- Dvd : 17 juillet 2026
- Acteurs : Kellee Riley, Sean Connery, Trevor Howard
- Sous-titres : Français
- Studio : Wild Bunch
L’histoire : L’inspecteur Johnson officie dans la police britannique depuis plus de vingt ans. Tous les meurtres et autres enquêtes dont il s’est occupé l’ont profondément marqué. Cette douleur intérieure qu’il a gardée en lui durant toutes ces années resurgit au grand jour lorsqu’il met la main sur Baxter dont il est persuadé qu’il est l’auteur d’une série d’agressions sur des petites filles…
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article
On reproche à Sidney Lumet son bavardage .“ The offence” qui n’échappe pas à la règle en montre les limites.
Sean Connery , inspecteur de police londonien est mis à pied suite à un interrogatoire musclé. De retour à son domicile, il revoit mentalement toutes les scènes de crime qui l’ont obsédé. Dans la nuit pluvieuse de la capitale britannique, le contraste est saisissant, et très évocateur du dérangement psychique du policier. Ces quatre-cinq minutes me semblent suffisantes pour comprendre l’état psychologique du héros, affublé d’un physique renfrogné, irascible.
Loin du James Bond pétillant ( le distributeur a tardé à sortir le film, pensant qu’il nuirait à l’image du bel espion ) Sean Connery s’en tire plutôt bien .A l’occasion de ce film dont il est le commanditaire , il a créé sa propre maison de production.
Mais Sidney Lumet dirige les débats, et pense que nous n’avons pas bien saisi le profil du héros. Il revient alors lourdement sur son passé professionnel dans un face à face avec son épouse qui n’en finit pas. Je n’ai pas chronométré, mais malgré une mise en scène au cordeau, c’est lassant. Quelques petites minutes pour nous faire comprendre que le couple ne s’est jamais, compris, aimés et puis basta, l’affaire était entendue.
Deux autres séquences très longues, sont par contre magnifiques dans ce qu’elles révèlent des personnages et du talent du cinéaste. L’une oppose le policier destitué et le surintendant chargé de le questionner : du grand art, doublé par la scène finale de l’interrogatoire du suspect ( le montage façon Lumet c’est aussi quelque chose ) .
On revient alors à l’idée de la pièce de théâtre préalablement montée en Angleterre , que Sidney Lumet rapporte à une vision cinématographique tout à fait originale.

Au final, sur une trame classique de la recherche d’un pédophile , le réalisateur nous dresse le portait d’un homme schizophrène , bipolaire, un policier qui a force d’être rongé par le mal en devient par une déformation de l’objectif un suspect tout à fait plausible.
LES SUPPLEMENTS
- Deux spécialistes Jean-Baptiste Thoret et François Guérif. –L’un comme l’autre resituent « The offence » dans la filmographie de Sidney Lumet , et le cinéma du film noir en général . Une petite demi-heure où l’on apprend beaucoup de choses sur le réalisateur et la manière dont Sean Connery a composé son équipe . Trevor Howard , Ian Bannen, Vivien Merchant, rien que des copains, rien que du beau monde.
Et pour Lumet ? L’acteur et le cinéaste se sont rencontrés sur « Family business » , une histoire de malfrats sur le retour avec Dustin Hoffman, et Matthew Broderick . Si le film ne laisse pas grand souvenir , il apparaît que les deux hommes se sont plutôt bien entendus .
- Christopher Morahan , metteur en scène – « Je travaillais à la BBC sur une série « Z-cars » dont l’un des scénaristes était John Hopkins. J’ai poursuivi ma collaboration sur une de ses pièces, « This story of yours » qu’Harold Pinter a mis en scène avant que ça devienne le film de Lumet »
« Mais je voulais le réaliser avec la distribution originale » . Les producteurs en ont décidé autrement. « Sean Connery devait penser que je n’avais pas l’étoffe pour un tel film. Il voulait un réalisateur avec qui il avait déjà travaillé »
- Chris Burke, assistant décorateur –« La construction du commissariat de police, emblématique, censé être très moderne. On a utilisé de vrais parpaings plutôt que de fausses briques , renforcé les murs par des échafaudages à cause des séquences de bagarre »
- Evangeline Harrison , cheffe costumière –Elle parle de l’apparence de Sean Connery, et de son fameux postiche- Ian Bannen, adorable, dit-elle, Trevor Howard tout autant, « sauf quand quelqu’un l’a mis en rogne, il s’est dressé comme un dragon »
- Sir Harrison Birtwhistle- « Ils voulaient un compositeur académique, ce que je ne suis pas. On m’a laissé faire ce que je voulais , et j’ai fait une musique à « l’état sauvage » qui n’était pas liée à la trame du film que je venais de voir, mais c’était l’atmosphère que je voulais »


