Accueil » A la une » « Un Cri dans la nuit » de Fred Schepisi. Critique Blu-ray

« Un Cri dans la nuit » de Fred Schepisi. Critique Blu-ray

Synopsis: D’après des faits réels Dans l’outback australien en 1980 un bébé est enlevé par un dingo. C’est du moins la version de sa mère qui campait avec toute la famille, quand le chien sauvage aurait attaqué. La police met en doute sa parole, elle  est accusée d'infanticide.

La fiche du film

Le film : "Un Cri dans la nuit"
De : Fred Schepisi
Avec : Meryl Streep, Sam Neill
Sortie le : 17/06/1989
Distribution :
Durée : 120 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le Film
Le bonus
  • DVD . 04 Octobre 2022 . – 

Meryl Streep – Prix d’Interprétation, 42ème Festival de Cannes . Nommée à l’Oscar et aux Golden Globes de la Meilleur Actrice !

Sur le tournage: Sam Neill , en second plan assise Meryl Streep

 

 

Remettre en lumière ce fait divers retentissant (1980) vaut particulièrement pour l’écho médiatique qui pendant deux années va le polluer. Et pourrir la vie de toute une famille.

Quarante plus tard, cette même presse racoleuse, infectée par les réseaux sociaux, colporte toujours n’importe quoi sous prétexte d’audience et de concurrence.

Fred Schepisi  la montre ici  dans ses travers les plus ignobles, et à l’influence tout aussi désastreuse, sur les comportements humains.

 

Les Chamberlain sont donc coupables assure la rumeur qui parcourt la société australienne . Sans aucune preuve tangible, elle les condamne pour avoir sacrifié leur bébé de trois mois sur l’autel de la religion. Le couple est adventiste, Michael en est le représentant. Son épouse affirme que leur enfant a été enlevé par un chien sauvage, un dingo, dans le désert australien où ils campaient.

Très vite, instinctivement, la police met en doute sa version,  alors que les premiers éléments recueillis sur place confirment la thèse de l’enlèvement. Mais rien n’y fait . Au fur et à mesure des prises de position, des révélations plus ou moins avérées, les événements se retournent contre elle.

Vexés par un premier acquittement les policiers alimentent la bave des journalistes . Les Chamberlain retournent devant la justice.

Fred Schepisi aimerait freiner l’ardeur des uns et des autres, on le comprend, mais pleinement intègre , le réalisateur s’en tient aux faits . Ils parlent d’eux-mêmes et structurent sa mise en scène dès lors très classique et soignée.

Quelques apartés sont soigneusement répertoriés dans la scénographie, comme le reportage monté de façon subjective. Une immersion dans un studio TV où l’information subit le cours d’un montage manipulé. Elle renvoie l’écho de la salle de presse dans laquelle les journalistes suivent les débats du second procès .

L’ambiance y est folklorique ( on prend les paris ) , en contradiction avec les enjeux du tribunal.

Meryl Streep, froide et distante joue bien le jeu de la défense assumée quand son mari  (Sam Neil ) flanchera à plusieurs reprises, conscient de l’ébranlement de sa foi qu’il proclamait avec une telle conviction. Le lien marital sera maintes fois fragilisé par la haine, la bêtise et la méchanceté.

40 ans déjà  et rien n’a changé !….

Le Supplément

  • Entretien avec le réalisateur  (35 mn)- «  Je revenais de l’étranger quand j’ai été témoin du climat qui pourrissait les relations familiales quand le sujet était abordé, tout le monde avait une opinion, on ne parlait que de ça ».

Fred Schepisi refuse à plusieurs reprises la proposition d’une productrice Verity Lambert.. « J’avais peur de participé à l’hystérie collective en faisant un film , un script avait déjà été écrit, je l’ai quand même lu , il n’y allait pas par quatre chemins, alors j’ai dit voilà comment on va faire… »

Un souvenir qu’il évoque sur le tournage alors que Mme Chamberlain était encore en prison. « On a organisé une projection pour le couple à Sidney mais on ne savait pas encore ce qu’il allait advenir de la femme . C’était la première fois qu’ils avaient une vue d’ensemble sur ce qui leur était arrivé, et l’hostilité des gens . Ils étaient en pleurs. Le film témoignait ainsi bien de l’ampleur de la folie à laquelle ils ont dû faire face, et  de l’injustice criante de tous les Australiens  ».

DVD . 04 Octobre 2022 . -  Meryl Streep - Prix d'Interprétation, 42ème Festival de Cannes . Nommée à l’Oscar et aux Golden Globes de la Meilleur Actrice !     Remettre en lumière ce fait divers retentissant (1980) vaut particulièrement pour l’écho médiatique qui pendant deux années va le polluer. Et pourrir la vie de toute une famille. Quarante plus tard, cette même presse racoleuse, infectée par les réseaux sociaux, colporte toujours n’importe quoi sous prétexte d'audience et de concurrence. Fred Schepisi  la montre ici  dans ses travers les plus ignobles, et à l’influence tout aussi désastreuse, sur les…
Le Film
Le bonus

L’opinion publique manipulée par une presse racoleuse, et un fait divers tragique en devient crapoteux . En 1980 dans le désert australien , un bébé est enlevé par un chien sauvage. C’est du moins la version de la mère que la police va très vite soupçonner d’infanticide . Les insinuations, soupçons, et commérages vont alors s’abattre sur l’Australie et faire le lit de la haine à laquelle le couple va être confronté pendant plus de deux ans . En reprenant le fil de l’enquête, et ne s’en tenant qu’aux faits qui parlent d’eux même, Fred Schepisi montre du doigt cette presse à grand tirage indifférente à la détresse engendrée par leurs fausses nouvelles. 40 ans après les choses n’ont donc pas du tout changée, et sous l’influence néfaste des réseaux sociaux elles trouvent désormais un écho retentissant dans la désinformation organisée. Et non l’inverse comme le démontre encore le réalisateur dans ce film témoignage à la mise en scène classique et très soignée. Meryl Streep, froide et distante joue bien le jeu de la défense assumée quand son mari flanchera à plusieurs reprises, conscient de l’ébranlement de sa foi qu’il proclamait avec une telle conviction.

AVIS BONUS Une rencontre éclairante avec le réalisateur

User Rating: Be the first one !

Voir aussi

« Interdit aux chiens et aux Italiens » de Alain Ughetto. Critique cinéma

Comment dire à sa famille, je vous aime ! Grandissimo !

Laisser un commentaire