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« La fille inconnue » de Jean-Pierre et Luc Dardenne. Critique cinéma

Synopsis: Jenny, jeune médecin généraliste, se sent coupable de ne pas avoir ouvert la porte de son cabinet à une jeune fille retrouvée morte peu de temps après. Apprenant par la police que rien ne permet de l'identifier, Jenny n'a plus qu'un seul but : trouver le nom de la jeune fille pour qu'elle ne soit pas enterrée anonymement, qu'elle ne disparaisse pas comme si elle n'avait jamais existé.

La fiche du film

Le film : "La Fille Inconnue"
De : Luc Dardenne, Jean-Pierre Dardenne
Avec : Adèle Haenel, Olivier Bonnaud
Sortie le : 12/10/2016
Distribution : Diaphana Distribution
Durée : 106 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

La culpabilité, les remords. Jenny n’en dort plus. Parce qu’une femme est morte et que sa mission est de guérir. Elle achève le remplacement d’un confrère et s’apprête à gagner les hautes sphères du monde médical. On lui prédit un bel avenir, mais Jenny est déjà ailleurs.

Une femme est morte, «  ce n’est pas vous qui l’avez tuée » la rassure un collègue, «  mais si j’avais ouvert ce soir-là » répète une petite voix qui lui  dit désormais de laisser cette porte ouverte. Pour en franchir bien d’autres, comprendre et assumer.

Une femme tiraillée par son engagement et ses convictions. Tout Adèle Haenel s’inscrit dans ce personnage déchiré par un événement qu’elle n’aurait jamais imaginé provoquer. La comédienne, par son jeu raisonné, totalement habité, pose avec justesse les données d’un problème que le scénario argumente avec une maladresse de premier assistant.

Le jeune docteur passe du diagnostic à l'investigation, non sans danger
Le jeune docteur passe du diagnostic à l’investigation, non sans danger

Les frères Dardenne en sont les auteurs, et c’est surprenant. L’histoire concevable à l’origine, devient mal habile dans le déroulement de ses attendus,  de moins en moins crédible au fur et à mesure que l’héroïne troque son stéthoscope pour la loupe de Sherlock Holmes. Avec toute l’inexpérience de sa jeunesse, et  la méconnaissance d’une activité qui demande un autre doigté que celui de panser des blessures.

Jenny est à côté de la plaque, le film tout autant. On imagine un moment la version urbaine du film de Thomas Lilti, le quotidien d’un médecin de ville, face aux patients agressifs, en manque ou aux appels de nuit qu’elle ne peut pas refuser. Une présence quasi constante sur le terrain, doublée cette fois d’une mission particulière…

Et là ça flanche, elle en fait trop, et n’importe quoi, quand l’enquête officielle demeure une énigme. Ils vont quand même bien intervenir pour mettre le holà, lui demander d’arrêter ses investigations intempestives au cœur de sa clientèle, mais non, Jenny est en roue libre et force son destin. Quand elle se met en danger, que la barre est trop haute, on se dit que les frères Dardenne ont de la ressource. Mais la fiction est bringuebalante, le stagiaire bien encombrant. C’est quoi son histoire ?  Arc-boutés sur une mise en scène hésitante, peu inspirée,Olivier Bonnaud, Jérémie Renier…  peinent à voir.

Le dénouement, bien faiblard lui aussi, n’apporte rien pour contredire un état de fait si inconfortable qu’il sera toujours difficile de l’imputer aux frères Dardenne. Et pourtant…

 

La culpabilité, les remords. Jenny n’en dort plus. Parce qu’une femme est morte et que sa mission est de guérir. Elle achève le remplacement d’un confrère et s’apprête à gagner les hautes sphères du monde médical. On lui prédit un bel avenir, mais Jenny est déjà ailleurs. Une femme est morte, «  ce n’est pas vous qui l’avez tuée » la rassure un collègue, «  mais si j’avais ouvert ce soir-là » répète une petite voix qui lui  dit désormais de laisser cette porte ouverte. Pour en franchir bien d’autres, comprendre et assumer. Une femme tiraillée par son engagement et ses convictions. Tout…
Le film

Un film des frères Dardenne qui tangue dangereusement, pour un scénario mal habile, une histoire peu crédible, c’est rare, voire impossible, et pourtant cette fille inconnue risque de l’être un peu plus aux yeux d’une filmographie autrement plus éloquente. Que le personnage joué admirablement bien par Adèle Haenel extirpe tout le mal et la culpabilité que lui procure un geste contraire à son éthique, à sa profession et sa conscience, est un point de départ incontestable à un scénario possible. Mais que ce personnage, jeune médecin généraliste, se mette en quête de dénouer elle-même l’écheveau de ce qui apparait désormais comme une véritable enquête policière pose de sérieuses questions auxquelles ni la mise en scène, ni les personnages, ni le scénario ne répondent vraiment. Les investigations de la jeune femme tournent bien souvent à la cacophonie professionnelle, parfois même au drame, et pourtant rien ne vient contredire sa position assez paradoxale dans le contexte d’une profession qui réclame, certes de l’éthique et de la conscience, mais aussi un discernement complètement absent du scénario.

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