Un père et une fille vivent dans le même appartement , unis par la même absence, celle d'une femme qui pourtant devra un jour les séparer. Car le temps qui passe les éloigne peu à peu , car la vie ne s'arrête pas . Un joli film, et Mati Diop, une révélation .
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Toute proportion gardée,c’est le film raté par Nassim Amaouche avec « Adieu Gary ». Ici, un homme et sa fille vivent dans le même appartement. Lui conduit des trains, elle étudie , et travaille dans un magasin de musique . Quand ils se retrouvent le soir , un regard, suffit pour se comprendre .
Pour dire la journée , ses joies,ses peines.
Le sourire est franc. Là où Nassim Amaouche arrête sa caméra, Claire Simon insiste maintenant avec douceur sur les visages, les corps . Une voisine passe (Nicole Dogué), amoureuse du papa. Un voisin hésite à franchir la porte, amoureux de la jeune fille. C’est Grégoire Colin dans un rôle atypique qui lui va bien .
Ces scènes se répètent sans jamais se répéter, avec des dialogues à l’économie, mais le si peu tisse l’histoire secrète de Joséphine et Lionel . Alex Descas, qui dans la retenue que lui impose l’histoire, le mutisme inhérent, est d’une justesse tout à fait tranquille. Il et elle ainsi sont dignes malgré la douleur d’une femme absente, dont le souvenir réapparaît peu à peu dans leur quotidien .
C’est peut-être ce qui unit encore ces deux êtres qui devraient vivre ailleurs , chacun pour soi et qui sentent malgré tout la désunion se préparer. Lionel aime bien retrouver ses copains et se saouler sans excès au petit rhum blanc ; « on dirait que t’es un peu bourré » lui dit gentiment sa fille qui commence à accepter le regard des autres .
Et pour marquer la rupture, Claire Denis qui dit s’être inspirée de la vie de sa mère et de son grand-père, imagine un voyage à l’étranger. Pour retrouver une femme, une mère et sceller l’histoire de la famille.
Il y a beaucoup de délicatesse chez la cinéaste et ce regard précautionneux qu’elle porte rejaillit sur la beauté de Mati Diop ( Joséphine ) qui pour la première fois joue au cinéma . Elle a alors bien du talent à revendre, surtout que la demoiselle entend y faire carrière , mais comme …réalisatrice !
C’est ce que l’on apprend au cours des deux entretiens réalisés à la va vite sur un bout de parquet de la Mostra de Venise avec Claire Simon et Alex Descas. L’image n’est pas très bonne, et l’interviewer qui n’apparaît jamais, est plutôt hésitant dans ses relances. Le résultat est convenu et c’est dommage pour un film qui mérite tous les égards.














5 septembre 2009
Critiques DVD, Drame, Les critiques