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« Un beau matin » de Mia Hansen-Løve. Critique cinéma

Léa Seydoux, Camille Leban Martins

Synopsis: Sandra, jeune mère qui élève seule sa fille, rend souvent visite à son père malade, Georg. Alors qu'elle s'engage avec sa famille dans un parcours du combattant pour le faire soigner, Sandra fait la rencontre de Clément, un ami perdu de vue depuis longtemps.

La fiche du film

Le film : "Un beau matin"
De : Mia Hansen-Løve
Avec : Léa Seydoux, Pascal Greggory
Sortie le : 05/10/2022
Distribution : Les Films du Losange
Durée : 112 Minutes
Genre : Drame, Romance
Type : Long-métrage
Le Film

Etrange et belle sensation à la sortie du film. Un parfum évanescent, une sensation hypnotique…

Les situations , jamais figées, ne vont jamais au bout de leur raison d’être. Les personnages sont tout juste profilés… Une humanité contenue où Mia Hansen-Løve nous dit que la vie se charge d’accorder leurs destinées diverses, parfois improbables les unes envers les autres et pourtant si nécessaires à leur bon équilibre.

Au récit classique, elle expose ainsi des séquences commentées à travers le regard d’une petite fille ( Camille Leban Martins, merveilleuse ) qui parle peu mais dit beaucoup. Sa maman l’élève seule et réussit à jongler avec ses caprices et un travail de traductrice, très prenant.

 

Quand l’amour frappe à sa porte qu’elle avait refermée depuis le décès de son mari. Il s’appelle Clément ( Melvil Poupaud, impeccable ! ), une vieille connaissance qui rajeunit au fil des rencontres que Sandra attise de toute sa passion quand son compagnon tente le compromis amoureux.

« Je ne sais pas s’il franchira cet océan, qui va de l’ami à l’amant », chantait Pierre Vassiliu auquel Mia Hansen-Løve préfère « Mon amant de Saint-Jean » entonnée dans l’Ephad où Georg le papa de Sandra a enfin trouvé le repos .

Mais pas la mémoire, ni ses repères, ou le plaisir de lire de ses années de professorat. Mais Georg fredonne malgré tout la complainte amoureuse qui fait pleurer Sandra.

Pascal Greggory est extraordinaire dans la peau d’un vieux monsieur qui perd la tête., Léa Seydoux, sa fille, l’accompagne sur le même tempo.

 

Le temps s’est inversé, le bonheur est capricieux. Mia Hansen-Løve le disperse au fil de sa mise en scène presque indifférente aux éléments qu’elle contient. Comme une indépendance proclamée pour chaque protagoniste au cœur d’un même élan.

Sandra, sa sœur et leur maman ( Nicole Garcia ) ont bataillé pendant des mois pour trouver au vieil homme son havre de paix . Elles ont chaviré de la même manière et puis se sont quittées. Sandra et Clément aussi. Ils se sont retrouvés. La roue n’a pas cessé de tourner nous dit encore la réalisatrice qui sait si bien, parler de la vie. Ce quelque chose d’évanescent, d’hypothétique …

Etrange et belle sensation à la sortie du film. Un parfum évanescent, une sensation hypnotique... Les situations , jamais figées, ne vont jamais au bout de leur raison d’être. Les personnages sont tout juste profilés... Une humanité contenue où Mia Hansen-Løve nous dit que la vie se charge d’accorder leurs destinées diverses, parfois improbables les unes envers les autres et pourtant si nécessaires à leur bon équilibre. Au récit classique, elle expose ainsi des séquences commentées à travers le regard d’une petite fille ( Camille Leban Martins, merveilleuse ) qui parle peu mais dit beaucoup. Sa maman l’élève seule et…
Le Film

C’est un mal généralisé, une dégénérescence progressive, la vie qui vous écharpe et vous rattrape in ex-extremis pour repartir vers ailleurs, plus profitable. Le film très concret de Mia Hansen-Løve, très réaliste, est une abstraction en soi , quand pour parler de l’intime et de la souffrance, de l’amour et d’indépendance,  elle rapporte des impressions évanescentes, filme des situations fugaces, des protagonistes jamais totalement définis. C’est un cinéma paradoxal où la légèreté cueille le malade au seuil de son mal être, où l’amant apaise la tension amoureuse, où l’enfance se joue des grandes personnes qui s’aiment . La roue ainsi ne cesse de tourner nous dit  la réalisatrice, qui sait si bien, parler de la vie. Ce quelque chose d’évanescent, si beau, si poétique, hypothétique aussi  …

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Comment dire à sa famille, je vous aime ! Grandissimo !

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