LES SUPPLEMENTS
Ils sont excellents, avec notamment un making of de haute volée. Je suppose qu’ils ont été réalisés avant les faits très graves portés sur la personne de l’héroïne du film Loubna Abidard. Après des menaces de mort, elle subira une agression très violente à Casablanca, en novembre 2015. Elle s’est réfugiée en France.
Une polémique avait par ailleurs éclaté au moment du festival de Cannes. Si la Croisette accueillait très bien le film, au Maroc, quelques extraits provoquaient la fureur de certains. Nabil Ayouch revient sur ces faits.
- Making of (27 mn). Une véritable invitation à suivre le travail de toute une équipe et découvrir les coulisses. Avec des scènes de tournage, à fond, dans le détail.« Première prise du premier plan du film, attention, on donne tout ».Bureaux de la production, répétitions sous l’œil attentif du metteur en scène… « Ce sont les attitudes qui doivent faire comprendre ce que vous ressentez, je veux le moins d’explication possible ».
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- Les comédiennes prennent tour à tour la parole pour donner leur sentiment sur le film, et préviennent qu’il s’agit de défendre l’honneur des femmes, et celui des prostituées en particulier. La soirée saoudienne fait l’objet de beaucoup de préparations, et le journaliste s’en étonne. « C’est ainsi que se passe réellement ce genre de soirée ? » demande-t-il à Nabil Ayouch.

- Entretien avec Nabil Ayouch (26 mn). « Il s’agit d’un portrait de femmes, qui sont des prostituées, mais pas que ça, ce sont des amazones, des guerrières, des femmes qui ont du courage. (…) La prostituée au sein de la société marocaine me fascine, la manière dont on les juge et le rapport à la famille, ça m’obsède depuis une quinzaine d’années… ».
Il explique pourquoi et comment « elles font vivre des familles entières et ce rôle on ne veut pas le voir, l’admettre et elles tentent alors de garder la tête hors de l’eau ».
- Nabil Ayouch parle de ses rencontres avec des prostituées. « Après plusieurs jours passés avec elles, j’avais un point de vue, une envie de mise en scène… ». Pourtant l’entreprise va lui paraître trop difficile à mener. « Ce que j’entendais était trop dur, je n’y arriverais pas, je pensais, mais un jour une fille m’a donné du courage. Elle disait, je leur donne tout, en parlant de sa famille, et en échange je leur demande un peu d’amour et ce peut d’amour ils me le donnent pas. C’était le cœur du sujet, une invitation à voir l’amour et la beauté qu’il y avait en elle et une invitation de pouvoir changer notre regard. C’est son courage que cette fille m’a donné ».
La polémique ? « Une fois l’hystérie collective passé, le film ressort et c’est le principal. Mais pour les actrices ce sont des moments très durs à traverser, pour mes proches aussi. Il ne faut pas s’écrouler se montrer fragile, autrement tous ceux qui se battaient autour de moi eux aussi allaient s’écrouler. (…)
J’avais peur pour les comédiennes, pour leur sécurité physique. Elles ont été mises à l’écart dans un appartement, avec des gardes du corps. (…) J’oublierais jamais les mots prononcés à mon égard, je ne pensais pas qu’on pouvait en arriver là pour un film et la façon dont on a été traité . (…) Et des voix se sont élevées au Maroc pour nous défendre, cela m’a réconforté « .

