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« La Bête dans le coeur » de Cristina Comencini. Critique cinéma

Synopsis: Sabina partage une vie paisible avec son compagnon Franco... Mais depuis quelques temps, d'étranges cauchemars tourmentent ses nuits. Maintenant enceinte, des souvenirs jusqu'alors refoulés resurgissent : l'enfance, la famille et ses rites bourgeois à la fois sévères mais si rassurants.

La fiche du film

Le film : "La Bête dans le coeur"
De : Cristina Comencini
Avec : Giovanna Mezzogiorno, Alessio Boni
Sortie le : 28/03/2007
Durée : 120 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Sabina dit qu’elle a fait un rêve horrible. Elle ne parle pas de cauchemar, mais les images en sommeil la tourmentent. Elle double pour le cinéma les voix étrangères. Son dernier contrat relatait le viol d’une jeune fille.

Un rapport de cause à effet ? Plutôt ses fréquents allers-retours au cimetière sur la tombe parentale, imagine Emilia, sa meilleure amie qui a perdu la vue à vingt ans.

Sabina lui rend souvent visite. Les deux femmes ont été très proches. Amantes, suggère l’écriture délicate de la réalisatrice où tendresse et passion s’affrontent.

Emilia et Sabina : Stefania Rocca et Giovanna Mezzogiorno

Un entre-deux sentimental relayé auprès de Franco, son compagnon et acteur de seconde zone. Le projet d’un metteur en scène, célèbre autrefois, se révèle plein de promesses pour Franco qui va devenir … son meilleur ami.

D’autant plus surprise par cette relation, Sabina sombre un peu plus dans le noir. Elle cauchemarde en plein jour le flou de cette enfance refoulée . Personne pour en parler, sinon ce compagnon désormais sur une autre planète, et Daniele ce grand-frère professeur de grec et latin, exilé aux Etats-Unis.

Depuis la mort des parents, ils ne se sont jamais revus. Les fêtes de fin d’année lui paraissent idéales pour renouer avec cet ersatz de famille. Des retrouvailles émouvantes, douloureuses à l’évocation de cette enfance que Daniele traîne encore comme un boulet.

Alessio Boni et Cristina Comencini

Cette histoire indissociable des traumatismes de Sabina ressurgit au cœur de sa maternité et des souvenirs enfouis. Un entrelacs habilement dénoué par Cristina Comencini qui tout en nuances et précaution révèle la douleur de la transgression sexuelle, son horreur, sa persistance.

Quelques personnages hors du cadre marquent fortement l’esprit de la famille. Andrea (Giuseppe Batiston) en demeure une figure exemplaire, aux côtés de Maria, la directrice de casting de Sabina.

Elle a quitté le sol italien, non sans avoir laissé son ami Emilia dans ses bras. Une femme énergique et débonnaire, inconsolable à l’évocation du départ de son mari pour une autre femme, beaucoup plus jeune. C’est d’une tristesse infinie, mais on arrive à en sourire, et même à en rire. Angela Finocchiaro est magnifique.

Pour le festival « Viva il cinema » 

Déjà publié :  » Palais de Justice » de Chiara Bellosi- « Piccolo Corpo » de Laura Samani-  –  » L’Agnello » de Mario Piredda- Punta Sacra » de Francesca Mazzoleni- « Il legionario » de Hleb Papou-

www.viva-il-cinema.com

Sabina dit qu’elle a fait un rêve horrible. Elle ne parle pas de cauchemar, mais les images en sommeil la tourmentent. Elle double pour le cinéma les voix étrangères. Son dernier contrat relatait le viol d’une jeune fille. Un rapport de cause à effet ? Plutôt ses fréquents allers-retours au cimetière sur la tombe parentale, imagine Emilia, sa meilleure amie qui a perdu la vue à vingt ans. Sabina lui rend souvent visite. Les deux femmes ont été très proches. Amantes, suggère l’écriture délicate de la réalisatrice où tendresse et passion s’affrontent. Un entre-deux sentimental relayé auprès de Franco, son compagnon…
Le film

Comme toujours Cristina Comencini demeure pudique dans sa réalisation pour évoquer cette fois les traumatismes d’une enfance violée. Elle suggère plus qu’elle ne raconte le cheminement d’une jeune femme qui après un cauchemar ne sait plus comment se raccrocher à la vérité, la réalité. Il lui est difficile d’en parler autour d’elle et c’est en rejoignant son frère aux Etats-Unis que la fêlure s’ouvre totalement pour raviver des souvenirs qu’elle pensait enfouis. Un entrelacs habilement dénoué par Cristina Comencini qui tout en nuances et précaution révèle la douleur de la transgression sexuelle, son horreur, sa persistance. D'autres personnages se faufilent un peu en retrait de la lumière qui les illumine malgré tout avec grâce, humour et grandeur. Je pense surtout au réalisateur sur le déclin (Giuseppe Batiston) et la directrice de casting que Angela Finocchiaro interprète avec un brio désarmant.

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