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« Cyril contre Goliath » de Thomas Bornot et Cyril Montana. Critique e-Cinéma-DVD

Synopsis: Cyril, écrivain parisien, n'aurait jamais imaginé que Lacoste, le village de son enfance, puisse un jour se faire privatiser par le milliardaire Pierre Cardin. Poussé par son fils il s'engage contre cette OPA d'un genre nouveau et entame un véritable bras de fer avec le célèbre couturier.

La fiche du film

Le film : "Cyril contre Goliath"
De : Thomas Bornot, Cyril Montana
Avec : Cyril Montana, Grégoire Montana
Sortie le : 13/05/2020
Distribution : La 25 ème heure
Durée : 86 Minutes
Genre : Documentaire
Type : Long-métrage
Le documentaire
Les bonus

Un documentaire présenté au festival des Monteurs en Mars 2020

DVD : 15 mars 2021

En Provence, dans le Lubéron, Lacoste est un village qui parle de lui-même. Pour son nom et le renom que Pierre Cardin lui a donné en achetant son château, celui du Marquis de Sade, alors bien abîmé.

Le célèbre couturier prend goût à cette pierre. Une maison, une autre et puis un troisième achat et au bout de la passion, collection dit-il, une cinquantaine de bâtisses, toutes rénovées. Mais personne à l’intérieur et nulle activité dans les boutiques aménagées.

Un village presque fantôme, privatisé, celui où Cyril Montana a passé un peu de son enfance. En le retrouvant comme abandonné, l’écrivain décide d’arrêter l’hémorragie et de remettre Pierre Cardin dans le bon chemin. Celui que de nouveaux habitants pourront emprunter en louant ces maisons et ces appartements vides.

Cyril contre Goliath dit le documentaire, plus surement Don Quichotte du Lubéron reprend l’écho des gazettes qui peinent à le suivre dans son combat. Malgré ses relations parisiennes dans le milieu de la communication, et un carnet d’adresses encore conséquent, Cyril Montana n’entraîne pas grand monde derrière lui.

Il entame une marche symbolique, pendant un mois, depuis Paris jusqu’au pied du château du Marquis. A chaque étape on l’accueille chaleureusement, à l’arrivée il n’y a personne. «  Je m’attendais quand même à un petit comité d’accueil » dit-il. Les rencontres vont s’organiser, et les témoignages aussi .

Les deux réalisateurs Thomas Bornot et Cyril Montana, ce dernier à l’origine du projet.

Avec les villageois, dont beaucoup d’artistes . Le metteur en scène Frédéric Flahaut «  il y avait un marchand de journaux, un bureau de tabac , un café ouvert toute l’année, une boulangerie… ».

« Il a changé la structure du village » regrette amèrement la sculptrice Martha Shearer. Jusqu’au fataliste viticulteur Yves Ronchi «  on n’est pas du même monde, c’est une forme de mondialisation qui nous rattrape ».

«  Ce sont de braves gens » semble lui donner raison Pierre Cardin «  mais ils n’ont pas cette envergure internationale que je possède ».  On le voit juste au début, un reportage TV officiel semble-t-il, car pour le reste, l’homme est transparent, absent, il se dérobe.

Les villageoises ont pris la parole, mais sans effet…

Rodrigo Basilicati son neveu fait office de remparts que l’on franchit un instant pour découvrir le travail réalisé au sein du château. Mais l’homme est tout aussi fuyant quand il s’agit de rencontrer Cyril Montana. Il esquive et prend rendez-vous pour le lendemain. En vain …

Je suis un peu surpris par  la candeur de l’hidalgo provençal dont l’obstination sans faille aurait pu s’appuyer sur des soutiens amicaux et médiatiques plus évidents. Il aura tenté sans grand succès ( sa réunion d’information est un flop monumental ) jusqu’au jour où par un retour inespéré d’une attention surprenante,  l’intéressé concède enfin l’ouverture de « son » village à la populace. Sans plus d’explications…

Pierre Cardin est mort peu après la sortie officielle de ce documentaire. Que devient Lacoste ?

