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« Copie Conforme » de Jean Dréville. Critique Blu-ray

  • Dvd : 24 mars 2021
  • Cinéma : 05 Avril 1947
  • RéalisateurJean Dréville
  • ActeursLouis Jouvet, Suzy Delair, Annette Poivre, Jean-Jacques Delbo, Léo Lapara
  • Durée104 minutes
  • LangueFrançais 
  • Studio Pathé

L’histoire : Gabriel Dupon est un modeste représentant en boutons. Manuel Isamora est un audacieux cambrioleur. Leur point commun ? Ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Isamora a donc l’idée d’utiliser Dupon comme alibi. Quand l’individu tombe amoureux de la fiancée du voleur, une sublime chanteuse de cabaret nommée Coraline…

  • Film et bonus

Je ne sais pas grand-chose de ce cinéaste, mais dans la diversité de sa filmographie, il gagne chaque fois le jackpot. Une comédie policière inspirée de « Toute la ville en parle » de John Ford et le voici caracolant de manière drôle et subtile sur l’illusion du double et de ses facéties.

Un escroc rencontre son frère jumeau et le séquestre gentiment pour en faire un alibi, chaque fois qu’il commet ses méfaits. Nous sommes à la fin des années quarante et la technique de Dréville se met au service de cette supercherie de façon magnifique.

Un travail pointilleux sur le cache et la performance de Louis Jouvet confondue dans deux styles totalement opposés : Ismora le cambrioleur, fin, distingué, rusé et Dupon, petit représentant de commerce, rabougri et timide. A peine un peu de maquillage pour forcer l’illusion, l’interprétation de l’acteur est exceptionnelle.

Et à la mise en scène de Dréville, sur les excellents dialogues d’Henri Jeanson règle la fantaisie sans coup férir, ni temps mort.

« Quand je vous entends, j’ai l’impression de me répéter » dit le truand à son alter-ego qui peu à peu à se pique au jeu de la duperie en escortant fiancée du détrousseur dont il tombe amoureux. Coraline n’y voit que du feu bien que surprise parfois par l’humeur changeante et plutôt sympathique de ce coquin d’Ismora.

Entre les deux, Caroline n’y voit que du feu, jusqu’à la confrontation qui devait bien arriver …

D’où ces jolis quiproquos sur des scènes marrantes et des piques verbales pétillantes autour de Suzy Delair  affutée elle aussi pour ce décorum fantaisiste. Comme l’est ce serviteur zélé du méchant Ismora, Jean Carmet en personne qui après avoir quitté la soutane de l’abbé Pontail dans «  Monsieur Vincent » de Maurice Cloche , joue ici les marlous . Le début d’une grande carrière .

LES SUPPLEMENTS

  • « Cache et contre-cache » : entretiens avec Patrick Glâtre, Christophe Moussé et Didier Griselain . Les intervenants insistent sur la technique du réalisateur, toujours très attiré par l’image, ce qui explique que le procédé du «  cache/contre-cache » pour assurer le doublage de Louis Jouvet lui convenait tout à fait.
Une des escroqueries d’Ismora qui cette fois livre une armoire chez un riche propriétaire absent. La concierge leur ouvre les portes, les yeux fermés. Et dans l’armoire …

«  Il avait aussi une équipe très costaud autour de lui, d’où la qualité d’un film qu’il réalise avec maestria ». Une qualité française revendiquée haut et fort, ce qui lui vaut les foudres de la Nouvelle Vague dont il se moque totalement . «  Son cinéma c’est un scénario bien écrit, des comédiens qui viennent du théâtre, des décors en studio … ».

Louis Jouvet fait l’objet d’une attention particulière dans ce chapitre , lui qui ne faisait du cinéma que pour monter ses pièces de théâtre et diriger «  L’Athénée » , aujourd’hui «  Théâtre Louis-Jouvet ».

A l’annonce du suicide de M.Dupon, Charlotte (Annette Poivre) l’amoureuse transie n’y croit pas plus que ça …

«  Mais ce qui a surpris Dréville impressionné par le comédien c’est qu’il s’est mis totalement à sa disposition ».

  • Document d’archive : Jean Dréville dans l’émission « L’histoire du cinéma français par ceux qui l’ont fait » (1974). C’est très court et amusant . Dréville confirme en fait ce que l’on apprend dans le chapitre précédent. «  Louis Jouvet m’a dit vous êtes metteur en scène, je suis metteur en scène, vous me dites ce qu’il faut faire et je le fais ».

PRIX du combo DVD/Blu-ray : 19,99€ TTC

Dvd : 24 mars 2021 Cinéma : 05 Avril 1947 Réalisateur : Jean Dréville Acteurs : Louis Jouvet, Suzy Delair, Annette Poivre, Jean-Jacques Delbo, Léo Lapara Durée : 104 minutes Langue : Français  Studio  : Pathé L'histoire : Gabriel Dupon est un modeste représentant en boutons. Manuel Isamora est un audacieux cambrioleur. Leur point commun ? Ils se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Isamora a donc l'idée d'utiliser Dupon comme alibi. Quand l'individu tombe amoureux de la fiancée du voleur, une sublime chanteuse de cabaret nommée Coraline... Film et bonus :  Je ne sais pas grand-chose de ce cinéaste, mais dans la diversité de sa…
Le film
Les bonus

Jean Dréville n’en finit pas de bousculer les genres. Le voici dans une comédie policière hautement menée autour des dialogues de Henri Jeanson, aussi fins que percutants (« Arrêtez de me regarder comme si j’étais une infraction » ) . Louis Jouvet double son talent en interprétant à la fois un escroc et un brave bonhomme. Le trucage à l’époque ( 1947 ) est surprenant et parfait , et conduit à de jolis quiproquos sur des scènes marrantes et des piques verbales pétillantes autour de Suzy Delair  affutée elle aussi pour ce décorum fantaisiste. Comme l’est ce serviteur zélé du méchant Ismora, Jean Carmet en personne qui après avoir quitté la soutane de l’abbé Pontail dans «  Monsieur Vincent » de Maurice Cloche , joue les marlous . Le début d’ une grande carrière.

AVIS BONUS Des spécialistes parlent joliment du cinéaste et de son film, avant un court extrait d'une interview de l'intéressé

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