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« Trois couleurs. Rouge » de Krysztof Kieslowski. Critique Blu-ray

Synopsis: Dans ce troisième volet qui conclut les trois couleurs, une jeune modèle, Valentine, étudiante de l'université de Genève, écrase un chien. Sur sa plaque, l'adresse du propriétaire. C'est un juge à la retraite.

La fiche du film

Le film : "Trois couleurs - Rouge"
De : Krzysztof Kieslowski
Avec : Irène Jacob, Jean-Louis Trintignant
Sortie le : 14/09/1994
Distribution : Potemkine Films
Durée : 99 Minutes
Genre : Drame, Romance
Type : Long-métrage
Le film
Les bonus

De la trilogie « Bleu« -« Blanc-« Rouge » . –

DVD : 07 décembre 2021.-

« J’espionne les conversations téléphoniques de mes voisins »

« C’est dégoutant »

« Oui et en plus c’est illégal ».

Quand Valentine ramène le chien qu’elle vient d’écraser, son propriétaire est tapi dans un coin sombre de son bureau où grésille une conversation indiscrète.

Le genre sauvage, revêche, peu sociable en tout cas. Valentine ne s’attarde pas, mais le prévient qu’elle va le dénoncer. La moue amusée du juge à la retraite l’interpelle …

Drôle d’endroit pour une rencontre. Ils n’ont rien à voir ensemble et nouent cependant très vite une étrange relation. Le cœur d’une intimité révélée à chaque pas que Valentine effectue dans la rue, ignorant tout de son voisin qu’elle croise et qui ne la remarque pas.

Le fait n’est pas anecdotique pour Krzysztof Kieslowski qui se charge bien d’en divulguer la teneur, laissant seulement au spectateur ce petit temps d’avance sur un scénario retors.

 

Pour une histoire parallèle que raconte le juge à Valentine, et qu’elle pourrait apercevoir en regardant un peu autour d’elle.

Mais le destin joue ici beaucoup sur l’interprétation, et sur les remords des uns et des autres. Le regard de Valentine, l’idéaliste, interroge plus qu’il ne voit un homme qui de son savoir, de son expérience, n’en divulgue que l’élémentaire.

C’est un beau portrait que dessine Krzysztof Kieslowski sous les traits de Jean-Louis Trintignant, grand et implacable, en Céline de bonne compagnie. Il sera jugé mais la sentence lui importe peu et le réalisateur n’en fait aucun état préférant dévoiler l’homme, ce qu’il est et ce qu’il dissimule de bon et de véritable.

Kieslowski aime ses personnages, il s’attache à leur raison d’être, à ce juge revenu dans la lumière, où rayonne une jeune femme brillante de son enseignement. La force de ce film, de cette belle rencontre balayant aigreurs et amertumes pour l’espoir, l’amour et l’envie de vivre fraternellement.

LES SUPPLEMENTS

  • Irène Jacob- « La façon dont il vous regardait changeait votre manière de jouer, il était accroupi près de la caméra et ne vous lâchait pas, il n’y avait pas de moniteur à cette époque. (…) Il aimait la tension qu’il créait, il voulait un regard qui questionne, le questionnement est tout son cinéma ».
  • Alain Martin.- Le journaliste écrivain, spécialiste de Krzysztof Kieslowski revient en guise de conclusion sur la manière dont le réalisateur travaillait inlassablement sur plusieurs films ou projets à la fois. « Il compromet sa santé, il fume beaucoup, et à -Rouge- il annonce qu’il arrête de tourner, alors qu’il entame seulement une carrière internationale ».

Sur « Rouge » le critique note à nouveau la spécificité du chef opérateur, Piotr Sobocinski, cette fois, sa lumière sophistiquée, et les marques au sol précises pour se placer dans la bonne lumière

  • Leçon de cinéma de Krzysztof Kieslowski  – A noter qu’il ne dit jamais « je », mais nous … un travail d’équipe comme le soulignent à plusieurs reprises ses collaborateurs. Sur ce chapitre quelques séquences commentées autour de la manière dont il veut amener le spectateur sur son film.

