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« Nebraska » de Alexander Payne. Critique dvd

Synopsis: Un vieil homme, persuadé qu’il a gagné le gros lot à un improbable tirage au sort par correspondance, cherche à rejoindre le Nebraska pour y recevoir son gain, à pied puisqu'il ne peut plus conduire. Un de ses deux fils se décide finalement à emmener son père en voiture chercher ce chèque auquel personne ne croit. Pendant le voyage, le vieillard se blesse et l’équipée fait une étape forcée dans une petite ville perdue du Nebraska qui s'avère être le lieu où le père a grandi. C'est ici que tout dérape. Rassurez-vous, c’est une comédie !

La fiche du DVD / Blu-Ray

Le film : "Nebraska"
De : Alexander Payne
Avec : Bruce Dern, Will Forte, June Squibb, Bob Odenkirk, Stacy Keach
Sortie le : 20 août 2014
Distribution : Diaphana
Durée : 110 minutes
Film classé : Tous publics
Nombre de DVD / Blu-Ray : 1
Le film
Le bonus

Meilleur dvd Aout 2014 ( 4 ème )

Le noir et blanc – très en vogue en ce momentest ici l’esprit du film, son moteur, son réel support. Il se fond dans cette histoire de père et fils qui vont , sinon se retrouver, tenter de se comprendre un peu mieux, en allant récolter un gros lot qui n’existe pas.

Mais dans la tête de Woody, le doute n’est pas permis et après bien des atermoiements, le fiston l’accompagne jusqu’à Lincoln, jusqu’au bout de ses illusions. De son rêve plus exactement, car le vieux bonhomme , usé, fatigué , s’engage  « à l’aveugle » dans cette aventure, aussi épique qu’émouvante.

On voit le road movie venir, mais Alexander Payne opte pour un autre genre qui emprunte au périple automobile son prétexte, en jetant un coup d’œil dans le rétroviseur pour nous faire partager ce que fut la vie de son héros. Un scénario ad-hoc le révèle à travers le regard de ses anciens compagnons, de sa famille aussi, où il s’arrête un jour avant de gagner la ville miracle. Je vous laisse les retournements de situation, et les conséquences inattendues de son « mensonge » pour mieux m’attarder sur la galerie de portraits que Payne accrochent de très belle manière.

photo-Nebraska-2013-1

C’est le début hallucinant et merveilleux d’un album photos que l’on pourrait passer en revue, les unes après les autres: chaque cadre mérite le détour. A commencer bien évidemment par le héros du jour que joue avec maestria  Bruce Dern. Visage buriné, dos vouté, c’est le chieur parfait, têtu et si attachant dans sa quête  du Graal. Sa femme qui n’arrête pas de lui crier dessus est du même acabit, vraie langue de vipère qui déblatère sur tout ce qui bouge. C’est June Squibb, dont on se demande si elle force le trait pour donner une telle consistance à son personnage.

Celui d’Alexander Payne n’est jamais grossier. Son esquisse est subtile, ironique, ou cynique. Il mélange parfois les genres pour donner encore plus d’allant à une mise en scène qui pose la juste lumière sur tous les personnages perdus dans une Amérique elle-même peu enclin à l’optimisme. Un sentiment accentué par le ressentiment des protagonistes espérant toucher une part du pactole. L’âme humaine n’est pas souvent très belle, mais ici, d’un noir profond, elle confine à la bêtise, et  à la méchanceté. Et pourtant on en sourit, car le vieux monsieur va leur tirer la langue…

  • Making of (30 mn) . Des entretiens avec l’équipe du film. Ca manque de véritables scènes de tournage. On voit alors plutôt le réalisateur indiquer des lignes de conduite. Producteurs, scénariste, réalisateur, racontent comment le film a pu voir le jour, l’idée du pardon comme thème majeur, de la relation tardive entre le  père-fils …

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Le choix de Bruce Dern, a semblé évident autour d’une centaine de comédiens. Et  malgré son âge, c’est  son premier grand rôle au cinéma.  Celui de Will Forte, un comique dans un contre-emploi, …on vous explique la manière dont ils ont été recrutés.« Alexander Payne  aime les acteurs, ce n’est pas toujours le cas «  dit June Squibb (la femme de Bruce dans le film) rappelant au passage que le réalisateur est un ancien acteur lui-même.

« Il fallait parfois ramener Bruce vers le scénario » dit l’intéressé « alors que Will a parfois besoin d’oublier son texte et de devenir le personnage ».

Les lieux de tournage ? Intéressants, mais on ne les voit pas vraiment. Plus passionnant, le pourquoi du noir et blanc et ce que cela implique, du financement à la réalisation.  «  Il y a des couleurs que je ne choisirais pas normalement, là elles m’attiraient car je savais qu’elles allaient donner des gris formidables » raconte par exemple le directeur de la photographie.

Meilleur dvd Aout 2014 ( 4 ème ) Le noir et blanc – très en vogue en ce moment – est ici l’esprit du film, son moteur, son réel support. Il se fond dans cette histoire de père et fils qui vont , sinon se retrouver, tenter de se comprendre un peu mieux, en allant récolter un gros lot qui n’existe pas. Mais dans la tête de Woody, le doute n’est pas permis et après bien des atermoiements, le fiston l’accompagne jusqu’à Lincoln, jusqu’au bout de ses illusions. De son rêve plus exactement, car le vieux bonhomme , usé, fatigué , s'engage  « à…

Review Overview

Le film
Le bonus

En pensant avoir gagné le gros lot, un vieux monsieur s’entête à le toucher en se rendant directement dans la ville miracle. Le début d’une histoire, plus qu’un périple, que le réalisateur nous conte avec maestria, sur un scénario joliment entêté. A l’image de notre héros parfaitement interprété par Bruce Dern. Tout le reste de l’affiche est du même acabit. De l’écriture à l’interprétation, en passant par la mise en scène, il n’y a rien à retirer à ce superbe film, et surtout pas le noir et blanc qui donne la véritable couleur à l’aventure du vieux monsieur. Une excellent comédie avec des airs bougons !

Avis bonus Un making of qui ne montre pas grand chose mais qui raconte beaucoup ...

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Nebraska (DVD) de Alexander Payne
Date de sortie du DVD : 20 August 2014
Format : Couleur, Plein écran, Cinémascope, PAL
Studio : Diaphana
Duree : 110 minutes

PRIX : EUR 17,00 (Prix de depart : EUR 13,03)

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6 Commentaires

  1. Dieu sait si j’aime le Noir & Blanc mais l’horizon du Nebraska m’aurait paru moins dévasté en couleurs. Même si c’était certainement l’effet recherché par Alexander Payne.
    Beaux portraits humains qui vont du fils aimant à la mère blasée (excellente) en passant par les profiteurs, les bas de plafonds et autres qui m’ont vraiment fait sourire voire rire! Situations burlesques où Bruce Dern est superbissime.
    Un régal d’humanité tendre et méchante ,à la fois. Bref, la réalité…

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