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« Quand passent les cigognes » de Mikhail Kalatozov. Critique cinéma

Synopsis: Moscou, 1941. Veronika et Boris sont éperdument amoureux. Mais lorsque l’Allemagne envahit la Russie, Boris part sur le front. Mark, son cousin, évite l’enrôlement et reste auprès de Veronika qu’il convoite. Dans le chaos de la guerre, elle va lui succomber. Mais espérant retrouver Boris, Véronika s’engage comme infirmière dans un hôpital de Sibérie.

La fiche du film

Le film : "Quand passent les cigognes"
De : Mikhail Kalatozov
Avec : Tatiana Samoilova, Aleksey Batalov
Sortie le : 30/10/2019
Distribution : Potemkine Films
Durée : 97 Minutes
Genre : Drame, Guerre, Romance
Type : Long-métrage
Le film

Cette œuvre rapportée quelques années après la mort de Staline, alors que le septième art soviétique est au plus mal, apparait comme une sublime pièce de musée.

Elle nous parle de la bataille annoncée aux portes de Stalingrad entre l’armée du peuple et les nazis . Elle ne nous montre rien du conflit sinon quelques soldats encerclés par les allemands. Ils tentent une percée.

Boris est parmi eux. Il a quitté Veronika pour s’engager. La jeune femme n’a plus de nouvelles quand les bombes s’abattent sur Moscou . Le plan du désastre souligné par les photos de l’appartement familial détruit est édifiant.

Stylistiquement dans l’épure, le cinéma de Mikhail Kalatozov est traversé par de multiples courants, chaque fois éloquents, jamais pesants.

Expressionnisme ravageur pendant l’attaque aérienne au cours de laquelle Mark le cousin de Boris déclare sa flamme à Veronika. Elle se refuse et l’affrontement qui s’en suit relève d’une chorégraphie qui rythme encore aujourd’hui les pas de nos danseurs .

Boris et Stepan, inséparables amis vont s’engager et Veronika ne le sait pas encore

Symbolisme éclatant dans la mort aperçue du héros, ce qu’il en voit et ce qu’il en ressent. Kalatozov pose là encore quelques indices sans énumérer les conséquences. Elles sont à l’arrière du front, dans la marge de son récit, dans l’hôpital où le père de Boris, chirurgien opère au côté de Veronika, infirmière volontaire.

Cette vue de l’esprit et de la romance, le cinéaste la transcende dans ce mélodrame amoureux et tragique où la belle va sombrer, avant de triompher.

A l’image de l’armée soviétique dont on nous rapporte faits et méfaits, sans l’exaltation coutumière à ce genre de cérémonie.

Même son retour triomphal sur le quai des gares ne suscite qu’une liesse bien compréhensible. Désemparée face à une telle foule, paradoxe du vide et de l’absence, Veronika va très vite rejoindre ce mouvement populaire qui veut que l’Union soviétique ne s’arrête pas en si bon chemin.

Un élan patriotique plus suggéré que martelé. Kalatozov va faire école !

1958 Palme d'or au festival de Cannes. - D'après l'oeuvre éponyme de Viktor Rozov . - Cette œuvre rapportée quelques années après la mort de Staline, alors que le septième art soviétique est au plus mal, apparait comme une sublime pièce de musée. Elle nous parle de la bataille annoncée aux portes de Stalingrad entre l’armée du peuple et les nazis . Elle ne nous montre rien du conflit sinon quelques soldats encerclés par les allemands. Ils tentent une percée. https://www.youtube.com/watch?v=hJv4OiDhuZI Boris est parmi eux. Il a quitté Veronika pour s’engager. La jeune femme n’a plus de nouvelles quand les bombes…
Le film

Ce film a 60 ans, et porte en lui toutes les qualités que l’on retrouve ensuite dans le cinéma du monde entier. Pour la manièred’exprimer sans rabâcher , de suggérer au lieu de marteler, et de filmer avec délicatesse des situations dramatiques. Stylistiquement dans l’épure, le cinéma de Mikhail Kalatozov est traversé par de multiples courants, chaque fois éloquents, jamais pesants. Expressionniste, symbolique, mélodramatique, Mikhail Kalatozov transcende le monde appelé à nourrir un récit qui parle de la guerre, et la montre si peu. Cette guerre qui va séparer deux amants, et les désunir totalement quand les hommes en ont décidé autrement. Il est question de lâcheté, mais aussi de détermination et de volonté, sans l’exaltation coutumière à ce genre de film historique où les destins individuels confondus dans des élans patriotiques donnent un véritable sens à la collectivité. En 1958, Staline était mort depuis cinq ans, le cinéma russe retrouvait une seconde jeunesse.

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