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« Les Chambres rouges » de Pascal Plante. Critique cinéma

  • 17 janvier 2024 en salle
  • 1h 58min / Thriller
  • Avec Juliette Gariepy, Laurie Fortin-Babin, Elisabeth Locas

L’histoire : Deux jeunes femmes se réveillent chaque matin aux portes du palais de justice de Montréal pour assister au procès d’un tueur en série qui a filmé la mise à mort de ses victimes. Leur obsession maladive les conduit à tenter par tous les moyens de mettre la main sur l’ultime pièce du puzzle  : la vidéo manquante de l’un des meurtres

Interdit aux moins de 12 ans

Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article

  • Le film : 

C’est un peu l’affaire Fourniret, dans une version québécoise, totalement imaginée. Les pièces du dossier sont pourtant très accablantes dans leur vérité, et leur cruauté extrême.

Ce que rappelle la procureure en ouverture du procès que Pascal Plante prend immédiatement sous son aile en balayant calmement du regard la salle et sa composition. On énumère les méfaits « abominables, immondes » de l’accusé en suivant l’arrivée des jurés, le visage du tueur présumé,  le juge, le public…

Un long plan-séquence aussi froid et distant que parait cette assemblée au sein de laquelle le cinéaste distingue deux jeunes femmes . Elles viennent de sortir de la nuit montréalaise , pour être aux premières loges du procès.

Elles ne se connaissent pas encore, mais leur fascination autour du meurtrier va très vite les rapprocher. C’est peut-être leur seul point commun, cette attirance macabre. Clémentine (Laurie Fortin-Babin) revendique l’innocence certaine de ce serial-killer quand Kelly-Anne rétorque sur tous les points contestés par sa nouvelle compagne.

Elle possède le dossier à fond semble-t-il, ce qui intrigue Clémentine, subjuguée par cette Kelly-Anne, bien aimable à son égard,  beau mannequin le jour, hacker compulsif la nuit.

Laurie Fortin-Babin -Juliette Gariepy …

Pascal Plante joue résolument sur l’énigme féminine, mais n’est guère plus loquace dans sa mise en scène . Suspense psychologique, policier… Il dit beaucoup et ne révèle rien, et encore moins quand le procès s’éternisant, une vidéo manquante risque de le rendre quasi caduque. 

Kelly-Anne  repart alors dans les profondeurs du web, hackeuse acharnée sur laquelle cette fois le réalisateur s’attarde techniquement, dans une logorrhée informatique qui m’a paru très complexe mais là encore d’une fascination totale.

La façon dont il s’empare des fonctions numériques du Web dans une mise en scène ordonnée de chiffres et de signes cabalistiques tient du prodige. Juliette Gariepy , toujours aussi énigmatique dans son personnage, suit à la lettre l’évolution du système. Loin de son abstraction, elle est totalement présente. Une belle révélation dans un film tout aussi déroutant, mais prenant. Sans haine, ni violence …

17 janvier 2024 en salle 1h 58min / Thriller Avec Juliette Gariepy, Laurie Fortin-Babin, Elisabeth Locas L'histoire : Deux jeunes femmes se réveillent chaque matin aux portes du palais de justice de Montréal pour assister au procès d’un tueur en série qui a filmé la mise à mort de ses victimes. Leur obsession maladive les conduit à tenter par tous les moyens de mettre la main sur l’ultime pièce du puzzle  : la vidéo manquante de l’un des meurtres Interdit aux moins de 12 ans Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article Le film :  C’est un peu l’affaire Fourniret, dans une…
Le film

On croit assister à un nouveau film de procès ( celui d’un serial-killer hyper cruel, à Montréal cette fois ) quand le prétoire est seulement prétexte à une machination informatique engagée par une jeune hackeuse en vue d’approfondir le dossier judiciaire. En quête d'une pièce manquante. Un personnage très troublant, mystérieux, qui ne révèle pas grand-chose de sa vie , mannequin le jour, hackeuse la nuit. Cette personnalité très discrète, pour ne pas dire secrète, Juliette Gariepy la dessine parfaitement dans ce thriller psycho-informatique, en marge des conventions. Pascal Plante y aborde de nombreux sujets, jamais de manière sibylline, comme le voyeurisme populaire, la téléréalité , l’enfermement du monde internet, la fascination macabre . Le tout au cœur du malaise sociétal provoqué par la présence de ces abominables criminels. Lui filmait ses victimes et revendait les vidéos. Celle du troisième meurtre est introuvable. Si ce n’est pas l’enjeu du procès, c’est peut-être celui d’une hackeuse , fascinée par son auteur … Pas un gramme de violence, pas une goutte de sang, dans ce thriller angoissant , orchestré par un seria-killer quasi absent. Du grand art pour nous mettre en alerte

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