« Il faut que le spectateur pense rétrospectivement, qu’il fasse une association entre des choses qu’il a déjà vues sans les remarquer ». Il montre l’exemple du chien qui entre dans l’église où quelques temps auparavant sa maîtresse s’était désaltérée devant le portail.

  • Jacques Witta- Le monteur parle de son activité comme une « période de relecture. C’est la personne qui peut dire au réalisateur que ça ne fonctionne pas. (…) C’est une raison pour laquelle je n’assiste pas au tournage, je ne veux pas voir les intentions du réalisateur »

Il montre plusieurs scènes dont le tournage a été coupé au montage. On voit l’avant et  l’après. Il évoque aussi « les scènes dans lesquelles on ne va pas jusqu’au bout et que Kieslowski adorait. Ça pouvait apparaitre comme de faux raccords » visionnant pour l’exemple le chien abandonné,  que l’on retrouve dans les bras de son propriétaire un peu plus tard. La scène où il le récupère a été coupée au montage.

  • Making of- Là encore (voir Blanc) plus de vingt minutes d’immersion totale au cœur du tournage, plusieurs scènes proposées et le regard de Kieslowski sur son travail. Merveilleux .

 

 

« Il est très froid, j’aime bien. (…) C’est de la pudeur, il est timide, mais si on a besoin de lui il est là. (…) Il est profondément sincère, irrésistible ».

« Les acteurs on n’est pas très intelligents, mais on comprend quand même un peu ce que l’on fait, et avec lui quand on comprend un peu à côté, il prend, c’est un plus. (…)  Sa manière de travailler est plus technique qu’intellectuelle (…) il s’intéresse plus à la façon de poser son verre, de regarder la lumière ».  …

Krzysztof Kieslowski est aussi interviewé pendant qu’il déjeune, ce n’est pas très commode. Bref aperçu ensuite de la conférence de presse « j’arrête de tourner j’en ai marre. (…) mon rêve, une maison à la campagne, sur une chaise et fumer », ce qu’il n’arrête pas de faire .

De la trilogie "Bleu"-"Blanc-"Rouge" . - DVD : 07 décembre 2021.- « J’espionne les conversations téléphoniques de mes voisins » « C’est dégoutant » « Oui et en plus c’est illégal ». Quand Valentine ramène le chien qu’elle vient d’écraser, son propriétaire est tapi dans un coin sombre de son bureau où grésille une conversation indiscrète. Le genre sauvage, revêche, peu sociable en tout cas. Valentine ne s’attarde pas, mais le prévient qu’elle va le dénoncer. La moue amusée du juge à la retraite l’interpelle ... Drôle d’endroit pour une rencontre. Ils n’ont rien à voir ensemble et nouent cependant très vite une étrange relation. Le…
Le film
Les bonus

Pour clore sa trilogie, Krzysztof Kieslowski opte pour un huis-clos entre un juge à la retraite, et une jeune femme, qui fait sa connaissance en lui ramenant son chien qu’elle vient d’écraser. Ils n’ont rien en commun, il est sauvage et revêche, elle est prête à croquer la vie à pleine dents. Et pourtant le mystère qui profile le vieil homme va peu à peu éclairer les jolis contours de Valentine, l’idéaliste qui écoute maintenant une histoire qui revit autour d’elle sans qu’elle s’en aperçoive. Car le destin joue ici beaucoup sur l’interprétation, et sur les remords des uns et des autres. Dans une perspective beaucoup plus élaborée que ses deux précédents opus (Bleu et Blanc), elle révèle cette fois tout l’affection que Krzysztof Kieslowski porte à ses personnages. Il s’attache à leur raison d’être, à ce juge revenu dans la lumière, où rayonne une jeune femme brillante de son enseignement. La force de ce film, de cette belle rencontre balayant aigreurs et amertumes pour l’espoir, pour l’amour et l’envie de vivre fraternellement.

AVIS BONUS A nouveau le plein de suppléments, du making of véritables, aux commentaires et explications d’images, il n’y a rien à jeter.

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