h pour fournir les papiers du père de l’enfant avant d’alerter les autorités…

La fiche du DVD / Blu-Ray

Le film : "Sofia"
De : Meryem Benm\'Barek-Aloïsi
Avec : Maha Alemi, Lubna Azabal, Sarah Perles, Faouzi Bensaïdi, Hamza Khafif
Sortie le : 05 fevrier 2019
Distribution : Memento Films
Durée : 86 minutes
Film classé : Tous publics
Nombre de DVD / Blu-Ray : 1
Le film

Sofia est enceinte, mais ne le sait pas. Elle a 20 ans et son déni va au terme de sa grossesse. Toute relation sexuelle hors mariage au Maroc est sanctionnée par de la prison.

L’accouchement est un chemin de croix. « Le privé ne va pas risquer sa réputation » lui explique-t-on à l’hôpital «  et ici nous sommes très surveillés ».

Lena la cousine, étudiante en médecine (Sarah Perles), réussit néanmoins à forcer quelques barrières bien fragiles. La crainte d’une dénonciation et l’absolue nécessité de quitter l’hôpital une fois l’accouchement terminé ! Les papiers du père doivent arriver dans les 24 heures !

La cousine Lena, étudiante en médecine, va accompagner Sofia , et l’aider dans ses différentes démarches

Une exigence administratrice contrariée par l’attitude de la jeune mère (Maha Alemi) en charge d’une nouvelle vie dont elle ne sait absolument pas comment l’aborder. Entre le constat légal d’une situation et la révélation d’une histoire à sa famille qui elle aussi ne sait comment réagir.

Son statut social exige le maximum de discrétion, avec un bébé difficile à cacher. Omar (Hamza Khafif) dit qu’il ne sait rien de cette relation supposée («  je ne l’ai jamais touchée ») mais admet être le père devant le commissaire de police.

Aux yeux de la loi, l’homme et la femme sont coupables à part égale, et risquent la prison.

Ils en réchappent dans ce pays qui vit au-dessus de certaines contingences et en dessous de certaines lois. Ce que  Meryem Benm’Barek évoque très bien sur le socle traditionnel parental qui repose beaucoup sur la tante – Lubna Azabal- ( la cadette de la maman de Sofia ). Elle est mariée à un français dont les affaires florissantes vont encore prospérer avec un nouveau projet.

Pas question de le voir contrarier par quoi que ce soit. Les choses doivent rentrer dans l’ordre, et à … n’importe quel prix.

Ce regard occidental porté sur le Maroc par la tata richissime, la réalisatrice le critique autant que la loi de son pays. Sofia comprend peu à peu les rouages de son affaire, les raisons de son élargissement, ce qui la révolte … timidement.

Dans un jeu un peu surligné sur la détresse et l’abattement pour une jeune femme qui après le mutisme et la contrition va pourtant révéler pleinement son désir, ses envies, sa vérité.

Elle est visiblement amoureuse d’Omar, même si la réciproque est loin d’être vraie : le mariage civil est une tristesse absolue (photo). Les apparences se lézardent encore plus au cours d’une cérémonie religieuse où le Maroc revit à travers ses couleurs, ses coutumes et son avenir rayonnant.

Pourtant l’échec se lit sur tous les visages. Seule Sofia sourit, elle est vraiment la seule…

Sofia est enceinte, mais ne le sait pas. Elle a 20 ans et son déni va au terme de sa grossesse. Toute relation sexuelle hors mariage au Maroc est sanctionnée par de la prison. L’accouchement est un chemin de croix. « Le privé ne va pas risquer sa réputation » lui explique-t-on à l’hôpital «  et ici nous sommes très surveillés ». Lena la cousine, étudiante en médecine (Sarah Perles), réussit néanmoins à forcer quelques barrières bien fragiles. La crainte d’une dénonciation et l’absolue nécessité de quitter l’hôpital une fois l’accouchement terminé ! Les papiers du père doivent arriver dans les 24 heures ! Une exigence…
Le film

A 20 ans Sofia accouche d’une petite fille alors qu’elle n’est pas mariée. Au Maroc, elle risque la prison ainsi que le père de l’enfant. A ce constat légal Sofia doit ajouter la situation plutôt rayonnante de sa famille qui ne sait comment se dépêtrer d’une telle affaire qui risque de mettre en péril le projet pharamineux du gendre français. Il faut retrouver le père, et régler officiellement une situation qui n’a rien d’officielle. Malgré l’argent de la tante et l’entregent de ses relations, le problème demeure plus profond au sein d’une société patriarcale que l’on voit ébranler par une telle situation, mais aussi arc boutée à son histoire et ses traditions. Ce regard occidental porté sur le Maroc par la tata richissime, la réalisatrice le critique autant que la loi de son pays. Elle confronte les oppositions et les convergences pour tenter d’imaginer la porte de sortie la plus honorable à ce pays. Le constat d’échec affiché au final est assez déprimant.

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