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« Empire of light » de Sam Mendes. Critique cinéma

1 mars 2023 en salle
120 mn
Avec Olivia Colman, Micheal Ward, Tom Brooke, Colin Firth

 

L’histoire : Hilary est responsable d’un cinéma dans une ville balnéaire anglaise . Sa santé mentale est fragile. Stephen un nouvel employé veut quitter cette petite ville où chaque jour peut se transformer en épreuve. En se rapprochant l’un de l’autre, ils vont apprendre à soigner leurs blessures grâce à la musique, au cinéma, aux sentiments …

  • Le Film

Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article

Après le  flamboyant « 1917 » inscrit dans le livre d’or du cinéma, Sam Mendes change radicalement de registre, une fois encore, mais conserve la tonicité de son regard, et la parole aussi profitable .

L’image est belle, dans un décor qui s’y prête, effectivement . Une ville de province au bord de la mer, de longues plages désertées, un ciel mitigé, et bas, entre le gris et pastel, comme les sentiments que l’on tait.

Sam Mendes les connait bien quand il rencontre Hilary dans son majestueux cinéma l’Empire, pourtant atteint lui aussi par la crise et les années Thatcher. Et un directeur retors que Colin Firth empoigne de façon magistrale.

On a fermé le restaurant, quelques salles et annexes. Seule la plus grande permet encore d’accueillir le public.

Un autre superbe décor, une autre ambiance. «  Il y a de la rumba dans l’air » mais Hilary veille au grain avec sa petite équipe bien sympathique. Olivia Colman, vibrante, émouvante au milieu de ces seconds rôles, extraordinaires.

Des temps de pause où Hilary découvre qu’elle a aussi une famille

 

Elle dit que Norman, le projectionniste ( Toby Jones )  est maniaque, mais quel bonhomme ! Et Janine, alors (Hannah Onslow) l’ouvreuse rock’n roll comme il faut, quand débarque le nouveau, Stephen, en attente d’une admission à la faculté.

Janine le remarque très vite ( « il est canon » ) , mais Hilary aussi regarde d’un œil enamouré ce jeune beau black, réservé, mystérieux. Il n’y aura pas de compétition entre les deux femmes, pour un même homme qui sait que chaque jour sa vie est remise en jeu. Micheal Ward, tout en retenue, finement porté par son personnage.

Les années quatre-vingt, les années Thatcher, les skinheads, Sam Mendes tend une fresque historique entre ces deux êtres qui souffrent dans leur silence, qui vont se rapprocher, conjuguer leur existence sous la même bannière, malgré les apparences.

« C’était joli autrefois » dit  la responsable des lieux,  » ça l’est toujours » répond Stephen qui découvre le paradis que fut autrefois l’établissement cinématographique.

 

Une grammaire sentimentale au temps présent de l’amour et du cinéma.  Belle pirouette scénaristique de la part d’un réalisateur, auteur de ce palpitant récit pleinement reconnaissant au septième art qu’il parcourt à son tour, émerveillé.

Les travées, les talons d’une billetterie achevée, la salle de projection et sa machinerie magique, où Stephen va aussi découvrir la vie. Aux côtés d’Hillary qui à ce jour n’avait jamais eu le temps de voir les films programmés.

Le cinéma tel un compagnon , qui vous change les idées et le cœur. Un petit rayon lumineux vous conduit à la vie. Ca fait rêver …

1 mars 2023 en salle 120 mn Avec Olivia Colman, Micheal Ward, Tom Brooke, Colin Firth   L'histoire : Hilary est responsable d’un cinéma dans une ville balnéaire anglaise . Sa santé mentale est fragile. Stephen un nouvel employé veut quitter cette petite ville où chaque jour peut se transformer en épreuve. En se rapprochant l’un de l’autre, ils vont apprendre à soigner leurs blessures grâce à la musique, au cinéma, aux sentiments … Le Film :  Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article Après le  flamboyant « 1917 » inscrit dans le livre d’or du cinéma, Sam Mendes…
Le Film

Une femme responsable d’un superbe cinéma sur la côte anglaise se prend d’une affection particulière pour le jeune beau black qui vient d’être embauché. Au-delà des sentiments, l’attirance est réciproque, et deux êtres alors rapprochent leur solitude et leur douleur secrète. Les années quatre-vingt, les années Thatcher, les skinheads, Sam Mendes tend une fresque historique au cœur du septième art où l’intolérance, le racisme se heurtent aux sentiments les plus extrêmes. Olivia Colman et Michael Ward sont admirables dans un casting qui même dans les seconds et troisièmes rôles, offre des personnages extraordinaires de bonté, d’amour, de suffisance, de lâcheté. C’est la vie, c’est le cinéma.

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Un commentaire

  1. Quel bel architecture Art Déco que ce Cinéma « The Empire »offre comme lieu de tournage.
    Tellement désuet et tellement moderne à la fois dans une ville au faste perdu, il nous fait rêver avec la cabine de tournage à l’ancienne, l’ancienne salle de bal où se nichent les pigeons et les âmes en perdition.
    Survie d’un lieu mythique grâce à une équipe hétéroclite mais soudée que l’arrivée d’un nouveau va émoustiller.
    La crise sous Thatcher en toile de fond,remet le racisme au goût du jour , le machisme du directeur , la maladie mentale de Hilary (Exceptionnelle actrice) nous font revenir à la réalité, avec la délicatesse du réalisateur.
    La mélancolie un peu ennuyeuse m’a tout de même atteinte mais dans une brume délicieuse

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