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« La Peau douce » de François Truffaut. Critique Blu-ray

  • Dvd : 2 juin 2021
  • Cinéma : 20 avril 1964
  • RéalisateurFrançois Truffaut
  • ActeursJean Desailly, Françoise Dorléac, Jean Lanier, Pierre Risch, Nelly Benedetti
  • Format : Noir et blanc
  • Durée118 minutes
  • Studio  : Carlotta Films

L’histoire : Pierre Lachenay, 40 ans, habite le XVIe arrondissement de Paris avec sa femme Franca et leur petite fille Sabine. Au cours d’un voyage à Lisbonne où il donne une conférence sur Balzac, Pierre rencontre Nicole, une jeune hôtesse de l’air. Il la revoit à Paris et devient son amant…

  • Film : 
  • Bonus :

Hyper classique, le récit de ce couple adultérin porte l’estampille Truffaut, et dès lors tout s’éclaire, ou presque. Par l’élégance d’une mise en scène qui heurte la froideur bourgeoise de cet intellectuel toujours trop pressé.

Pierre Lachenay esquive, fuit, ne veut pas voir, confiné dans son petit bonheur tranquille que l’amour d’une hôtesse de l’air perturbe sérieusement. Il prend les devants, elle le rattrape.

C’est toujours filmé dans le paradoxe et la contradiction d’événements imprévisibles, comme cet  ascenseur qui monte très lentement, propice aux rencontres inattendues , à la manière d’un va-et vient hitchcockien .

Truffaut en a-t-il pris de la graine et de l’expérience ?  Un peu plus que l’illusion du cinéma et sa technique en filigrane.

Elle  nous conduit aussi vers Chabrol qui bien plus tard allait astiquer la petite société provinciale  venue accueillir le conférencier, mais ne pensant qu’au dîner organisé à son attention.

Cette belle séquence condense toutes les attentes du film, son suspense latent ( «  une jeune fille vous demande à l’entrée » ) et ses incertitudes fâcheuses. L’homme était venu pour un Week end tranquille avec sa maîtresse sous prétexte d’une conférence rapide .

Le voici prisonnier du carcan des notables, imbuvables. Daniel Ceccaldi est impayable!

Ce  contretemps joliment orchestré  par le cinéaste dérègle le bel ordonnancement du couple, poursuivi par la malchance, le remord, la honte ?

Truffaut observe, commente à peine. Le profil de Jean Desailly laisse un brin perplexe dans sa retenue presque pincée, ses maladresses amoureuses et son allure de grand monarque.

Il séduit, imprévisible comme le comprend maintenant sa maîtresse qui sous les traits de Françoise Dorléac interroge ce monde presque superficiel – aussi étroit que celui des notables de province – qu’elle découvre au bras du romancier.

Escapade à Lisbonne, comme des amoureux

 

Ce n’est pas la vie dont elle rêvait . L’arracher à sa famille lui parait alors être «  une grosse bêtise » comme elle dit quand sa femme se morfond d’un tel déchirement.  Une femme dévastée, pitoyable devant la fatalité du destin qui ne pourra rabibocher le couple . Nelly Benedetti est inoubliable.

Un ticket de pressing oublié dans une veste, une cabine téléphonique occupée, un appel qui ne parviendra jamais, il y a des signes ( hitchcockiens, parfois … )  qui ne trompent pas.  A ces petits détails, Truffaut fait un grand film…

LES SUPPLÉMENTS

. Commentaire audio de Serge Toubiana (biographe de François Truffaut) avec Jean-Louis Richard (scénariste du film)

. Présentation du film par Serge Toubiana

. Actualités télévisées : Françoise Dorléac et Nelly Benedetti à propos du film « la peau douce » (2 mn) Réalisation : Mario Beunat (journaliste) –  © 1964 INA
À Cannes, sur la Croisette, Françoise Dorléac se promène dans la rue. Elle est abordée par Jean-Louis Richard, le scénariste, mais aussi le dragueur dans le film.

