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« Monsieur » de Rohena Gera. Critique cinéma-dvd

Synopsis: Ratna est domestique chez Ashwin, le fils d'une riche famille de Mumbai. En apparence la vie du jeune homme semble parfaite, pourtant il est perdu. Ratna sent qu'il a renoncé à ses rêves. Elle, elle n'a rien, mais ses espoirs et sa détermination la guident obstinément. Deux mondes que tout oppose vont cohabiter, se découvrir, s’effleurer...

La fiche du film

Le film : "Monsieur"
De : Rohena Gera
Avec : Tillotama Shome, Vivek Gomber
Sortie le : 26/12/2018
Distribution : Diaphana Distribution
Durée : 99 Minutes
Genre : Romance, Drame
Type : Long-métrage
Le film
Le bonus

Sortie DVD 04 Juin 2019

Maître et servante. Pour un premier film, Rohena Gera revient sur une thématique que le cinéma exploite régulièrement. Mais, contre tous les archétypes du genre, elle renouvelle le filon pour en extraire une véritable histoire, une signification réelle des rapports entre dominant-dominé : ni l’un ni l’autre ne se soumet à une quelconque inclinaison héréditaire ou historique.

Pourtant nous sommes en Inde où la prédominance des castes a toujours fait autorité. Un pouvoir que ne conteste nullement Ratna au service de Ashwin, le fils d’une riche famille. Il y a déjà là tous les contraires, les oppositions et le ferment possible d’une révolte fomentée par l’injustice sociale.

Il n’en est rien surtout que le maître va à l’encontre des attendus. Après avoir mis fin à un mariage somptuaire, quelques jours seulement avant la date, Ashwin reprend le cours de son existence, entre le bureau de l’entreprise familiale, qu’il gère sous l’autorité paternelle insistante (Rahul Vohra), et les soirées festives amicales.

Un célibataire riche et comblé, heureux aux yeux du monde qui ne voit que ce qu’il veut bien entendre. Ratna a tous les sens en éveil et comprend le désarroi de son patron, avant d’assister à sa dérive. D’autant plus désemparée qu’elle prend à son tour la tangente, pour un peu de liberté qu’il lui accorde très naturellement.

Elle suit des cours de couture et rêve de créer ses propres modèles. Ratna est douée, c’est une évidence, Ashwin l’encourage.

Quand elle retrouve ses congénères, c’est dans la cuisine, pour servir les maîtres. Une scène magnifique …

Le respect pour l’un, pour l’autre une émancipation garantie dans le cadre de cette grande ville où son anonymat lui sert de garant. Il ne faut surtout pas que le village là-bas entende la moindre rumeur . Fondée ou pas et toute la tribu porte l’opprobre.

C’est surprenant comment Rohena Gera nous raconte tout ça, en peu de temps et sans manière. Un brin idyllique peut-être. Comme un huis-clos auquel vous assistez en tant qu’ami, convive ou simple passant d’une histoire qui ne vous regarde pas trop. Mais Ashwin ouvre facilement sa porte et son cœur de plus en plus.

Son temps libre, elle le passe dans les merceries, pour dénicher le tissu dont elle rêve pour ses créations .

Ce qui perturbe la domestique confrontée à l’interdit, au tabou, à la transgression. Face à ce patron gentil et prévenant, un patron de gauche dirait-on encore. Vivek Gomber l’assume sans tapage, généreux, face à Tilotama Shome tout en prévenance et distinction … de classe !

« Monsieur » a effectivement beaucoup de classe !

Le Supplément

  • Scènes coupées. Les deux premières sont plus ou moins déjà intégrées dans le montage final, tandis que l’on se passe évidemment de la scène romantique , ou les adieux entre le héros et la femme avec qui il devait se marier .
  • Maître et servant, dominant et dominé :

« The servant » de Joseph Losey

«  La servante » de Kim-Ki Young

«  Les sorcières de Salem » de Raymond Rouleau

« Contes des chrysanthèmes tardifs » de  Kenji Mizoguchi

« Le festin de Babette » de Gabriel Axel

Sortie DVD 04 Juin 2019 Maître et servante. Pour un premier film, Rohena Gera revient sur une thématique que le cinéma exploite régulièrement. Mais, contre tous les archétypes du genre, elle renouvelle le filon pour en extraire une véritable histoire, une signification réelle des rapports entre dominant-dominé : ni l’un ni l’autre ne se soumet à une quelconque inclinaison héréditaire ou historique. Pourtant nous sommes en Inde où la prédominance des castes a toujours fait autorité. Un pouvoir que ne conteste nullement Ratna au service de Ashwin, le fils d’une riche famille. Il y a déjà là tous les contraires, les…
Le film
Le bonus

Dans un appartement cossu de Mumbai, une domestique s’affaire au quotidien de son propriétaire, un homme célibataire guère excessif dans ses attentes. Monsieur est aimable, attentionné, prévoyant, un patron de gauche, social en tout cas, on le voit même se rendre là où vivent les ouvriers de l’entreprise familiale qu’il gère sous la coupe de son papa. Un clan auquel Ashwin tente de ne pas trop prêter attention contrairement à sa servante qui doit tenir compte de toute sa famille restée au village et qui ne comprendrait pas la manière dont elle travaille au sein de la maisonnée. En toute indépendance, dedans, mais aussi dehors pour tenter de réaliser son rêve : devenir couturière. Sur les encouragements de son maître, elle va connaître une nouvelle vie et lui révéler la sienne. Une vérité éclatante comme ce film tout en douceur.

AVIS BONUS Trois petites scène coupées et puis s’en vont . Il y a aussi le film commenté …

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2 Commentaires

  1. A travers une romance naissante entre un « riche » et une » pauvre », plusieurs interdits sociétaux dûs aux différences d’appartenance aux castes (pourtant officiellement abolies!) font surface tout au long de ce film.
    Filmé simplement, de très bons acteurs bien loin du Bollywood, on se refait une piqûre de rappel comme quoi l’herbe n’est pas plus verte chez le voisin!

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