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- Entretien avec Matteo Garrone et Marcello Fonte (18′) . A l’origine, un fait divers à Rome donne l’idée du film « mais peu à peu on s’en éloigne considérablement » raconte Matteo Garrone qui avait prévu de le tourner avant Gomorra…
Le personnage de Marcello. ? « Fascinant à créer, complexe, et la rencontre avec Marcello Fonte m’a décidé à faire ce film, regardez ce visage qui appartient à une Italie qui est en train de disparaitre ».

« Mais son antagoniste est tout aussi puissant, Edoardo, le méchant et si dans un film vous ratez le méchant, vous ratez le film. C’est un personnage à la fois violent et dépendant, mais son côté solitaire le rend humain, Edoardo Pesce l’a éloigné du cliché qu’il risquait de devenir ».
La réalité du film. ? « Une allégorie de l’Italie actuelle, je pars de la réalité pour atteindre une autre dimension, poétique effectivement, comme vous l’évoquez » dit-il à l’interviewer « et ça me fait plaisir que vous l’évoquiez ».
« J’ai fait un film sur l’amour et la peur » raconte un brin hésitant Marcello Fonte, l’interview n’étant semble-t-il pas son fort, c’est pourquoi le réalisateur parle souvent pour lui …
« La peur d’un personnage faible qui essaie de se défendre, de défendre son travail. C’est étonnant comme des gens peuvent arriver à te rendre méchant… »
« Tu as résumé en quelques mots un film que je n’arrivais pas à décrire simplement » assure le réalisateur qui rappelle que Marcello Fonte a commencé le cinéma à 18 ans par hasard avec Scorsese « il doublait des comédiens quand ils s’absentaient ».
Marcello Fonte confirme par un grand sourire, rien de plus.
- Making of (15′). Premier casting de Marcello Fonte, ahurissant, l’image d’un homme à la rue, on lui demande d’où il vient, il semble surpris par la question, laisse quelques secondes passer et puis « je vis un peu partout, je n’ai pas de domicile fixe »
« J’étais en train de mourir, le théâtre m’a sauvé la vie »
« L’art qui te sauve la vie, on vivait dans des cabanes que mon père avait construites, et quand il pleuvait sur les toits de tôles on aurait dit des applaudissements ». Le comédien raconte ainsi son enfance sur les images du tournage, le face à face avec le chien, puis la brute épaisse qui le balance dans tous les coins…
« C’est la scène la plus importante du film, et il n’y a aucune vie » remarque le réalisateur
« C’est le rythme qui ne va pas » estime Edoardo Pesce, « on joue comme au théâtre, et moi je peux pas ».
« Il te faut un petit verre de whisky pour te donner un grain de folie » reprend Matteo Garrone à l’adresse de Marcello qui trempe prudemment ses lèvres dans un verre en plastique
« Vieilli en barrique j’adore » commente-t-il toujours aussi souriant. Le réalisateur l’accompagne tout aussi délicatement
« Je bois par solidarité ». C’est quand même beau le cinéma !
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