Au début du XIX Saartjie, quitte l’Afrique du Sud avec son maître, Caezar, et livre son corps en pâture au public londonien des foires aux monstres. Femme libre et entravée, elle était l’icône des bas-fonds, la « Vénus Hottentote » promise au mirage d’une ascension dorée…
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Les bonus : | ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
Les quelques échos recueillis lors de la sortie du film ,le plus souvent défavorables, m’interdirent d’aller le voir en salle. Après réception du DVD, conscience oblige, je me suis penché sur l’objet du délit qui de la part de l’auteur de « La graine et le mulet » (à voir et à revoir) m’a beaucoup surpris.
Le film n’est pas mauvais, racoleur ou exhibitionniste comme j’ai pu le lire ou l’entendre. Il est surtout trop long, avec un préambule qui n’en finit pas. Près de trois heures pour raconter la triste destinée de Saartjie Baartman, avec des scènes qui s’éternisent, ou se répètent, c’est gâcher une mise en scène par ailleurs flamboyante, même dans la détresse la plus noire.
Mais en tirant sur la rallonge, Abdellatif Kechiche provoque l’ennui, l’irritation, l’étonnement, et le jeu des acteurs au diapason de sa dynamique se perd dans le fin fond des bouges et des cavernes miteuses.

Une reconstitution par les décors, exemplaire
Il fallait lancer Olivier Gourmet dans cette aventure de dompteur d’ours avant de devenir celui de la pauvre femme. Le comédien est tout à fait l’aise dans sa peau de maquereau qui ne dit pas son nom, relayé par un autre charlatan de première que joue à double fond André Jacobs, dans un rôle de premier plan.
Si je n’ai pas encore évoqué Yahima Torres, c’est pour mieux aborder le fond du sujet, celui de la condition humaine et de ses avatars.
L’histoire se passe au début du XIX, mais aurait pu prendre un tout autre cycle pour dénoncer l’exploitation, la colonisation, le racisme et autre forme d’esclavage, avec pour arguties , un décor de champ de foire, une ambiance circassienne , une réception libertine, quelque chose de festif où le peuple et la bourgeoisie se retrouvent pour célébrer la bassesse humaine.
Je l’ai déjà dit la réalisation est brillante, mais le percutant des premières images s’émousse au fur et à mesure qu’elles tournent à la démonstration . Et la comédienne qui en supporte toute la charge , Yahima Torrès , se voit ainsi doublement responsabilisée par les attentes du réalisateur.
Me vient à l’esprit, « Elephant Man » de David Lynch qui projetant autant que je m’en souvienne quelques idées similaires, était d’une tout autre facture. L’image de cet homme lui aussi bringuebalé dans les foires aux monstres et soumis à la bassesse populaire, demeure une grande figure du cinéma. Je ne pense pas qu’il en sera de même pour Saartjie Baartman.
| En bref | |
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| Le film | ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
| En changeant radicalement de registre, l’auteur de « La graine et le mulet » conserve toujours la même humanité. Mais le fond du problème est plombé par une démonstration qui n’en finit pas. | |
| Les bonus | ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
| Il n'y en a pas | |














10 mars 2011
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