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« La Fracture » de Catherine Corsini. Critique cinéma

Synopsis: Raf et Julie, au bord de la rupture, se retrouvent dans un service d’Urgences proche de l'asphyxie le soir d'une manifestation parisienne des Gilets Jaunes. Leur rencontre avec Yann, un manifestant blessé, va faire voler en éclats les certitudes et les préjugés de chacun. L’hôpital, sous pression, doit fermer ses portes. Le personnel n’en peut plus …

La fiche du film

Le film : "La Fracture"
De : Catherine Corsini
Avec : Valeria Bruni Tedeschi, Marina Foïs
Sortie le : 27/10/2021
Distribution : Le Pacte
Durée : 98 Minutes
Genre : Comédie dramatique, Drame, Comédie
Type : Long-métrage
Le Film

Reliquat, constat, ce que nous montre Catherine Corsini, on connait. Vu, entendu, sous toutes les coutures, ces manifs de gilets jaunes violemment réprimées par les CRS.

Soyons cyniques. Sans ces débordements, les Urgences de l’hôpital fonctionneraient mieux. Le personnel, en sous-effectif, ne serait pas fatigué, dépassé, usé par les gardes qui n’en finissent pas.

Le peuple crie sa colère, son mal de vivre, les forces de l’ordre usent et abusent de leur étiquette pour matraquer à tout va. Provoquées, fatiguées, elles font n’importe quoi, dépassées par les événements qui rongent le pavé.

A la fin du film, un flic sur une méprise, confie à ce qu’il pense être un soignant, tout son désarroi. Mais l’homme est chauffeur de poids-lourd et veut à tout prix quitter l’hôpital pour rejoindre son camion.

Yann ne comprend pas encore très bien ce qui lui arrive. Sur son temps de pause, il enfile son gilet jaune et titille les flics à portée de boucliers. Une rafale dans les jambes (mais de quoi ?) et le voici aux Urgences cloué sur un lit de colère qui ne fait qu’empirer.

Il doit reprendre le volant, livrer les clients quant tout autour on s’affaire vers d’autres patients, des cas plus urgents, plus criants. Yann les côtoie, les observe et confronte sa peur, son mal et sa rage à cette femme désinvolte, tout à côté, qui minaude et se plaint.

L’infirmière Kim ( remarquable Aïssatou Diallo Sagna) doit faire face à tous les impondérables, dont la fermeture du service psychiatrique. Adrien, rapatrié à ses côtés, va poser de graves problèmes.

 

Raf est une tête à claque, hystérique et Valéria Bruni-Tedeschi l’exprime superbement dans la démesure d’une situation inextricable, où tout le monde va et vient dans ce labyrinthe impressionnant du service des Urgences.

Raf a sa petite histoire personnelle avec Julie (excellente Marina Foïs) elle-même inquiète de la disparition de son fils au cours de la manif qui se poursuit sur les écrans TV.

Jeu de miroir, les histoires s’entrecroisent, les situations se brouillent et parfois nous font rire, avant l’extrême violence d’une charge de police devant l’hôpital. La panique totale, le drame absolu, l’inconscience humaine figée dans ce cloaque social, que ni Raf, ni Julie, ni Yann, ne pouvaient imaginer.

Peu d’amabilité entre la dessinatrice et le camionneur, mais des éclats de rire parfois, des coups de gueule, deux mondes qui tentent de se comprendre

 

Yann, c’est Pio Marmai, extraordinaire, dans son plus grand rôle à ce jour. Il est à lui seul la souffrance et l’incompréhension, la misère sociale et la fureur populaire, un condensé d’humanité magnifiquement filmé et repris dans le cadre d’une action civique indiscutable.

« La Fracture », elle est physique, politique, sociale, médicale. Nos dirigeants ne peuvent ainsi la laisser béante et sans espoir.

Reliquat, constat, ce que nous montre Catherine Corsini, on connait. Vu, entendu, sous toutes les coutures, ces manifs de gilets jaunes violemment réprimées par les CRS. Soyons cyniques. Sans ces débordements, les Urgences de l’hôpital fonctionneraient mieux. Le personnel, en sous-effectif, ne serait pas fatigué, dépassé, usé par les gardes qui n’en finissent pas. Le peuple crie sa colère, son mal de vivre, les forces de l’ordre usent et abusent de leur étiquette pour matraquer à tout va. Provoquées, fatiguées, elles font n’importe quoi, dépassées par les événements qui rongent le pavé. https://www.youtube.com/watch?v=7Ol2ebyaM2k&ab_channel=BandesAnnoncesCin%C3%A9ma A la fin du film, un flic…
Le Film

Nouveau chapitre au documentaire de David Dufresne « Un pays qui se tient sage », « La fracture » filme au scalpel le travail des urgences, là où ça fait mal, où l’entaille est profonde. Une manif des Gilets Jaunes violemment réprimée, jusqu’aux portes de l’hôpital, donne lieu à un afflux de blessés aux services des Urgences déjà bien engorgé par d’autres pathologies. Le peuple crie sa colère, son mal de vivre, les forces de l’ordre usent et abusent de leur étiquette pour matraquer à tout va. Provoquées, fatiguées, elles font n’importe quoi, dépassées par les événements qui rongent le pavé. On suit plus particulièrement le travail d’une infirmière des Urgences, Kim. Elle est interprétée de façon remarquable par Aïssatou Diallo Sagna, aide-soignante de son état, autour de trois personnages : Raf et Julie, en train de se séparer (Valeria Bruni Tedeschi, Marina Foïs, excellentes) et Yann qui débarque là un peu par hasard. Sa colère s’amplifie au fur et à mesure des débordements policiers (la TV est en marche) et de l’insuffisance chronique des soignants, éreintés. Yann, c’est Pio Marmai, extraordinaire, dans son plus grand rôle à ce jour. Il est à lui seul la souffrance et l’incompréhension, la misère sociale et la fureur populaire, un condensé d’humanité magnifiquement filmé et repris dans le cadre d’une action civique indiscutable. « La Fracture », elle est physique, politique, sociale, médicale. Nos dirigeants ne peuvent ainsi la laisser béante et sans espoir.

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