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« Que Dios Nos Perdone » de Rodrigo Sorogoyen. Critique cinéma

Antonio de la Torre, Roberto Alamo

Synopsis: Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement - Madrid, été 2011.  Dans un contexte tendu ( l’émergence du mouvement des « indignés » et la visite imminente du Pape Benoît XVI.) un improbable binôme  se retrouve en charge de l'enquête sur un serial-killer d’un genre bien particulier. Les deux inspecteurs, sous pression, sont de surcroît contraints d’agir dans la plus grande discrétion… Une course contre la montre s’engage alors, qui progressivement les révèle à eux-mêmes...

La fiche du film

Le film : "Que Dios Nos Perdone"
De : Rodrigo Sorogoyen
Avec : Antonio de la Torre, Roberto Álamo
Sortie le : 09/08/2017
Distribution : Le Pacte
Durée : 126 Minutes
Genre : Policier, Thriller
Type : Long-métrage
Le film

L’énigme est révélée, le meurtrier identifié. Il est sur le point d’être arrêté. L’enquête policière s’arrêterait donc là et le film également, selon un dénouement prévisible. Ce que le réalisateur Rodrigo Sorogoyen, co-scénariste avec Isabel Pena, déjoue de manière singulière en poursuivant les investigations au-delà des scènes de crime et des victimes si particulières.

De vieilles femmes, veuves, massacrées et violées, dans leurs appartements. A ce tableau peu engageant, celui des flics chargés de l’enquête ne manque pas lui non plus de singularité.  Alfaro secret et violent supporte très bien son collègue dont le commissariat se moque sous cape : Velarde, un vieux garçon mystérieux qui s’exprime avec difficulté.

Mais le duo est plutôt efficace même si Sorogoyen ne lui laisse guère le temps de s’exprimer. Avec le réalisateur espagnol rien n’est jamais distinct, encore moins certain. Quand il s’agit de pénétrer les cœurs ce sont les âmes qui s’expriment. Quand il faut parler, le silence prend la parole.

Les deux flics avec leur réalisateur : un trio plus que gagnant

La tension est alors palpable. Entre collègues où les règlements de compte font mauvais genre. Dans le privé où les sentiments prennent  la clef des champs plus que celle d’un toit familial déserté depuis longtemps. Ce qui nous vaut au passage une scène magistrale entre Velarde et sa femme de ménage (María Ballesteros) à travers l’œilleton de la porte de l’appartement.

Le genre d’aparté que Sorogoyen met à profit pour mieux relancer son histoire, le suspense ou tout autre considération narrative au service plein et entier d’une mise en scène qui se joue de tant d’ouvertures. Celles que procurent les comédiens marquent l’empreinte totale du film : Antonio de la Torre, bègue aussi pertinent et subtil qu’il fut pour Raúl Arévalo dans « La colère d’un homme patient ». Roberto Álamo son compagnon d’infortune, sous pression si constante qu’on l’imagine à jamais tendu pour le rôle et ses déviances.

Une photo conventionnelle, la suite l’est beaucoup moins

Deux beaux personnages pour un binôme incompatible comme le septième art en invente et que Sorogoyen réinvente dans ce genre cinématographique dévoyé par son objectif. Il pervertit les codes et frustre le spectateur quand il le rapproche du criminel pour mieux écarter les soupçons. C’est Javier Pereira, pourquoi le cacher ? Il est lui aussi à la hauteur de l’engagement.
La formulation parait classique, le mode opératoire ne l’est pas. C’est un grand thriller qui relance l’affaire. Le criminel est-il vraiment coupable ?

 

L’énigme est révélée, le meurtrier identifié. Il est sur le point d’être arrêté. L’enquête policière s’arrêterait donc là et le film également, selon un dénouement prévisible. Ce que le réalisateur Rodrigo Sorogoyen, co-scénariste avec Isabel Pena, déjoue de manière singulière en poursuivant les investigations au-delà des scènes de crime et des victimes si particulières. De vieilles femmes, veuves, massacrées et violées, dans leurs appartements. A ce tableau peu engageant, celui des flics chargés de l’enquête ne manque pas lui non plus de singularité.  Alfaro secret et violent supporte très bien son collègue dont le commissariat se moque sous cape : Velarde,…
Le film

Pour faire un film policier aujourd’hui il faut être inconscient ou inconscient. Ce que le réalisateur espagnol accumule avec maestria dans ce renouvellement du genre qui sans casser la baraque nous met face à face avec un meurtrier de vieilles dames confronté lui-même à deux flics totalement improbables. Mais à sa manière de casser les codes Sorogoyen profile parfaitement ses enquêteurs au-delà du raisonnable pour mieux les enfoncer dans une histoire qui de plus en plus leur ressemble. Car côté vie privée ce n’est pas la joie dans notre binôme tout aussi mal perçu au sein du commissariat. La formulation parait ainsi classique, mais le mode opératoire ne l’est pas. Le réalisateur pervertit les codes et frustre le spectateur quand il le rapproche du criminel pour mieux écarter les soupçons. Et quand on connaît l’assassin, l’histoire ne s’arrête pas là … Magnifique !

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