samedi , 12 septembre 2026

« Trois couleurs : Bleu » de Krzysztof Kieslowski. Les suppléments

  • La critique est ici
  • Entretien avec Martin Karmitz- En évoquant le rôle du cinéma dans la société, le producteur dit avoir « toujours cherché les caractères humanistes chez les réalisateurs. Le projet de Kieslowski avec -La double vie de Véronique- sur -Liberté, égalité, fraternité- me concernait au plus haut point. Moi l’émigré, et au moment de la chute du mur de Berlin. (…) Tout un schéma de l’Histoire de l’Europe s’est transformé, et je voulais voir comment les artistes allaient répondre à ça ».

  •  Le regard d’Alain Martin  – Le journaliste écrivain, spécialiste de Krzysztof Kieslowski évoque les origines du réalisateur polonais dans le réalisme socialiste inhérent à son époque. « Pour s’y opposer, pour montrer la vraie Pologne, il se tourne vers le documentaire ».

Un exercice qu’il met si bien à profit que ses interlocuteurs se mettent souvent en danger, et lui avec eux. Kieslowski a lui-même bloqué certaines réalisations pour que la censure et la police ne s’en emparent.

Il se tourne alors vers la fiction et débute avec « Le décalogue ». « Il a toujours été attentif aux autres, à ses personnages, et aux seconds rôles comme on peut le voir par exemple dans -Bleu- » poursuit Alain Martin qui passe en revue « quelques bricolages artistiques » dont le réalisateur était coutumier.

  • Une leçon par le maître- « Que veut dire cette obsession des gros plans ? » interroge Krzysztof Kieslowski en ouverture de ce chapitre où il se concentre sur la scène du morceau de sucre au-dessus de la tasse de café. La réponse il la donne en expliquant la technique de prise de vue. Ahurissant (5,5 secondes pour qu’il s’imprègne, pas 3, pas 8…) passionnant. Un assistant passera une demi-journée pour arriver au bon chronométrage.
  • Les commentaires de Juliette Binoche-Sur des scènes qu’elle commente, la comédienne raconte la bonne entente avec le réalisateur « une relation toujours directe » avec qui elle était pressentie pour « La double vie de Véronique ».

Mais retenue pour « Les Amants du Pont Neuf » elle décline et dit tout le bonheur de voir Irène Jacob à sa place. Pour le projet de la trilogie, elle hésite un instant avec la proposition de Spielberg en préparation pour « Jurassic Park », « mais au dinosaure j’ai préféré l’être humain. (…) J’avais toujours l’impression qu’il avait entièrement le film dans sa tête. Il me guidait beaucoup au point que parfois je lui disais tu ne peux pas me laisser jouer. (…) Il était très ouvert, très facile de travailler avec lui ».

  • Jacques Witta, monteur. Il parle très bien de son travail et du rapport qu’il a avec les autres techniciens sur la lumière, les couleurs… « Krzysztof Kieslowski changeait de chef opérateur à chaque fois, pour une autre humeur, une autre ambiance ».

Sur la trilogie il remarque aussi le souci du réalisateur de travailler collectivement. « On faisait des projections avec l’équipe, et qu’elle émette ses avis sur les différents montages. C’est agréable de travailler ainsi, et pour -Bleu- je crois avoir monté une quinzaine de versions différentes ».

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