LES SUPPLEMENTS

  • Livret du film : entretien avec Thomas Bornot et Cyril Montana . On y retrouve le fil conducteur de cette aventure peu banale et les états de service du couturier épinglé par la documentaire. Avec en prime un entretien tout aussi intéressant qui pose en conclusion la bonne question du devenir du village .

A l’époque «  Pierre Cardin campe sur ses positions, c’est un homme âgé , personne ne sait précisément ce qui se passera à sa mort » évoque Thomas Bornot, le réalisateur. Le couturier est mort à la fin de l’année 2020.

Il pensait pouvoir simuler une partie de la marche, mais le réalisateur n’était pas d’accord.
  • « Tout ce que nous n’avons pas pu mettre dans le film » (entretien et séquences inédites avec Thomas Bornot et Cyril Montana)

C’est encore hyper intéressant à suivre avec les réponses aux questions légitimes des spectateurs.. «  Je voulais effectivement marcher un peu et faire le reste en train, mais Thomas m’a dit pas question. C’est un engagement, il faut aller au bout, et je l’ai fait. Ca m’a remis pas mal de valeurs en tête ».

Et le réalisateur qui a donc suivi conseille vivement de vivre ainsi «  tout un mois, marcher , ça nettoie la tête ».

Devant le manque d’intérêt de Pierre Cardin les deux hommes envisagent un moment une action plus spectaculaire, genre occupation et attaque symbolique du château. Les membres de Jeudi noir sont contactés …

Le duo reprend et commente de nombreuses séquences coupées au montage, elles sont toutes à voir . Dont l’improvisation aussi musicale que bizarre sous un pont millénaire, et le rêve de Cyril qui parcourt son village rempli de gens, de fêtes, de joie et de bonne humeur. C’est un super plan séquence onirique, mais si proche de ce que pourrait être Lacoste.

  •  « Sauvons Lacoste : les habitants s’engagent » (3 clips)
Un documentaire présenté au festival des Monteurs en Mars 2020 DVD : 15 mars 2021 En Provence, dans le Lubéron, Lacoste est un village qui parle de lui-même. Pour son nom et le renom que Pierre Cardin lui a donné en achetant son château, celui du Marquis de Sade, alors bien abîmé. Le célèbre couturier prend goût à cette pierre. Une maison, une autre et puis un troisième achat et au bout de la passion, collection dit-il, une cinquantaine de bâtisses, toutes rénovées. Mais personne à l’intérieur et nulle activité dans les boutiques aménagées. Un village presque fantôme, privatisé, celui…
Le documentaire
Les bonus

Dans le secteur de Bonnieux, Lacoste est un village à part . On le voit bien sur les photos et vidéos de l’époque,  toujours, créatif et de cultures très différentes. Et ce village, joli comme tout au cœur du Lubéron, va pourtant mourir sous la férule d’un mécène à contre-sens. Pierre Cardin le célèbre couturier décide de réhabiliter le château du Marquis de Sade ( intention louable ) et rachète dans la foulée maison après maison plusieurs quartiers de Lacoste. Il n’y fait rien, et laisse les boutiques abandonnées. Quand l’écrivain Cyril Montana revient sur les pas de son enfance, il n’en croit pas ses yeux. Et décide de faire plier le couturier pour qu’il donne accès à tout ce patrimoine . Il voulait en faire un haut lieu de la culture, dit-il  mais il ne s’est jamais intéressé à la richesse artistique du village et de ses créateurs. Toute une histoire que reprend ici l’écrivain en compagnie de Thomas Bornot dont la caméra suit tranquillement le cheminement d’un homme qui fonce souvent tête baissée. Et le reconnait toujours trop tard, mais à force de convictions et d’opiniâtreté, l’avenir lui donnera raison.

AVIS BONUS De nombreuses scènes coupées et commentées par Thomas Bornot et Cyril Montana, que l’on retrouve dans un livret d’accompagnement bien fourni .

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