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« Les Repentis » de Iciar Bollain. Critique DVD

  • 9 novembre 2022 en salle.-
  • Durée : 1h 56mn / Drame, Biopic . –
  • DVD : 04 Avril 2023 . –
  • Avec Blanca Portillo, Luis Tosar, Urko Olazabal . –
  • Studio : Epicentre films

L’histoire : Celle de Maixabel Lasa, la veuve de Juan Maria Jauregui, un homme politique assassiné par l’organisation terroriste ETA en 2000. Onze ans plus tard, l’un des auteurs du crime qui purge sa peine en prison demande à la rencontrer, après avoir rompu ses liens avec le groupe terroriste.

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  • Le Film
  • Les bonus

Goya, de la meilleure interprète féminine 2022 :  Blanca Portillo,

Meilleur dvd Avril 2023 ( 3ème ) 

 « Je veux leur dire en face le mal qu’ils m’ont fait , je suis liée à eux jusqu’à ma mort ».

La sortie récente du film de Jeanne Herry sur la justice restaurative évoque cette histoire de rédemption que raconte  Icíar Bollaín sur les repentis de l’ETA, au pays basque dans les années 2000.

Parmi les centaines de leurs victimes, Juan Maria Jauregui, un homme politique dont Maixabel Lasa sa veuve, s’implique alors dans l’histoire de cette région dévastée par les attentats et les assassinats.

Une dizaine d’années plus tard, un des meurtriers se dit prêt à la rencontrer. Malgré la réticence de sa fille (María Cerezuela) et les atermoiements de son entourage, elle donne très vite son accord. Aux yeux des forces légalistes, Maixabel représente la résistance à la barbarie. Accepter un tel processus, c’est déjà leur pardonner.

Ce dont s’exclut Ibon Etxezarreta ( Luis Tosar)  depuis sa prison réservée aux gens de sa condition. Ils ont abandonné toute revendication politique, reconnu leurs torts, et dénoncer la violence qui les guidait. Ils renoncent à la lutte armée

Luis Carrasco (Urko Olazabal), son voisin de cellule, membre du même commando ne suit pas encore son ancien camarade, mais leurs discussions vont les conduire sur un chemin de réconciliation possible.

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La réalisatrice l’emprunte prudemment elle aussi, rattrapée par l’actualité qui  rappelle au pays l’exigence d’une concorde significative.

Esther Pascual, ( Tamara Canosa) la médiatrice, l’entend bien face à des repentis encore très prudents sur leurs concessions qui ne peuvent être que personnelles ( photo). Le reste appartient à l’ETA, disent-ils, organisation à laquelle ils n’appartiennent plus.

«  J’ai perdu vingt ans à cause de cette putain de secte, j’ai payé ma dette, je n’en ferais pas plus ».

 

Ils sont devenus des parias, des fantômes, leurs anciens camarades  les montrent du doigt. Leur démarche réparatrice est la trahison ultime, mais à leur yeux la sauvegarde de leur honneur qui permet à Ibon de participer à l’hommage annuel rendu à sa victime, devant une stèle érigée sur le haut d’une montagne.

Si une scène ne vous a jamais procuré de l’émoi, du frisson, le sens de la vérité, cette ultime séquence est inoubliable. Le film également.

Les suppléments

  • Rencontre avec Iciar Bollain. « Que cette histoire ait eu lieu me paraissait incroyable » raconte la réalisatrice en engageant son travail de recherche. Les échanges entre Maixabel et sa fille , la rencontre avec les deux hommes concernés…

« La médiatrice n’était pas seule, nous avons simplifié, mais avons rencontré tous les médiateurs ».

L’écriture ,( Isa Campo ), la direction d’acteurs . « Les acteurs principaux ne se sont vus qu’au moment du tournage, je répétais avec eux séparément, la production ne voyait pas ça d’un très bon œil . (…)  La scène de leur rencontre s’est chargée de gravité et de solennité ».

  •  Entretien avec Maixabel Lasa ( 7 mn ) ( photo ) –La femme qui a inspiré le film est devenue peu après la mort de son mari, directrice du bureau des victimes au pays basque pendant dix ans.

«  J’ai assisté à certaines scènes du tournage, visionné les rushes et participé même à la scène finale, l’hommage à mon mari, au cours duquel j’apparais brièvement. Certains de mes amis y participent également, comme on le fait chaque année. Qu’ils puissent apparaître dans le film, signifie beaucoup ».

Le lien qui s’est créé avec la comédienne, la façon dont elle joue « ça correspond tout à fait  à ce que je suis ».

9 novembre 2022 en salle.- Durée : 1h 56mn / Drame, Biopic . - DVD : 04 Avril 2023 . - Avec Blanca Portillo, Luis Tosar, Urko Olazabal . - Studio : Epicentre films L’histoire : Celle de Maixabel Lasa, la veuve de Juan Maria Jauregui, un homme politique assassiné par l’organisation terroriste ETA en 2000. Onze ans plus tard, l’un des auteurs du crime qui purge sa peine en prison demande à la rencontrer, après avoir rompu ses liens avec le groupe terroriste. Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article Le Film :  Les bonus :  Goya, de…
Le Film
les bonus

Entre l’idéologie et l’Histoire, la réalisatrice se faufile sur un chemin périlleux où juste avant elle des repentis ont voulu reprendre le cours de leur histoire. Les années 2000, le pays basque est secoué par les attentats et les assassinats. L’un d’entre eux va réveiller les consciences de leurs acteurs et susciter de la part de la victime le besoin d’approfondir cette injustice qui la touche, la comprendre peut-être et pourquoi pas pardonner. C’est la direction engagée par cette histoire vraie au cours de laquelle les terroristes repentis se proposent de rencontrer leur victime.  Du remords au pardon, la réalisatrice intervient sur tous les épisodes de cette possible réconciliation, donnant aux victimes le temps de la compréhension, aux assassins celui de l’introspection. Le spectateur est pris à témoin !

AVIS BONUS Rencontre avec la réalisatrice et la femme qui a inspiré ce film

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