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« Barabbas » de Richard Fleischer. Critique Blu-ray

  • Dvd : 4 mai 2021
  • Cinéma : 31 août 1962
  • RéalisateurRichard Fleischer
  • ActeursAnthony Quinn, Silvana Mangano, Arthur Kennedy, Vittorio Gassman, Ernest Borgnine
  • Durée : 97 minutes
  • LangueAnglais, Français 
  • Sous-titresFrançais
  • Studio  : Sidonis Calysta

 

L’histoire : Jésus et le voleur Barabbas sont condamnés à la crucifixion. Le peuple peut en libérer un. Barabbas est choisi et retrouve son quotidien avant d’être rattrapé par le doute et le remords…

  • Film :
  • Bonus :

D’après le roman éponyme de Pär Lagerkvist, prix Nobel suédois (1950 )

Un film résolument en deux parties.

La première se réfère au volet évangélique de la mort du Christ et à sa résurrection. Un récit biblique qui exalte la foi chrétienne ( le film en est totalement imprégné ) et lui attribue l’existence du fameux Barabbas qui aurait été libéré par le peuple romain . Il avait à choisir entre ce rebelle et le dénommé Jésus.

Barabbas (Anthony Quinn ) retrouve donc la lumière, mais avec elle ,les reproches des disciples de ce dieu qui s’est fait homme. Et qu’il a laissé mourir..

Rachel ( Silvana Mangano ) fuit désormais son amant qui ne comprend pas qu’elle prêche désormais pour celui qu’elle appelle  » le sauveur ».

Barabbas n’en croit pas un mot . Il reprend ses libations nocturnes et ses rapines, avant de retrouver l’ombre des cachots puis celle des mines de soufre de Sicile.

Son partenaire de chaînes le ramène alors à ses tourments.

Sahak ( Vittorio Gassman) est croyant et l’idée de partager sa peine avec celui qui a abandonné son maître envenime leurs rapports… Il  le convainc pourtant de l’existence possible de cet  homme bon et généreux venu sur la terre pour sauver tous les hommes.

Cette foi naissante, Barabbas va la confronter au monde des gladiateurs qu’il rejoint derrière son maître nommé sénateur à Rome. Sahak est toujours à ses côtés et les deux hommes, presque frères entament à leur façon un chemin de croix salvateur.

Cette deuxième partie, toujours très marquée par les préceptes de la chrétienté , relève d’un péplum grandiose. La réalisation à grande échelle se confirme dans une super production où des milliers de figurants mettent en  perspective la grandeur du cinéma.

L’image de synthèse n’est pas de mise, Richard Fleischer est aux commandes.

Après les mines de Sicile , leur effondrement, l’arrivée à Rome et les jeux du cirque couronnent ce spectacle populaire que l’on retrouve aujourd’hui dans les blockbusters dont les effets spéciaux font pâle figure au regard de la technique déployée autour des combats et des fauves.

9.000 figurants, quand même et pas d’image de synthèse

L’apparat n’enlève rien au prosélytisme affiché sur les thèmes religieux et existentiels. Un humanisme porté avec autorité par Anthony Quinn dans le rôle-titre avec Vittorio Gassman, son compagnon d’infortune, Arthur Kennedy, Ponce Pilate conforme à la légende, Jack Palance, prodigieux dans sa main mise sur les jeux du cirque, et un combat final épique. Ernest Borgnine, porte toute la foi de ce film dans une interprétation pleine et sincère.

LES SUPPLEMENTS

 

  • Anthony Quinn par Gelde Feldman (57 mn) – Je ne pense pas qu’il manque un élément important dans ce documentaire sur cette vie si bien remplie . De nombreuses personnalités l’accompagnent de commentaires jamais anecdotiques.

Anthony Quinn où l’œuvre d’une vie racontée par le détail depuis le papa révolutionnaire auprès de Pancho Villa jusqu’à ses amours plus ou moins vécues qui lui vaudront quand même  la paternité de 13 enfants.

Ici Lorenzo et Valentina s’expriment.

 

Mais à mon avis celui qui en parle le mieux c’est Martin Ritt, le réalisateur . Il le fait avec beaucoup d’affection. «  Sur un plateau, c’était une bête sexuelle, il arrivait toujours plein d’énergie , il exigeait que l’on soit honnête avec lui , je préférais sa personnalité à la mienne sur l’écran, j’ai arrêté de me bagarrer , il avait tout le temps raison ».

