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« Billie » de James Erskine. Critique cinéma

  • Sortie : 30 septembre 2020
  • Durée : 92 minutes
  • Documentaire, Musical

L’histoire : BILLIE HOLIDAY est l’une des plus grandes voix de tous les temps. Elle fut la première icône de la protestation contre le racisme ce qui lui a valu de puissants ennemis. A la fin des années 1960, la journaliste Linda Lipnack Kuehl commence sa biographie .40 ans plus tard, elle devient enfin un livre et ce documentaire…

  • Film

 

Même sous les paillettes et les projecteurs, la star ne sourit pas toujours. Une vie pas vraiment rose, et un destin forgé par le talent et les mauvaises rencontres.

Les chroniques de l’époque rapportent ses frasques autour de l’alcool et de la drogue, et puis commentent cette voix extraordinaire qu’elle cultive presque naturellement depuis l’enfance.

Mais les journaux ne font qu’ânonner ce que vit la dame. A la fin des années 1960, la journaliste Linda Lipnack Kuehl lui propose d’écrire une biographie officielle. Les enregistrements commencent, il y en a des centaines, les rencontres se succèdent : Charles Mingus  Tony Bennett, Count Basie, ses amants, ses avocats, ses proxénètes et même des agents du FBI.

Le livre de Linda est en bonne voie quand un soir on la retrouve morte sur le trottoir de son immeuble. Une chute de plusieurs étages, un suicide concluent à la hâte les enquêteurs.

Sa sœur n’y croit pas vraiment et ajoute au mystère de sa disparition celui de l’histoire qu’elle était en train d’écrire. Et qui sort enfin aujourd’hui, quarante ans plus tard . Un livre, et ce documentaire richement illustré, qui reprend le fil des conversations engagées à l’époque .

Archives sonores, images, vidéos, James Erskine compulse le passé avec un respect semble-t-il très grand pour le travail effectué par la journaliste dont les interviews ne sont pas toujours ficelées à de la dentelle.

Quand elle rappelle à Cout Basie qu’il a joué dans des tripots, le pianiste est piqué au vif . «  Je ne qualifie pas de bouge mal famé, un endroit qui me paye ». Et comme elle insiste «  vous êtes venue m’interviewer sur mon orchestre ou sur Billie ? »

Sur laquelle il demeure très évasif. le batteur du groupe l’est tout autant sur la question de son départ. Virée par John Hammond… « Il la voulait plus noire et qu’elle chante le blues, ce qu’elle a refusé »

L’intéressé ne confirme pas cette version lui qui l’aura découverte dans le Harlem de l’époque, noir et chantant du matin jusqu’au soir. On la voit en compagnie de Louis Armstrong, une vidéo fabuleuse. Hammond savait que sur scène c’était le couple à réunir.

En 1939, elle chante pour la première fois « Strange Fruit » au Café Society à New York, une protest-song à laquelle les pensionnaires du club ne sont pas habitués. Lady Day comme on la surnomme désormais y dénonce la ségrégation raciale, «  Un cri primal contre l’histoire sanglante de l’Amérique et son refus de l’étouffer lui vaudra l’animosité des puissants ».

Les brimades se multiplient alors. Avec les musiciens blancs d’Artie Shaw , elle ne sait jamais si on la servira . Le soir elle se demandait où  elle allait dormir. « Vous alliez où ? » demande Linda au trompettiste . «  On regagnait notre hôtel » répond-il sans gêne apparente.

On comprend pourquoi elle dénonçait la discrimination, la mettait en scène , « ça provoquait des émeutes, les flics la poursuivaient ».

Son addiction à la drogue n’arrange pas ses affaires , mais Jimmy Fletcher, agent des narcotiques qui la surveille pendant des années reconnait qu’il n’a jamais rien trouvé . « Elle n’a jamais vendu de drogue » .

En 1947 après une course poursuite à Philadelphie, on retrouve 55 gr dans sa voiture. Billie Holiday écope d’un an de prison. Une mauvaise voie pour la voix de cette grande chanteuse qui immédiatement à sa sortie, retrouve son public au Carnegie Hall .

A ses côtés son fidèle pianiste Bobby Tucker « c’est une ancienne taularde qu’ils viennent voir » lui dit-elle.

«  J’avais la trouille » Mais ce fut encore un succès, le public était subjugué. Le mythe ce soir là a rejoint les lumières de la gloire. Lady Day « la chanteuse qui a changé le visage de la musique américaine », à tout jamais.

Sortie : 30 septembre 2020 Durée : 92 minutes Documentaire, Musical L'histoire : BILLIE HOLIDAY est l'une des plus grandes voix de tous les temps. Elle fut la première icône de la protestation contre le racisme ce qui lui a valu de puissants ennemis. A la fin des années 1960, la journaliste Linda Lipnack Kuehl commence sa biographie .40 ans plus tard, elle devient enfin un livre et ce documentaire... Film :    Même sous les paillettes et les projecteurs, la star ne sourit pas toujours. Une vie pas vraiment rose, et un destin forgé par le talent et les mauvaises…
Le documentaire

Ségrégation, manifestations, soulèvement afro-américain, répressions, bastonnades, Billie Holiday est au sommet de sa gloire quand le monde tourne toujours sans le peuple noir. Pour monter sur scène, elle doit passer par les cuisines alors que son public entre par la grande porte . Le document que lui consacre James Erskine revient parfaitement sur cette ségrégation au cœur même du système musical américain, où la voix du jazz réussit  à se faire entendre. Malgré une vie ponctuée de substances vénéneuses et de traques policières fréquentes. A la fin des années 1960, la journaliste Linda Lipnack Kuehl entame sa biographie officielle qui ne verra le jour que 40 ans plus tard. Avec cet étonnant documentaire où Charles Mingus  Tony Bennett, Count Basie, ses amants, ses avocats, ses proxénètes et même des agents du FBI se confient. Rare, exceptionnel …

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