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« La Vérité » de Henri-Georges Clouzot. Critique cinéma

Synopsis: Dominique Marceau, une jeune fille provocante, est accusée du meurtre de son ancien amant Gilbert Tellier. Au cours du procès, l'histoire de sa relation avec la victime est reconstituée.

La fiche du film

Le film : "La Vérité"
De : Henri-Georges Clouzot
Avec : Brigitte Bardot, Paul Meurisse
Sortie le : 02/11/1960
Distribution : Les Acacias
Durée : 127 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Oscar du meilleur film étranger 1960 

C’est ( encore ) un film de procès. Dans ces années-là ( moitié XX ème ) le genre était prisé . Clouzot file donc le bon coton pour en faire une maille d’excellente tenue, toujours de mise aujourd’hui quand les candidats du genre assurent une relève tout aussi prometteuse.

Mais sans Brigitte Bardot, la folie de l’époque qui était bien folle. L’époque, pas la comédienne, tout à fait convenable dans son rôle de femme libre et provocante, au milieu des hommes qui n’attendent que ça.

Saint-Germain-des-Prés, Paris , la fête. Dominique Marceau la provinciale au cœur de la capitale, le monde ne tourne plus rond. Elle fait chavirer le cœur de Gilbert Tellier, qui pour l’heure fréquente sa sœur. Il rencontre donc sa sœur et défigure le courant amoureux. Gilbert est fou de Dominique qui s’en amuse. Elle en abuse avant de tourniquer elle aussi dans le sens des sentiments.

Et puis de trucider son amant qui entre-temps était retourné vivre avec sa sœur ( Marie-José Nat ) .

« Mais celui-là je l’aimais vraiment » ne cesse-t-elle de clamer aux juges qui la condamnent sans l’écouter. L’avocat de la partie civile Maître Eparvier est particulièrement féroce à son encontre. Paul Meurisse s’y connait pour faire mal sans sourciller.

Face à ce grand comédien, une autre stature de l’époque Charles Vanel, défenseur de la veuve et de l’orphelin, ici aux petits soins pour la belle qui regrette son geste, ne le comprend toujours pas et assure que son suicide n’était pas du flan.

Henri-Georges Clouzot demeure assez neutre dans l’affaire, allant du prétoire aux bistrots de Saint-Germain pour nous conter les amours de Dominique et Gilbert. Elle, volage donc, sympathique, attachante. Gilbert plutôt reclus dans son éducation de bonne famille et surtout gagné par l’ambition. Excellent musicien, il veut diriger le pupitre !

A tout prix, et sans compter. C’est là que le bât blesse nous dit Maître Guérin, trop d’orgueil et de fierté pour ce jeune homme jaloux «  de sa chose. Ce n’était pas de l’amour, mais de la conserve . Il en a fait son objet ». Cet amoureux transi c’est Sami Frey parfaitement représentatif du personnage incriminé.

Les deux avocats ferraillent sec sur son cas ( échanges et plaidoiries succulents ) quand celui de l’accusée ne résiste pas à une personnalité que le cinéaste privilégie au-delà d’une silhouette.

Henri-Georges Clouzot dirige BB devant Jean-Loup Reynold l’un des véritables amis de la jeune femme avec aussi Claude Berri et Jacques Perrin 

 

BB fer de lance d’une génération en pleine ébullition. La manière dont elle renvoie le juge ( Louis Seigner ) et ses assesseurs à leurs attributs de clown et leurs manières de bourgeois fripés est un grand moment de cinéma et de rupture sociale.

Bardot enlève la partie de main de maître, que Clouzot a depuis longtemps posé sur ce récit de très belle manière. Dans le noir des sentiments et de fameux dialogues acérés à souhait, c’est un film aussi passionnel que le drame qui se trame entre deux femmes et un homme, deux sœurs grippées de rage et d’amour.

   LE COFFRET

« L’assassin habite au 21 » (1942) – « Le corbeau » (1943) – « Quai des Orfèvres » (1947) – « Manon » (1949) – « Retour à la vie » (un sketch, 1949) – « Miquette et sa mère » (1950) – « Le salaire de la peur » (1943) – « Les diaboliques » (1954) – « Le mystère Picasso » (1956) – « Les espions » (1957) – « La vérité » (1960) – « La prisonnière » (1968) ( TF Video)

  • Des films de procès

« Le septième juré » de Georges Lautner

« Autopsie d’un meurtre » de Otto Preminger

  • De nos jours

« Une Intime conviction » de Antoine Raimbault

 » La fille au bracelet » de Stéphane Demoustier

« Présumé coupable«  de Vincent Garenq.

« L’Emprise » de Claude-Michel Rome

« L’Hermine » de Christian Vincent

« L’affaire SK 1 » de Frédéric Tellier

« La défense Lincoln » de Brad Furman

Oscar du meilleur film étranger 1960  C’est ( encore ) un film de procès. Dans ces années-là ( moitié XX ème ) le genre était prisé . Clouzot file donc le bon coton pour en faire une maille d’excellente tenue, toujours de mise aujourd’hui quand les candidats du genre assurent une relève tout aussi prometteuse. Mais sans Brigitte Bardot, la folie de l’époque qui était bien folle. L’époque, pas la comédienne, tout à fait convenable dans son rôle de femme libre et provocante, au milieu des hommes qui n'attendent que ça. Saint-Germain-des-Prés, Paris , la fête. Dominique Marceau la provinciale…
Le film

C’était au temps où les procès se prêtaient à une telle scénographie sur une dramaturgie appuyée. Et au  final, c’est le résultat qui compte :  on ne lâche jamais le prétoire où une jeune femme est jugée pour avoir tué son amant. Au fil des débats, on apprend tout de la vie du couple et donc de la vie tout court. Car Clouzot en feignant l’innocence de sa mise en scène, la porte très haut dans les sphères sociales et sentimentales de l’époque , des fêtes de Saint-Germain-des-Prés et d’une jeunesse en pleine ébullition. Portée par la beauté et la verve de  Brigitte Bardot qui tient tout son petit monde de main de maître, que Clouzot a depuis longtemps posé sur ce récit de très belle manière. Dans le noir des sentiments et de fameux dialogues acérés à souhait, c’est un film aussi passionnel que le drame qui se trame entre deux femmes et un homme, deux sœurs grippées d’amour et de rage. Un film indispensable aux scènes tout aussi mémorables .Avec des comédiens de très belle facture , Charles Vanel, Paul Meurisse, Louis Seigner…  Et BB pour l’éternité.

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