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« Le Poirier sauvage » de Nuri Bilge Ceylan. Critique cinéma

Synopsis: Passionné de littérature, Sinan a toujours voulu être écrivain. De retour dans son village natal d’Anatolie, il met toute son énergie à trouver l’argent nécessaire pour être publié, mais les dettes de son père finissent par le rattraper…

La fiche du film

Le film : "Le Poirier sauvage"
De : Nuri Bilge Ceylan
Avec : Do?u Demirkol, Murat Cemcir
Sortie le : 08/08/2018
Durée : 188 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
le film

Quand il repart de Cannes, Nuri Bilge Ceylan a toujours dans sa valise une distinction particulière. De l’or pour «  Winter Sleep », un grand prix avec «  Il était une fois en Anatolie ». Mais cette fois le cinéaste est bredouille et cela ne me surprend guère.

Ce poirier sauvage ne donne que des fruits blets où sa culture apparaît au grand jour d’un cinéaste décidément enclin à l’emphase et au bavardage. Bien que de bonne composition dans les semailles ( une écriture exigeante, fournie, une mise en scène élégiaque … ) la récolte s’avère décevante.

Elle est sur la longueur ( 180 mn ) brouillonne et nombriliste par trop d’allusions intellectuelles à un univers qui s’en détache totalement . Celui d’une petite ville turque en Anatolie où Sinan revient quelques temps auprès de sa famille.

En passe d’obtenir un poste d’instituteur, le jeune homme rêve de devenir romancier. Mais l’argent nécessaire à la publication de son premier essai se heurte aux déboires d’un père bien dépensier. C’est peut-être le sujet du film, cette relation filiale abrégée par les allers-retours du héros chaque fois sollicité par des rencontres essentielles à la quête de son retour au pays.

Et chaque fois Nuri Bilge Ceylan en élève le propos jusqu’au point de non-retour. Le procédé est trop systématique dans sa durée et son rythme . L’entente cordiale des premiers échanges se conclue toujours par une salve de mots enfiévrés, voire parfois violents quand la verve  provocatrice de Sinan ne se contient plus.

Entamée dans une librairie, la discussion avec le romancier s’achève sur un pont , mais le temps ne fait rien à l’affaire , bien au contraire …

Il y a là pourtant quelques scènes magnifiques avec l’amie de l’école que Sinan retrouve dans la campagne, ou bien l’entretien avec un romancier célèbre qui poliment écoute l’élève parler au maître. Avant que Sinan n’inverse les rôles et que le cinéaste en prenne son parti dans un delirium verbal agaçant.

A force de confondre longueur et réflexion, langueur et profondeur, prise de tête et intelligence , Nuri Bilge Ceylan en oublie le cinéma qui parlait autrefois de l’Anatolie. Il était une fois …

  • Ca se passe aussi en Anatolie

« Il était une fois en Anatolie »  de  Nuri Bilge Ceylan

« Winter sleep  »  de Nuri Bilge Ceylan

Quand il repart de Cannes, Nuri Bilge Ceylan a toujours dans sa valise une distinction particulière. De l’or pour «  Winter Sleep », un grand prix avec «  Il était une fois en Anatolie ». Mais cette fois le cinéaste est bredouille et cela ne me surprend guère. Ce poirier sauvage ne donne que des fruits blets où sa culture apparaît au grand jour d’un cinéaste décidément enclin à l’emphase et au bavardage. Bien que de bonne composition dans les semailles ( une écriture exigeante, fournie, une mise en scène élégiaque … ) la récolte s’avère décevante. Elle est sur la longueur…
le film

Je ne sais pas trop de quoi parle ce film qui pourtant s’étale sur trois heures plus ou moins bien senties . Retenons que la relation entre un père abandonné par sa bonne étoile et un fils qui promis au professorat rêve d’écriture et de romans à succès, cette relation demeure le point d’ancrage à un récit propice à de nombreuses rencontres. Le cinéaste se plaît à les filmer dans la longueur jusqu’au point de non-retour. Le procédé est trop systématique dans sa durée et son rythme pour retenir l’attention d’un spectateur happé par la ferveur intellectuelle du propos . Malgré une écriture exigeante, fournie, une mise en scène élégiaque, l’ensemble ne tient pas vraiment la distance. Les comédiens semblent en subir les contre-coups .

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