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« Nous les Intranquilles » de Nicolas Contant. Critique cinéma

Synopsis: Nous, les intranquilles commence au centre d’accueil psychothérapeutique Artaud. Le groupe cinéma du centre raconte la maladie, la thérapie, leur rapport au monde. Après un premier geste documentaire, le film devient participatif et met en scène son élaboration en collectif. Les personnages cherchent à donner une image humaine de la folie. Ils s’amusent des idées reçues pour mieux les subvertir.

La fiche du film

Le film : "Nous, les intranquilles"
De : Nicolas Contant
Avec :
Sortie le : 02/05/2018
Distribution : Esperanza Productions
Durée : 82 Minutes
Genre : Documentaire
Type : Long-métrage
Le documentaire

« On juge du degré de civilisation d’une société à la façon dont elle traite ses fous ». Lucien Bonnafé.

Il est difficile de situer ce documentaire qui dévoilait il y a déjà quelques années le fonctionnement d’un lieu psychiatrique – le Centre Antonin-Artaud de Reims- avec ses particularismes et son opposition à une hospitalisation systématique. L’hôpital est décrié pour son abêtissement et son fonctionnement archaïque.

Mais celui de la structure rémoise (pas de blouse blanche, ni pyjama, et des médicaments au cas où…) demeure dans cette immersion une énigme, si ce n’est un état d’esprit résolument ouvert et une participation active de ses pensionnaires.

Le plus bel exemple étant ce documentaire auquel ils participent activement. L’intention est louable, et sous la conduite d’un professionnel de la caméra, Nicolas Contant, le résultat ne manque pas d’intérêt. Il faut simplement supporter des approximations dans le cadre, un son parfois brouillon, une technique aléatoire.

Loin de la limpidité d’un Depardon dans un lieu aussi peu conventionnel (Laborde, près de Blois), « Les Intranquilles » revendique la mise en forme d’un projet thérapeutique et artistique (la réalisation du documentaire) où les problèmes sont abordés de manière différente.

Plus généralement ce sont des prises de parole, une parodie très drôle d’une conférence de presse cagoulée, ou une manifestation dans les rues de Reims avec pancartes et calicots. Comme un carnaval utile. Une autre image de la folie s’impose sans forcément ici la comprendre.

Le genre d’image où la volonté esthétique tente d’expliquer la maladie, mais participe plutôt à l’élaboration d’une « mise en scène » confuse…

La nature des maladies demeure pour le béotien un mystère auquel s’ajoute le comportement des patients. Je les ai trouvés dans l’ensemble plutôt en bonne forme, et c’est tant mieux, tant on les voit s’activer sur différentes plateformes. Ils se confient et analysent leur névrose avec un bon sens qui parfois prête à sourire.

Ce qui les amène à réfléchir sur la valeur de l’institution psychiatrique qu’ils veulent « humaine avant tout ». Au plus près les uns des autres. C’est la grande vérité de ce film.

« On juge du degré de civilisation d’une société à la façon dont elle traite ses fous ». Lucien Bonnafé. Il est difficile de situer ce documentaire qui dévoilait il y a déjà quelques années le fonctionnement d’un lieu psychiatrique – le Centre Antonin-Artaud de Reims- avec ses particularismes et son opposition à une hospitalisation systématique. L’hôpital est décrié pour son abêtissement et son fonctionnement archaïque. Mais celui de la structure rémoise (pas de blouse blanche, ni pyjama, et des médicaments au cas où…) demeure dans cette immersion une énigme, si ce n’est un état d’esprit résolument ouvert et une participation active…
Le documentaire

Ce film réalisé au Centre Antonin-Artaud de Reims, il y a quelques années avec la complicité thérapeutique de ses pensionnaires entend porter un regard humain, sur la folie en répertoriant d’autres pistes pour la soigner. C’est au cours d’ateliers, de prises de paroles ou d’activités particulières (comme la réalisation de ce documentaire) que la réflexion donne le ton d’une prise de conscience sur le sort réservé aux fous dans notre société. Les malades l’intègrent très vite dans leur quotidien où le pyjama et la blouse blanche de l’infirmier sont proscrits. Le médicament est lui aussi prescrit à petite dose. Une autre image de leur folie s’impose sans forcément la comprendre. La nature des maladies demeure pour le béotien un mystère auquel le comportement des patients ne répond pas. Ils se confient et analysent leur névrose avec un bon sens qui parfois prête à sourire. Mais on ressort de ce documentaire un peu déboussolé par le choc esthétique qu’il provoque face à sa démarche thérapeutique évidente. Comme de la confusion …

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