Accueil » A la une » « Twin Peaks Fire walk with me » de David Lynch. Critique cinéma

« Twin Peaks Fire walk with me » de David Lynch. Critique cinéma

Le cadre est parfait, la lumière idyllique, mais le contenu demeure bien hermétique

Synopsis: La mort mystérieuse de Teresa Banks dans la tranquille petite ville de Deer Meadow va donner bien du fil à retordre aux agents Dale Cooper et Chester Desmond qui vont mener une enquête en forme de charade et découvrir que bien des citoyens de la ville sont impliqués dans cette affaire. Un an plus tard, ce sont les sept derniers jours de Laura Palmer, qui se termineront par la mort brutale de cette dernière annonçant ainsi le début de Twin Peaks, le soap opera.

La fiche du film

Le film : "Twin Peaks - Fire Walk With Me"
De : David Lynch
Avec : Sheryl Lee, Kyle MacLachlan
Sortie le : 31/05/2017
Distribution : Potemkine Films
Durée : 135 Minutes
Genre : Policier, Fantastique, Thriller
Type : Long-métrage
Le film

Les moins de douze ans ont de la chance. Le film leur est interdit. Pour quelques scènes choquantes ou monstrueuses, peut-être, mais ils ont dû voir pire. Moi je l’interdirais plus facilement pour des raisons éthiques. Que les moins de douze ans grandissent avant de se pencher sur l’art déviant d’une caméra qui dans un borborygme imagé donne à voir le tout et son contraire. Des images bien cadrées, une lumière idyllique et un sursaut d’incompréhension.

Il suffit de deux ou trois séances hallucinatoires pour rendre hermétique un propos à l’origine bien établi par le meurtre d’une jeune femme et des commanditaires probables. Laura Palmer vit ses derniers jours dans l’abandon de sa propre personne vouée aux plaisirs des hommes et de la drogue. Un délire permanent contrôlé par un quotidien apparemment paisible et aimant.

Laura ne quitte jamais sa meilleure amie Donna (Moira Kelly) qui ne saisit pas toujours très bien son comportement. David Lynch filme les deux femmes au plus près de l’intimité quand le reste des hommes arpente des physionomies bien accentuées dans leur regard, les mimiques, une gestuelle composée pour le cinéma, maniérée pour certains, outrancière pour d’autres.

Laura s’amuse des garçons, sa meilleure amie s’inquiète

Ce qui compose un univers honorable et une mise en scène tout aussi particulière. L’enquête policière n’est qu’un alibi à cette réalisation uniquement à décharge pour l’héroïne de plus en plus cernée par ses fantasmes et les écrits de son papa de cinéma. Sheryl Lee est parfaite dans le rôle, relayée par une kyrielle de gens bizarres et incongrus dont David Bowie de passage dans les obsessions de la belle.

Ses parents n’apparaissent que très tard, mais bien assez vite pour les tourments que lui procure un père inquisiteur, voire pervers. Ray Wise s’ingénue à le pousser dans ses extrêmes. Il faudrait aujourd’hui revoir les effets spéciaux et la direction d’acteurs pour asseoir une histoire plus consistante dans ses invraisemblances que l’auteur tente de ramener au niveau du crédible. Le mixe entre illusions, rêves et conscience ne se fonde que sur la virtuosité d’un cinéaste perdu dans ses propres visions. On aimerait les partager d’une toute autre manière.

 

Les moins de douze ans ont de la chance. Le film leur est interdit. Pour quelques scènes choquantes ou monstrueuses, peut-être, mais ils ont dû voir pire. Moi je l’interdirais plus facilement pour des raisons éthiques. Que les moins de douze ans grandissent avant de se pencher sur l’art déviant d’une caméra qui dans un borborygme imagé donne à voir le tout et son contraire. Des images bien cadrées, une lumière idyllique et un sursaut d'incompréhension. Il suffit de deux ou trois séances hallucinatoires pour rendre hermétique un propos à l’origine bien établi par le meurtre d’une jeune femme et…
Le film

Tourné après la série, « Twin Peaks - Fire Walk With Me » raconte malgré tout les sept derniers jours de la vie de Laura Palmer. Où Lynch s’amuse joyeusement à damer le pion à ses protagonistes englués dans une spirale sans fin. Une fois la police sur le terrain, le réalisateur délaisse totalement l’enquête pour cerner au plus près la personnalité et les relations de son héroïne abandonnée dans ses fantasmes et ses angoisses nocturnes. Ça tient du cauchemar, mais la fabrication maison opte entre le fantastique et son contraire pour rendre un peu plus hermétiques certaines scènes qui ne demandaient qu’à se taire. On fait le tri, on reprend le montage, on coupe, ou bien on passe à autre chose…

User Rating: Be the first one !

Voir aussi

« Le Procès du siècle » de Mick Jackson. Critique cinéma-dvd

D’après « Denial : Holocaust History on Trial » de l'historienne Deborah Lipstadt, qui retrace le procès en diffamation que lui a intenté David Irving.

Laisser un commentaire