- 1 heure et 46 minutes

- Dvd : 17 juillet 2026
- 18 septembre 1985 en salle
- Acteurs : André Dussollier, Dominique Lavanant, Michel Boujenah, Philippine Leroy-Beaulieu, Roland Giraud
- Langue : Français (Dolby Digital 2.0 Mono)
- Studio : Rimini Editions
L’histoire : Pierre, Jacques et Michel sont co-locataires dans un luxueux appartement . Stewart, absent trois semaines, Jacques leur laisse un message : « Un copain déposera un colis et passera le reprendre plus tard…» . Surprise : c’est un couffin avec sa propriétaire bien mignonette . Stupeur renouvelée, un autre paquet débarque dans l’aventure. Malfrats, policiers, s’y intéressent, et participent au charivari de nos nourrices improvisées.
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article
D’un fait de société des années quatre-vingt, ce film devenu culte, prend aujourd’hui une dimension quasi ethnologique, quant au comportement de l’anthropoïde de l’époque.
Trois célibataires libres et insouciants.se retrouvent du jour au lendemain en charge d’un nourrisson dont ils ne savent quoi faire. Ils ignorent tout de l’art de la tétine et de la couche culotte et découvrent les nuits blanches, et les pleurs inconsolables …
Maillon faible d’un système paternaliste bien ancré, Pierre, Jacques et Michel revendiquent d’emblée leur statut machiste, avant d’abdiquer devant l’évidence. Le bébé dans les bras pour plusieurs jours, il va falloir faire avec.
Commence alors un ballet plus ou moins drôle, voire comique , où les prises de bec et les coups de gueules ébranlent une amitié qui pour se fissurer un brin, fait place à une paternité collective.
Le trio s’attache à la petite Marie, s’inquiète d’un sommeil si profond et mesure avec précision, le lait maternel « premier âge », s’il vous plaît, nécessaire à sa bonne constitution. Les petits pots bébés trop chauds, je ne vous en parle même pas..
Pères attentifs, préoccupés, c’est à peine s’ils tendent d’éclaircir la présence de jeunes gens venus récupérer « le second paquet » à leur domicile. Leur copain Jacques, Stewart, en vol pour trois semaines, les avaient bien prévenus.
Méprise, imbroglio, traqués par la police et des malfrats …, on imagine Coline Serreau en quête d’un alibi personnel à son scénario, justificatif sérieux du sujet qui prend la tangente du film policier.
La réalisatrice réussit alors plusieurs pirouettes amusantes, édifiantes, pour retomber sur ses jambes et offrir à sa réflexion, la somme nécessaire d’éléments concordants pour sa réussite. Ce qui fut à l’époque , au-delà de toutes les espérances , révélant les failles d’un système patriarcal, controversé, mais indéboulonnable.
Si aujourd’hui la fibre paternelle a suivi l’ascendant du courant féministe qui l’inspire, elle n’en demeure pas moins sujette aux variations sociologiques de nos comportements. Ce petit coup de rappel de Coline Serreau, … quarante plus tard, nous alerte tout autant. Avec humour et fantaisie.

LES SUPPLEMENTS
- Brigitte Rollet . Enseignante-chercheuse ( 29 mn ) -Spécialiste des questions de genre et de sexualité au cinéma et à la télévision, elle relève dans la filmographie de Coline Serreau, « des postures de révolte par rapport à la société de consommation .Pas seulement des indignations, mais des causes de révolte ».
« La maternité peut-être un facteur d’accélération du féminisme , et de la parentalité. Ce qui est très réussi dans le film c’est que la mère n’y est pas . C’est un film féminisme sans femme ».
Un paradoxe très vite démonté dans une œuvre élevée au rang désormais de film culte, et que Brigitte Rollet reprend quasiment point par point, en soulignant son succès grandissant et inattendu . Au point qu’à la Cérémonie des Césars, Coline Serreau est absente. Elle joue au théâtre à côté où on va la déloger pour qu’elle reçoive ses récompenses.
- L’équipe prend la parole ( 25 mn ) – Chacun raconte sa petite histoire autour de son arrivée sur le plateau , en rappelant qu’à l’origine Guy Bedos et Daniel Auteuil étaient retenus. Le troisième n’était pas choisi.
André Dussollier , « je sortais de « L’amour à mort » d’Alain Resnais , je n’avais jamais fait de comédie , je n’ai pas lu le scénario jusqu’au bout , j’étais convaincu… »
Anecdotes de tournage, commentaires sur le sujet du film assez particulier à l’époque « une prise de conscience pour les hommes » relève Coline Serreau dont les comédiens parlent avec beaucoup de respect . « Un chef d’orchestre très précis sur les scènes de comédie, contre des scènes plus sentimentale où j’avais l’impression d’un tête à tête » (André Dussollier)
Le film
Les bonus
C’est un film culte, pour son époque, mais nullement retentissant aujourd’hui dans l’attendue du message alors diffusé sur la relation paternelle . Maillon faible d’un système paternaliste bien ancrée, nos trois célibataires revendiquent avant tout leur statut machiste.
Un bébé sur les bras dont ils ne savent quoi faire, dans un univers maternel dont ils ignorent tout. Il va donc falloir faire l’apprentissage de tout ce remue-ménage féminin , gérer couche-culotte et biberon stérilisé, nuits sans sommeil et première dent douloureuse.
Inconsciemment une paternité collective se met en place et Coline Serreau resserre les liens de la fraternité masculine quand l’heure est au et à l’émerveillement.
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Si aujourd’hui la fibre paternelle a pris l’ascendant sur le courant féministe qui l’inspire, doit-on attendre quelque chose de nouveau de cet agréable divertissement ?
Ce fait de société des années quatre-vingts prend aujourd’hui une dimension quasi ethnologique, quant au comportement de l’anthropoïde de l’époque. Tout en demeurant vigilant sur les variations sociologiques de nos comportements.
AVIS BONUS
L'équipe retrouve ses souvenirs, une spécialiste reprend le thème de la paternité vis à vis du courant féministe