De nombreux et longs extraits de ses films prolongent les commentaires  dont «  The black Orchid » avec Sophia Loren, «  La Strada » de Fellini pour lequel il reconnait ne pas lui avoir facilité la tâche.

Mais son rôle de Zampano lui ouvre les voies de la célébrité , et lui permet de devenir aussi producteur. Ce qu’il regrettera parfois comme en 1963 avec « La Rancune » de Bernhard Wicki et Ingrid Bergman dont il était peut-être amoureux. Elle le mène par le bout du nez. «  Elle en a fait une histoire d’amour, c’était autre chose au départ »  dit-il dans un grand éclat de rire.

« Je ne suis pas plus attaché à Zorba le grec qu’à Viva Zapata, ou Van Gogh, j’ai plongé mon âme dans plus de 75 films et je suis présent dans tous, Zorba a simplement plus marqué les esprits ».

En guise d’illustration, la scène de la danse sur la plage , suivie d’une galerie de portraits qui ont à jamais marqué le cinéma mondial.

  • La présentation du film par Bertrand Tavernier ( 21 mn ). « Un très grand film trop méconnu » aux yeux du réalisateur français qui raconte que le producteur Dino De Laurentiis avait acheté les droits du livre sur les conseils de Fellini qui pensait le réaliser déjà avec Anthony Quinn.

Il dit l’importance du scénariste Christopher Fry, pas un tâcheron hollywoodien, érudit, cultivé

Et place ce film au-dessus de «  Ben-Hur » , pensum , et «  Les dix commandements » tout aussi pesant, «  Barabbas » est plus fort, plus moderne , avec Anthony Quinn, une puissance remarquable. Dans «  Zorba »  Bertrand Tavernier ne l’aime pas du tout.

Bertrand Tavernier rejette toute apologie de la foi, «  il montre simplement que le cheminement de toute croyance est difficile, ponctué de rechutes » .

« Un film émouvant et spectaculaire,  Richard Fleischer comprend ce qu’il peut faire d’un écran large , dynamise la fluidité de la mise en scène , passionnante utilisation du scope de cette époque ».

  • La présentation de Patrick Brion ( 10 mn ). Il rappelle « les chefs d’œuvre, d’un grand metteur en scène et des films très réussis ».

Regrette lui aussi que les critiques soient passés à-côté à sa sortie

Le critique évoque les essais de Jeanne Moreau, mais De Laurentiis  « a imposé sa femme Silvana Mangano« . Egalement contacté, Yul Brynner : ça ne l’intéresse pas , puis dit oui et De Laurentiis dit qu’il est trop cher – ce qui n’était pas le cas…

Dvd : 4 mai 2021 Cinéma : 31 août 1962 Réalisateur : Richard Fleischer Acteurs : Anthony Quinn, Silvana Mangano, Arthur Kennedy, Vittorio Gassman, Ernest Borgnine Durée : 97 minutes Langue : Anglais, Français  Sous-titres :  Français Studio  : Sidonis Calysta   L'histoire : Jésus et le voleur Barabbas sont condamnés à la crucifixion. Le peuple peut en libérer un. Barabbas est choisi et retrouve son quotidien avant d'être rattrapé par le doute et le remords... Film : Bonus : D’après le roman éponyme de Pär Lagerkvist, prix Nobel suédois (1950 ) Un film résolument en deux parties. La première se réfère au volet évangélique…
Le film
Les bonus

L’humanisme, la philosophie de l’homme, ses droits, sa raison d’être vis-à-vis des lois , c’est un péplum peu classique que Richard Fleischer exécute dans les grandes largeurs à une époque où les supers productions donnent de l’ampleur et de la vérité aux décors, noyés par des milliers de figurants. L’apparat n’enlève en rien le fond d’un récit biblique qui exalte la foi chrétienne ( le film en est totalement imprégné ) et lui attribue l’existence du fameux Barabbas qui aurait été libéré par le peuple romain, à la place de Jésus crucifié. Toute sa vie, des cachots aux jeux du cirque, le souvenir de la mort de cet homme va hanter le rebelle et le mener à repenser son existence. La réalisation à grande échelle s’inscrit dans une super production où des milliers de figurants mettent en  perspective la grandeur du cinéma. Elle est sublimée par Anthony Quinn dans le rôle-titre aux côtés de Vittorio Gassman, Arthur Kennedy, Jack Palance et Ernest Borgnine 3

AVIS BONUS Un excellent et complet documentaire la vie et l'oeuvre d'Anthony Quinn, suivi des avis de Bertrand Tavernier et Patrick Brion. Rien que du bon

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