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« Taxi Driver » de Martin Scorsese. Critique cinéma

  • 2 juin 1976 en salle 
  • 1h 55min / Drame
  • Reprise 9 novembre 2016
  • Par Paul Schrader
  • Avec Robert De Niro, Jodie Foster, Harvey Keitel

L’histoire : Vétéran de la Guerre du Vietnam, Travis Bickle est chauffeur de taxi à  New York. Ses rencontres nocturnes et la violence quotidienne dont il est témoin lui font peu à peu perdre la tête. Il se charge bientôt de délivrer une prostituée mineure de ses souteneurs.

Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article

  • Le Film :
Festival de Cannes 1976.  Palme d’Or

Peinture devenue d’époque ( 1976 ) « Taxi Driver » n’est pas resté à l’état de croute pour galerie d’art statufié. Il a au fil des années confirmé la vista d’un réalisateur, Martin Scorsese . Et la perspicacité du scénariste Paul Schrader. Sur le fond : l’apport d’une société gangrénée par le chômage et la corruption . Sur la forme : la mise en place d’une scénographie qui jouant cette fois sur les couleurs de la nuit new yorkaise lui confère son aura mystique et dangereuse.

Une palette chromatique aux sentiments mêlés , repris depuis par plus d’un confrère de cinéma qui peuvent encore toujours y puiser des scènes inspirantes, avec des comédiens tout aussi inspirés.

Je ne me lasse pas de voir Harvey Keitel en hippie souteneur tenant le haut du pavé pour Jodie Foster, une très jeune ado prostituée, que le héros de la nuit, Travis va tenter d’arracher au mal endémique qui le hante.

Chauffeur de taxi, la nuit, il voit et entend, et ne supporte plus miasme et fange dans les rues de la Grosse Pomme. « Il va falloir donner un bon coup de serpillère » dit-il au candidat à la présidence, Palantine (Leonard Harris) , dont il drague une proche collaboratrice.

Le couple ne tient pas ( elle n’aime pas le porno ) , et Travis plonge alors dans une paranoïa morbide balisée par ses randonnées nocturnes et sa clientèle , si particulière parfois.

Scorsese a-t-il créé le héros psychopathe type pour film noir, thriller et autre films de guerre ? De Niro encore tout jeune dans le milieu ( il sort quand même de « Novecento » ) endosse  le paletot avec une aisance certaine, sous l’attribut de l’américain moyen, puis en marge des bons rapports.

L’usage du flingue à tout va, commerce libre et varié, impose également son empreinte temporelle dont Scorsese fera démonstration dans un final rédempteur,  presque apaisant.

Travis passant à travers les balles et la vertu récompensée, on imagine aujourd’hui une version plus trash de ce happy end assez conventionnel. Mais l’humeur est bien la même, le tableau encore plus noir.

Décrochée de sa cimaise d’un autre siècle, l’œuvre passée à la postérité est devenue contemporaine.

2 juin 1976 en salle  1h 55min / Drame Reprise 9 novembre 2016 Par Paul Schrader Avec Robert De Niro, Jodie Foster, Harvey Keitel L'histoire : Vétéran de la Guerre du Vietnam, Travis Bickle est chauffeur de taxi à  New York. Ses rencontres nocturnes et la violence quotidienne dont il est témoin lui font peu à peu perdre la tête. Il se charge bientôt de délivrer une prostituée mineure de ses souteneurs. Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article Le Film : Festival de Cannes 1976.  Palme d'Or Peinture devenue d’époque ( 1976 ) « Taxi Driver » n’est pas resté à l’état de croute…
Le Film

On ne peut résumer en quelques lignes un film tourné en 1976 et qui un demi-siècle plus tard vous revient en pleine lumière. Un chef d’œuvre absolu pour dire que rien n’a changé, tout a évolué et qu’au final on ne fait que s’adapter aux circonstances. Scorsese a-t-il créé le héros psychopathe type pour film noir, thriller et autre films de guerre ? Des Travis façons De Niro j’ai l’impression d’en voir désormais à la pelle sur grand écran et à foison dans les séries. On peut toujours puiser dans «  Taxi Driver »  des scènes inspirantes, avec des comédiens tout aussi inspirés. De Niro donc, mais aussi Harvey Keitel de plus en plus confirmé et l’apparition de la jeune Jodie Foster qui entame sa belle carrière. Un peu surpris simplement par le final du genre plutôt optimiste.  Le héros qui voulait sauver le monde laisse beaucoup de morts derrière lui, passe à travers les balles et voit la vertu récompensée. On imagine aujourd’hui une version plus trash de ce happy end assez conventionnel. Mais l’humeur est bien la même, le tableau simplement plus noir

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