LES SUPPLEMENTS
- Entretien avec Peter Bogdanovich (13 mn). Le réalisateur parle de sa conception du métier et revient sur sa méthode de travail à travers ce film.

« J’avais une renommée clandestine auprès des cinéphiles, et ce film a tout changé » dit-il en épelant tout ce qu’il a appris auprès des plus grands avec qui il a travaillé, Hitchcock, Ford « qui mettait la main sur l’objectif et disait ça suffit », Welles, Hawks dont il a retenu une leçon primordiale : « il fallait toujours couper sur un mouvement pour un montage invisible ».
L’avantage de tourner sur place avec des acteurs peu ou pas connus ? quelque chose de brut, d’immédiat, « j’avais là l’exemple de Otto Preminger. (…) Et ainsi ils ont pu vraiment former une équipe car le soir ils se retrouvaient dans le même hôtel ».

« Le montage ne m’intéresse pas, j’ai déjà monté le film en le tournant »
Les critiques ? « mon assistant ne me ramène que les bonnes, quand quelqu’un vous tire dessus vous ne regardez pas le type d’arme qu’il utilise ».
- . « The last Picture show : souvenirs de tournage ». (1999 – Couleurs et N&B – 65 mn). Laurent Bouzereau donne la parole aux acteurs du film et à son maître d’œuvre. Chacun évoque ses souvenirs…
Par rapport au roman il a fallu « faire le tri dans les personnages, revoir certaines scènes, en supprimer, mais les dialogues reproduisent pour une bonne part ceux du livre ».La bande-son très présente. « On n’a pas utilisé de titres postérieurs au film, j’étais très à cheval là-dessus ».

Ellen Burstyn explique comment elle est arrivée dans l’histoire malgré les craintes du producteur qui voulait absolument lui faire faire un essai. A l’origine elle était pressentie pour jouer la serveuse du café, comme quoi d’un rôle à l’autre on peut changer de monture.
Elle raconte aussi la scène du retour de Jacy quand elle comprend que sa propre fille était avec son amant. « Il m’a fallu prendre huit expressions différentes sans aucun dialogue, ni réplique » dit-elle et s’étonne auprès de Bogdanovitch qui lui conseille alors : « fais le vide dans ton esprit, joue le personnage, la caméra captera … ».
Un réalisateur qui explique beaucoup de scènes dont celle de la bagarre entre les deux copains. Intéressant à suivre la manière dont il l’a conduite. Sa conclusion : « c’est dur de faire un mauvais film quand vous avez d’aussi bons acteurs ».