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« Elephant Man » de David Lynch . Critique cinéma

Synopsis: Londres, 1884. Frederick Treeves, jeune et brillant chirurgien, croise la route de John Merrick, un homme difforme et complètement défiguré devenu phénomène de foire. Après l’avoir arraché des mains de Bytes, son propriétaire violent, le Dr Treeves le recueille à l’hôpital pour étudier son cas. Il découvre un homme meurtri, intelligent et doué d’une grande sensibilité…

La fiche du film

Le film : "Elephant Man"
De : David Lynch
Avec : Anthony Hopkins, John Hurt
Sortie le : 22/06/2020
Distribution : Carlotta Films
Durée : 125 Minutes
Genre : Drame, Biopic
Type : Long-métrage
Le film

Au début des années quatre-vingt, David Lynch un jeune artiste prometteur s’empare du travail du médecin Frederick Treves et de l’anthropologue Ashley-Montagu sur l’existence d’un homme étrange.

Son visage est difforme, son corps tout boursouflé. Il est l’objet d’une curiosité malsaine dans les foires londoniennes où Bytes, son « propriétaire » l’exhibe généreusement, avant de le maltraiter en coulisses.

L’époque est victorienne, ici marquée par un noir et blanc à l’empreinte évidente. La très belle photo de Freddie Francis souligne chaque événement marquant de la courte vie de ce John Merrick qui dévoile son nom en même temps que son handicap.

Le professeur Treeves vient de l’arracher aux mains de l’infâme Bytes. Un brin d’humanité  mais une curiosité scientifique avant tout pour ce jeune chirurgien, déjà brillant, lui aussi.

Ses collègues ne le suivent d’ailleurs pas toujours dans ses recherches. Son directeur (John Gielgud) est plus que réticent à héberger un incurable. Mais le jeune homme s’obstine, le sujet de son étude est désormais plus qu’un cas .

John Merrick révèle en effet une personnalité profondément réfléchie, attentive et d’une sensibilité exacerbée. Ce qui n’empêche pas les chafouins et les imbéciles de violer son intimité hospitalière pour l’offrir en spectacle.

Frederick Treves a réussi à installer son patient à l’hôpital, à l’écart de toute curiosité…

 

C’est la bassesse la plus exécrable que David Lynch relève à travers ce prisme aux déviances nuisibles. Mais  la bonne société se prend aussi d’affection pour le malade .

Madge Kendal, ( Anne Bancroft) la grande actrice shakespearienne  lui rend plusieurs fois visite, quelques couples de bonne famille la suivent.

Cet autre forme de spectacle culpabilise Treeves qui réussit néanmoins à sociabiliser ce qui est devenu un ami . Et lui rendre tout cette dignité perdue sur les tréteaux des bas-fonds.

La grand tragédienne rend visite à John Merrick qui lui donne la réplique dans « Roméo et Juliette », une très belle séquence

Un respect élémentaire ballotté dans un parcours chaotique que David Lynch illumine ici soigneusement, dans la beauté des ombres portées par Londres et ses mystères.

John Hurt dans le rôle-titre est formidable, méconnaissable, attendrissant devant l’interprétation minimaliste d’Anthony Hopkins, dans l’attente et la quête d’un savoir qui s’efface au profit de l’amitié.

Une histoire triste, une belle histoire, magnifique et sans fin …

 César du meilleur film étranger, 1981 Prix de la critique française 1981 Au début des années quatre-vingt, David Lynch un jeune artiste prometteur s’empare du travail du médecin Frederick Treves et de l’anthropologue Ashley-Montagu sur l’existence d’un homme étrange. Son visage est difforme, son corps tout boursouflé. Il est l’objet d’une curiosité malsaine dans les foires londoniennes où Bytes, son « propriétaire » l’exhibe généreusement, avant de le maltraiter en coulisses. L’époque est victorienne, ici marquée par un noir et blanc à l’empreinte évidente. La très belle photo de Freddie Francis souligne chaque événement marquant de la courte vie de ce…
Le film

Dans le Panthéon du septième art, ce film a une place unique. Au-delà du chef d’œuvre, parlons d’une œuvre à part entière, qui salue l’acte de  naissance d’un cinéaste dont les premiers babillages sont déjà étonnamment éloquents. En nous racontant merveilleusement bien l’histoire d’un homme pas comme les autres, David Lynch nous raconte l’histoire de l’humanité, ses failles, ses désirs, ses espoirs. Sous son masque de toile mal ajusté John Merrick en nourrit peut-être des dizaines, mais sa condition de bête de foire ne lui laisse aucune issue possible. Un chirurgien réussit cependant à le tirer de ces bas-fonds londoniens pour observer ce cas qui très vite devient autre chose qu’une étude scientifique. Hymne poignant à la tolérance et au respect de la dignité humaine, il est tout aussi parfaitement interprété par deux comédiens qui ont su par la suite confirmer un talent à fleur de peau : John Hurt, méconnaissable sous son maquillage , Anthony Hopkins.

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On a tellement écrit sur ce film , ses implications, et sa quasi-virginité soixante-quinze ans plus tard qu’il est difficile d’en rajouter une phrase pour dire le bonheur chaque fois renouvelé de le retrouver ainsi intact et sans rature.

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