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« Dans les forêts de Sibérie » de Safy Nebbou. Critique cinéma

Synopsis: Pour assouvir un besoin de liberté, Teddy décide de partir loin du bruit du monde, et s'installe seul dans une cabane, sur les rives gelées du lac Baïkal. Une nuit, perdu dans le blizzard, il est secouru par Aleksei, un Russe en cavale qui vit caché dans la forêt sibérienne depuis des années. Entre ces deux hommes que tout oppose, l'amitié va naître aussi soudaine qu'essentielle.

La fiche du film

Le film : "Dans les forêts de Sibérie"
De : Safy Nebbou
Avec : Raphaël Personnaz, Evgueni Sidikhine
Sortie le : 15/06/2016
Distribution : Paname Distribution
Durée : 105 Minutes
Genre : Aventure
Type : Long-métrage
Le film

Raphaël Personnaz, enfin. Je le trouvais  bon acteur mais sans véritable personnalité. Comme un manque de repères, d’identité. Le jeune homme paraît taiseux, plus observateur que va-t-en-guerre. Un peu à l’image de son héros du jour qu’il incarne à la perfection. Personnaz est le film plus que le récit inspiré par l’aventure vécue de Sylvain Tesson dans les vastes espaces solitaires du lac Baïkal.

Là où s’est réfugié Teddy  après avoir laissé ses amis et un poste de conseiller multimédias. Ca fait bizarre d’entendre l’évocation de cette profession au beau milieu de la taïga ( le réalisateur David Oelhoffen a participé à l’écriture du scénario ) devant un homme que tout le monde a oublié. On le croit disparu,bien loin ou bien, mort. Après avoir fui les autorités d’Irkout, Aleksei a pris le parti de vivre en ermite lui aussi, mais en secret dans ce coin reclus de la forêt sibérienne.

Ces deux êtres qui ont choisi l’exil et l’abandon vont pourtant faire cause commune, pour l’amitié, l’entraide et la compréhension. Teddy a eu sa part de rêve et d’éternité, les premiers jours de solitude, appréhendant un environnement hostile, mais surtout complètement inconnu. Reconnaître la trace des ours, les traquer, creuser la glace pour un peu de poisson ou bien se réchauffer à la lueur d’une bougie.

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Teddy est déjà en paix avec lui-même et la plénitude ambiante le conduit à vivre au jour le jour une vie d’ailleurs. Une exaltation retenue.  Alekseil ne le comprend pas. Il lui recommande plusieurs fois de retourner chez lui. «  Tu te caches plus que moi » lui dit-il devant son obstination à se perdre dans le froid et le blizzard.

Comme une ode à la nature que le réalisateur Safy Nebbou orchestre sans véritablement y poser un regard personnel. Le décor prend sa juste place et l’histoire s’y colle par la grâce d’une musique aérienne (Ibrahim Maalouf ) et  d’une glace épaisse où les camions s’aventurent, avant que Teddy ne goûte au plaisir du patinage à ciel ouvert. De ce lieu, de cet environnement, j’attendais plus de respiration de la part du réalisateur, un autre vertige. Nebbou privilégie les hommes, leur relation.

Un héros enivré de grand air et de liberté, poète égaré dans son vagabondage, dans ce monde qu’il s’est enfin construit. Un monde assumé contrairement à son alter-ego qui dans une formulation plus classique du bon sauvage impose malgré tout une tranquille assurance. Cette sérénité de l’homme reposé face aux leçons de l’Histoire.

« Ici c’est mon rêve » lui avoue Teddy .

« Ici, ce n’est pas un endroit pour rêver ».Les yeux tristes et déjà fermés à la vie qui s’éteint le bel ermite (Yevgeni Sidikhin) regarde passer au-dessus de lui un hélicoptère d’où partent des coups de feu. Ce n’est pas lui que l’on vise, mais la chasse est ouverte et les nouveaux riches ont tous les droits…

 

Raphaël Personnaz, enfin. Je le trouvais  bon acteur mais sans véritable personnalité. Comme un manque de repères, d’identité. Le jeune homme paraît taiseux, plus observateur que va-t-en-guerre. Un peu à l’image de son héros du jour qu’il incarne à la perfection. Personnaz est le film plus que le récit inspiré par l'aventure vécue de Sylvain Tesson dans les vastes espaces solitaires du lac Baïkal. Là où s’est réfugié Teddy  après avoir laissé ses amis et un poste de conseiller multimédias. Ca fait bizarre d'entendre l'évocation de cette profession au beau milieu de la taïga ( le réalisateur David Oelhoffen a participé à l'écriture du scénario ) devant…
Le film

Un homme plaque tout pour aller vivre loin du monde, sur les bords du lac Baïkal. Une belle idée de cinéma inspirée de l’aventure de Sylvain Tesson racontée dans son livre éponyme. Je ne sais pas ce qu’en pense l’auteur, mais Raphaël Personnaz qui le joue est absolument parfait. L’intériorité du personnage est traduite par la personnalité même de l’acteur qui taiseux, observateur, tient là son plus beau rôle depuis belle lurette. Surtout que le comédien sait aller au-delà de la posture contemplative pour fixer le rôle dans une dimension joliment humaine. La rencontre avec un homme qui se terre dans la forêt sibérienne depuis des années lui facilite la tâche, bien évidemment. Et son alter-ego  Yevgeni Sidikhin a également une belle prestance. Un excellent duo sur lequel se repose peut-être un peu trop le réalisateur qui ne semble pas vraiment profiter des décors auxquels il ne confère que le droit d’exister. Pas de véritable respiration autour de ces espaces anoblis, aucun vertige. Comme une mise en scène inaboutie…

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