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« Tout va bien » d’Alejandro Fernández Almendras. Critique cinéma

Synopsis: La plage et les fêtes entre amis rythment l’été de Vicente qui savoure la vie avec insouciance. Une nuit alcoolisée change la donne. Vicente expérimente avec amertume le poids du pouvoir et de la manipulation.

La fiche du film

Le film : "Tout va bien"
De : Alejandro Fernández Almendras
Avec : Agustín Silva, Paulina García
Sortie le : 21/09/2016
Distribution : Arizona Films
Durée : 95 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film
  • «  Réfléchir, c’est le début de la fin » dit l’avocat …

Le cinéma chilien revient sur les années Pinochet,  de manière, indirecte, détournée, voire allégorique comme cet accident à priori mineur au point que Vicente qui vient juste de rendre le volant à son propriétaire ne s’est aperçu de rien. Encore sous l’effet d’une nuit bien arrosée, il flirte maintenant à l’arrière du véhicule où tous ses amis d’un soir prennent rapidement le pouls de la situation.

« On a fait une boulette » dit l’un d’entre eux dans un gentil euphémisme qui sied tout à fait à ces enfants de la bonne société chilienne. Vicente n’en fait pas vraiment partie. C’est pourquoi la boulette en question lui revient à la face quand la petite communauté s’associe pour le désigner comme le responsable de l’accident.

Ce qu’il nie farouchement, on le comprend, devient la pièce maîtresse d’une enquête aussi bien menée par la justice que par les proches des intéressés. Dont l’avocat ami de sa mère qui plutôt que de mêler ses pas dans ceux des policiers et des accusateurs, autopsie tous les éléments d’un dossier parfaitement constitué derrière la caméra d’Alejandro Fernández Almendras.

L'avocat adverse raconte sur une plage paradisiaque comment il travaillait à l'époque de Pinochet. Ses méthodes n'ont semble-t-il pas changé...
L’avocat adverse raconte à Vicente sur une plage paradisiaque comment il travaillait à l’époque de Pinochet. Ses méthodes n’ont semble-t-il pas changé…

Mais l’homme de loi ne fait pas le poids pas face à ses adversaires. Encore moins sa mère qui l’accompagne jusqu’au bout ( Paulina García) .De l’autre côté de la barre, la puissance du papa sénateur est sans égale dans ce monde encore fortement marqué par l’empreinte de Pinochet. On rappelle ses méthodes lors d’une scène mémorable sur une plage, où l’avocat mafieux de cette famille intraitable explique bien des choses à Vicente. C’est un peu appuyé, mais l’allégorie couronne un raisonnement cinématographique parfaitement agencé tout au long des expertises et interrogatoires aux cours desquels, face aux doutes du coupable désigné, à ses atermoiements et contradictions, ses amis d’un soir font bloc avec un culot et un sang-froid qui le désarçonnent complètement.

C’est peut-être l’attitude de sa copine d’un moment qui le déstabilise le plus, fuyante et provocante, balayant ses dernières illusions sur la famille qu’il n’aura jamais. Le constat est terrible pour ce dilettante enfermé dans un étau qui se resserre sans discontinuer sous les coups de boutoirs de ses nouveaux ennemis et d’une caméra bien attentive, mais presque neutre tant le combat est évident, inégal, inéluctable.

Vicente ( Agustín Silva) entre l'oncle Julio ( Alejandro Goic) et sa mère (
Vicente ( Agustín Silva) entre l’oncle Julio ( Alejandro Goic) et sa mère ( Paulina Garcia )

Magouilles et faux témoignages s’accumulent devant sa résignation à dire une vérité que personne ne veut plus entendre. Il n’est pas coupable, on le sait, mais l’histoire a été écrite différemment.

 

«  Réfléchir, c’est le début de la fin » dit l’avocat … Le cinéma chilien revient sur les années Pinochet,  de manière, indirecte, détournée, voire allégorique comme cet accident à priori mineur au point que Vicente qui vient juste de rendre le volant à son propriétaire ne s’est aperçu de rien. Encore sous l’effet d’une nuit bien arrosée, il flirte maintenant à l’arrière du véhicule où tous ses amis d’un soir prennent rapidement le pouls de la situation. « On a fait une boulette » dit l’un d’entre eux dans un gentil euphémisme qui sied tout à fait à ces enfants de la…
Le film

Il y a beaucoup de références et de repères dans ce récit que le réalisateur malmène joliment en biaisant d’emblée les véritables données de l’enjeu. Responsable d’un accident de la circulation, un jeune homme de la bonne société chilienne accuse un ami de rencontre d’être à l’origine du sinistre. Vicente voit alors sa vie basculer tranquillement, mais tragiquement vers des abîmes qu’il ignorait totalement. Magouilles et faux témoignages s’accumulent devant sa résignation à dire une vérité que ne personne ne veut entendre, tandis que la caméra enregistre avec une quasi bienveillance (et c’est d’autant plus redoutable) les errements de l’enquête. Un ami de la famille de Vicente va tenter de l’autopsier mais ce qu’il y décèle confirme que la collusion du pouvoir et de l’argent, héritage d’un passé dictatorial encore puissant va freiner les ardeurs d’une vérité sans lendemain

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