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« Legend » de Brian Helgeland. Critique cinéma

Les deux frangins, dont l'un ne va pas bien ...

Synopsis: Interdit aux moins de 12 ans. Londres, les années 60. Les jumeaux Reggie et Ronnie Kray, célèbres gangsters du Royaume-Uni, règnent en maîtres sur la capitale anglaise. À la tête d’une mafia impitoyable, leur influence paraît sans limites. Pourtant, lorsque la femme de Reggie incite son mari à s’éloigner du business, la chute des frères Kray semble inévitable…

La fiche du film

Le film : "Legend"
De : Brian Helgeland
Avec : Tom Hardy, Emily Browning
Sortie le : 20/01/2016
Distribution : StudioCanal
Durée : 131 Minutes
Genre : Policier, Biopic
Type : Long-métrage
Le film

Tom Hardy a beau faire double jeu (les frères jumeaux Kray  à lui tout seul) il n’arrive pas à colmater les faiblesses d’un film qui sur son histoire ambitionnait d’autres horizons. Deux frangins presque semblables au-dessus des moustaches œuvrent dans le gangstérisme de haut vol. Mais la différence est de taille : face à la normalité intelligente de Reggie, Ronnie oppose une défaillance mentale ahurissante qu’il tente de combler par une violence et un cynisme sans pareils.

Une belle ligne d’écriture pour le réalisateur Brian Helgeland, scénariste patenté de « L.A Confidential », « Mystic River », « Payback », et autre « Green Zone ». Il en rajoute même dans les attendus de son scénario: le voyou sain d’esprit tombe amoureux de la belle Frances (Emily Browning) . Elle lui demande en retour de mettre fin à sa carrière de gangster.

Je pense qu’il veut sincèrement s’engager sur ce chemin, mais les bêtises de son abruti de frangin viennent chaque fois contrarier ses projets de réinsertion. Alors la dame va déchanter et le monsieur redevenir un peu plus méchant. Je résume et je survole une aventure pour laquelle le réalisateur-scénariste languit pendant plus de deux heures. Sans me convaincre un instant du bien-fondé de son entreprise.

Le gangster tombe réellement amoureux de Frances, le début de sa perte
Le gangster tombe réellement amoureux de Frances, le début de sa perte

Vous avez compris l’histoire ? Elle est palpitante, mais le film est sans rythme, sans âme, sans dynamique. Vous imaginez les rebondissements ? Ils sont peu nombreux et sans effets sur une mise en scène qui copie plus ou moins ce que font les américains dans ce genre de film. Comme une transposition de « Irish Gangster » de Jonathan Hensleigh mixé à « Public enemies » de Michael Mann. Chazz Palminteri le flic de «  Usual Suspect » ne peut alors s’empêcher de s’auto plagier en mafieux US venu traiter sur les bords de la Tamise.

Car le drame se déroule à Londres, une cité peu remarquée derrière la caméra de Brian Helgeland, malgré un soin apporté aux décors et à la reconstitution des lieux. Le cinéaste leur préfère les coins enfumés des gargotes et des clubs où traînent les malfrats. C’est son droit. Mais à part y régler des combats d’une intense violence, il ne suscite guère d’intérêts pour ses endroits propices à bien des aléas scénaristiques.

Comme ce tribunal clandestin qui juge un gangster du clan d’en face. C’est ahurissant et horrible, mais la valeur du document est cette fois à porter au crédit de la réalisation. Un feu de paille au milieu d’un désert. Ca fait bizarre!

 

Tom Hardy a beau faire double jeu (les frères jumeaux Kray  à lui tout seul) il n’arrive pas à colmater les faiblesses d’un film qui sur son histoire ambitionnait d’autres horizons. Deux frangins presque semblables au-dessus des moustaches œuvrent dans le gangstérisme de haut vol. Mais la différence est de taille : face à la normalité intelligente de Reggie, Ronnie oppose une défaillance mentale ahurissante qu’il tente de combler par une violence et un cynisme sans pareils. Une belle ligne d’écriture pour le réalisateur Brian Helgeland, scénariste patenté de « L.A Confidential », « Mystic River », « Payback », et autre « Green Zone ». Il en rajoute…
Le film

Il y avait me semble-t-il un point de départ intéressant sur le scénario de ce réalisateur qui n’a pas su exploiter la dualité entre les frangins gangsters, l’un normal, l’autre complètement frapadingue. Au fil des aventures émerge un antagonisme entre les jumeaux, là encore totalement sous-exploité. Alors, comme le film dure plus de deux heures, on se demande ce qui peut bien se passer pendant tout ce temps. Rien de palpitant, sinon le déroulé nonchalant d’une existence bringuebalée par les mauvais coups et l’amour qui va peut-être le sauver du naufrage. Ce qui n’est pas le cas pour ce film au scénario poussif. Un comble quand on sait que le réalisateur-scénariste a signé quelques belles lettres pour  «  L.A Confidential », « Mystic River », « Payback », « Green Zone »

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