- 1 heure et 50 minutes

- Dvd : 8 juillet 2026
- 4 mars 2026
- Acteurs : Eye Haïdara, Karin Viard, Laetitia Dosch, Oulaya Amamra, Pierre Deladonchamps
- Langue : Français
- Studio : Pathé
L’histoire : À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance.
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article
C’est risqué de vouloir convaincre sur un sujet humain, très sensible, dont l’urgence augmente un peu plus chaque jour, sans forcer la dose ou faire acte de militantisme.
Ajoutez à cette prévention, le fait d’un premier film. Alors la couronne revient alors immanquablement à Mélisa Godet dont l’immersion dans La Maison des femmes de Saint-Denis, documente puissamment la fiction qu’elle signe tout aussi brillamment.
Si bien porté à mon avis que les comédiennes qui endossent les blouses médicales ( infirmières, médecins, sage-femme … ) se fondent très rapidement dans cette mission, cet appel à l’aide.

Un travail sans relâche, à l’écoute permanente auprès de femmes , jeunes ou pas, victime de la violence des hommes . Elle est multiple , aux conséquences souvent irréparables. Ca se soigne malgré tout , de la cicatrisation du mal à son règlement administratif.
Une carte de séjour, des papiers officiels, un hébergement, provisoire ou pas, les soignants sont de tous les instants , même si l’inspection des « bœuf- carottes de la Santé » (IGAS *) vient quelques peu freiner leurs ardeurs. Laurent Stocker est implacable ..
Effet boomerang , la faiblesse structurelle des lieux, le manque de moyens et de personnel, va les dynamiter encore un peu plus.
Malgré les coups de fatigue, de blues, de stress, et les répercussions sur la vie familiale, intime, privée. C’est principalement le personnage de Laetitia Dosch qui encaisse le plus.
La comédienne parait vraiment à bout , comme elle assume totalement l’engagement de sa fonction si bien portée qu’elle se confond avec la réalité du lieu.
Eye Haïdara, Karin Viard, Oulaya Amamra, Julie Armanet, ses collègues sont de la même trempe, déterminées, incisives auprès du seul homme de la partition : le psychologue joué par Pierre Deladonchamps . Une patiente lui fera le reproche de n’être pas à sa place « un homme psy pour des femmes détruites par des hommes ».
Sa réponse est éloquente sur le sens général de son action , un citoyen, portant l’un des messages forts du film . Les hommes ont aussi leur place dans La Maison des femmes.
IGAS * Inspection générale interministérielle du secteur social

LES SUPPLEMENTS
- « La maison des femmes-Acte 1 » . Ecrit et réalisé par Adèle Javaux-Thiriet ( 45 mn )- Du making of aux impressions de l’équipe, c’est un panorama exhaustif d’un projet puissant, et engageant.
On nous parle de l’esprit d’un tel établissement, ses choix, ses propositions sur un parcours de soin. « Et pour tout ça, il faut un lieu ». Les problèmes humains et structurels largement évoqués dans le film le sont aussi dans ce chapitre.
« Au départ le personnage du film portait mon nom, mais trop intrusif (… ) je trouvais déstabilisant que l’on vienne raconter un bout de ma vie » Gada Hatemn gynécologue obstréticienne, fondatrice de La Maison des femmes ( photo)
Toute l’équipe du film prend la parole , comédiennes, technicien(ne)s , et la réalisatrice qui espère que son film aura des vertus pédagogiques.
- Entretien avec l’équipe du film ( 30 mn )
Karin Viard « Il fallait que ce soit bien tourné, pas dégoulinant de sentiments, pas que ce soit un film de femmes . ( … ) C’est un combat que l’on ne peut mener qu’avec les hommes , seules les femmes, on y arrivera pas . Les hommes vont nous aide à éradiquer définitivement cette violence ».
Eye Haïdara : « j’ai aimé le regard qu’elle portait sur cette Maison des femmes, j’en connaissais l’existence »
Oulaya Amamra « on n’a pas pu investir totalement les lieux, impossible d’arrêter l’activité, mais on a pu poser de nombreuses questions aux soignantes . Elles nous ont répondu avec générosité . (… ) Désormais je sais que ce lieu existe, je vais plus prêter l’oreille à mes voisines, être plus en alerte ».

Julie Armanet « il est tellement généreux ce film que tout le monde peut entrer dedans sans faire un acte militant, c’est plus un film politique que militant … »
Laetitia Dosch « mon grand souci c’était d’arriver à écouter comme les soignantes écoutent, et ne pas se laisser embarquer par ses émotions . Les femmes qui viennent ce sont des victimes, mais elles ont une force, une patate d’enfer ».
Gada Hatemn .« Un enjeu terrible pour moi de faire confiance à des gens que je ne connaissais pas, dont c’était le premier film, j’avais peur qu’il soit trop voyeur ce qu’il n’est pas avec son message d’espoir. On peut s’en sortir il y a des gens qui sont là pour ça ».
Le film
Les bonus
Pour son premier long métrage, Mélisa Godet s'est inspirée de l'histoire réelle de la Maison des femmes de Saint-Denis (F) qui accueille et soutient les femmes victimes de violence et de l'excision. D’autres établissements existent en France, avec des directions particulières, mais toujours dans le sens du message que le film produit, autour de la confiance et de l’espoir que suscite un tel mouvement.
Si bien porté à mon avis que les comédiennes qui endossent les blouses médicales ( infirmières, médecins, sage-femme … ) se fondent très rapidement dans ce qui apparait comme une mission, un appel à l’aide.
A l’intention des femmes victimes, c’est une évidence et de l’institution qui ici est en péril. Manque de moyens, d’argent, de personnel, un cas clinique pourrait-on dire, en écho à la situation hospitalière française qui tarde à prendre le taureau par les cornes. Contrairement au personnel de Saint-Denis, joliment relayé par Laetitia Dosch, Karin Viard et Eye Haïdara qui participent totalement à cette fiction puissamment documentée.
AVIS BONUS
Un making of plein de commentaires et de scènes « sur le vif » et le point de vue des comédiennes, tout est bon à voir et à entendre
