samedi , 12 septembre 2026

« Trois couleurs : Bleu » de Krzysztof Kieslowski. Critique Blu-ray

Synopsis: Après la mort de son mari Patrice, un grand compositeur, et de leur fille Anna dans un accident de voiture, Julie commence une nouvelle vie, anonyme et indépendante. Olivier, l'assistant de Patrice, amoureux d'elle, tente de la sortir de son isolement en terminant le Concerto pour l'Europe, laissé inachevé par le compositeur.

La fiche du film

Le film"Trois couleurs - Bleu"
RéalisationKrzysztof Kieslowski
AvecJuliette Binoche, Hélène Vincent
Titre originalTrois couleurs - Bleu
Sortie le08/09/1993
Durée100 Minutes
GenreDrame
Année1993
NationalitéSuisse, Pologne, France
DistributionPotemkine Films
TypeLong-métrage
Affiche :
Note du blog 4,0/5
Note du public 3,51/5 · 1 096 votes
Synopsis

Julie, la femme d'un grand compositeur qui a trouvé la mort avec leur enfant lors d'un accident d'automobile, va tenter de retrouver la liberté contre les pressions et les pièges de son entourage.

Voir la fiche TMDB ↗

  • De la trilogie « Bleu »-« Blanc-« Rouge » . –
  • DVD : 07 décembre 2021.
  • Cinéma : 08 septembre1993
  • Mostra de Venise 1993Lion d’Or. Meilleure actrice Juliette Binoche. Meilleure photographie :Slawomir Idziak . –
  • César 1994 .Meilleure actrice Juliette Binoche

Trente ans bientôt. J’avais oublié ce genre de film dont je ne retrouve pas trace aujourd’hui dans une filmographie contemporaine. Très conceptuel dans son projet, celui d’une trilogie sur la devise républicaine, Krzysztof Kieslowski aborde en premier lieu la liberté à travers l’émancipation d’une jeune veuve, après un accident de voiture.

Julie disparait du jour au lendemain, laissant sans nouvelle ses proches, fuyante, indépendante. Elle revit un autre monde et délaisse tout de son histoire ancienne. Au point de jeter à la poubelle les partitions inachevées de son mari Patrice, un célèbre compositeur, qui travaillait sur une pièce sublimant l’Europe.

Un joueur de flûte (Jacek Ostaszewski) dans la rue reprend le morceau, étrangement, mais l’œuvre demeure à jamais disparue. Son assistant Olivier (Benoit Régent) tente de la reprendre dans l’esprit originel pour ramener auprès de lui celle qu’il aime et qui pour l’heure se nourrit d’une autre vie.

Des rencontres, des femmes surtout, comme sa voisine Lucille (Charlotte Véry) à l’existence légère, au comportement douteux à ses yeux, mais si libre, si vraie. Krzysztof Kieslowski en esquisse seulement les contours mais l’approche formelle de sa mise en scène accentue l’émotion.

L’histoire racontée à demi-mots, dans un cadre dédoublé souvent, où les images se voilent, les portraits s’effacent, participent à ce procédé narratif délaissé de nos jours. Les intentions y sont plus intenses, la narration plus expressive. Agnieszka Holland est co-scénariste.

Une vision paradoxale de la réalisation que Juliette Binoche porte déjà à cette époque avec une intelligence et un panache discret. Elle exprime autant du regard que de la voix et donne ainsi à son personnage toute l’étrangeté et la force requise.

Comment le joueur de flûte a-t-il pu connaître une partition encore inachevée, jamais publiée.

Qu’elle porte attention à la copiste de son mari (Florence Vignon) ou secours à sa vieille mère en maison de retraite, Julie exalte le droit de vivre en toute circonstance. Ce que Kieslowski exprime magnifiquement auprès de Zbigniew Preisner l’auteur de cette ode chorale à l’Europe, auréole sur le « Bleu » de sa trilogie. A la liberté, l’espoir se mêle.

LES SUPPLEMENTS

Le film
Les bonus

Bleu est la première composante de la trilogie imaginée par Kieslowski autour de la devise républicaine (Liberté, égalité, fraternité) mais aussi dans ce premier volet celle d’une Europe en voie de construction. Il l’évoque à travers la femme d’un compositeur décédé récemment dans un accident de voiture avec sa fille. Elle va à la fois s’enfermer dans son monde en allant vivre à l’écart de ses proches, et découvrir un autre univers, des gens plus simples, très certainement, qui vont lui apprendre autrement la vie. Krzysztof Kieslowski esquisse les contours de toutes ses rencontres, des femmes surtout, mais l’approche formelle de sa mise en scène accentue chaque fois l’émotion. L’histoire racontée à demi-mots dans un cadre dédoublé souvent, où les images se voilent, les portraits s’effacent, participent à ce procédé narratif délaissé de nos jours. Les intentions y sont plus intenses, la narration plus expressive. Dans un tel cadre, Juliette Binoche pose avec intelligence et un panache discret. Elle exprime autant du regard que de la voix et donne ainsi à son personnage toute l’étrangeté et la force requise.

AVIS BONUS Du réalisateur à la comédienne principale, via l’avis des spécialistes, et d’un technicien (le monteur Jacques Witta) il n’y a que du plaisir à découvrir les secrets et les articulations d’un tel film.

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