Nelly Benedetti dans un très grand rôle de femme trompée et dévastée.

Cette fois il n’est pas question d’importun, mais quand Françoise Dorléac est ravie que le scénariste l’ait accompagnée «  jusque-là ! », l’homme prend subitement la fuite. Ils se trouvaient devant une vitrine « Cartier »

Toujours à Cannes, Nelly Benedetti aux bras de son mari Dominique Paturel parle de son personnage .

  • Première (4 mn) –  © 1964  François Truffaut et Françoise Dorléac sont interviewés par la télévision flamande.
  • Cinéastes, de notre temps : François Truffaut ou l’esprit critique (10 mn – HD*) Réalisation : Jean-Pierre Chartier – © 1965 INA-François Truffaut raconte l’idée originale de La Peau douce et analyse quelques scènes clés du film.

«  J’avais l’impression de pouvoir dire des choses nouvelles sur l’adultère ».  Il commente en détail la scène de l’ascenseur , «  ma direction d’acteurs était celle des regards, uniquement » et raconte comment il a présenté le personnage à Jean Desailly.

«  Les scènes d’amour je n’aime pas faire ça, ça me rend malheureux, j’ai horreur des baisers, mais je ne peux pas faire d’ellipses, car ce sont des scènes importantes ».

La scène finale a aussi droit à un petit cours de cinéma déviant. «  En réalité un corps ne tombe jamais comme ça,  mais beaucoup plus vite … ». «  Dans ce film j’ai souffert de son côté ingrat, qui ne permettait pas d’y mettre de la chaleur, c’était des personnages que je n’aimais pas, alors que de les aimer, ça aide ».

  •  L’ancien et la moderne (10 mn – HD*)  .« La Peau douce, c’est l’intrusion de la femme moderne dans la vie d’un homme qui appartient à une autre culture : une culture du passé qui est sans doute une culture révolue. »

Dans son analyse Nicolas Saada, scénariste et réalisateur, insiste beaucoup sur l’apport hitchcockien dans ce film «  au découpage très fragmenté,et les regards, les échanges de point de vue… ».

Il cite les clins d’œil ( «  La mort aux trousses », «  Le crime était presque parfait », et oppose à la vieille France de Lachenay,  la Nouvelle vague incarnée par le personnage de Françoise Dorléac. «  Plus je vois -La Peau douce-, plus je le trouve magnifique » .

Dvd : 2 juin 2021 Cinéma : 20 avril 1964 Réalisateur : François Truffaut Acteurs : Jean Desailly, Françoise Dorléac, Jean Lanier, Pierre Risch, Nelly Benedetti Format : Noir et blanc Durée : 118 minutes Studio  : Carlotta Films L'histoire : Pierre Lachenay, 40 ans, habite le XVIe arrondissement de Paris avec sa femme Franca et leur petite fille Sabine. Au cours d’un voyage à Lisbonne où il donne une conférence sur Balzac, Pierre rencontre Nicole, une jeune hôtesse de l’air. Il la revoit à Paris et devient son amant… Film :  Bonus : Hyper classique, le récit de ce couple adultérin porte l’estampille…
Le film
Les bonus

Hyper classique, le récit de ce couple adultérin porte l’estampille Truffaut, et dès lors tout s’éclaire, ou presque. Par l’élégance d’une mise en scène qui heurte la froideur bourgeoise de cet intellectuel toujours trop pressé. Pierre Lachenay découvre à nouveau l’amour et à nouveau repart dans ses diverses occupations difficilement compatibles avec sa double vie qui fait éclater son ménage et perturbe sérieusement sa maîtresse. Cette exaltation Truffaut réussit à la sublimer dans l’attente et l’urgence, le suspense et le quotidien . Quelques coups de griffes ici et là, à la bourgeoisie bien-pensante et aux notables de province et le harcèlement sexuel à plusieurs reprises…

AVIS BONUS De  petites rencontres d’époque sur la Croisette,  des commentaires du réalisateur sur quelques scènes et un joli point de vue de Nicolas Saada

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