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« Man on the moon » de Milos Forman . Critique cinéma

Synopsis: Andy Kaufman fait des numéros d’imitation dans des cabarets. Il est contacté par un agent, George Shapiro, qui lui obtient un passage dans la célèbre émission « Saturday Night Live » et lui trouve un rôle dans le sitcom « Taxi ». Le comédien multiplie alors les personnages et les défis, repoussant un peu plus loin les limites de la comédie et du bon goût…

La fiche du film

Le film : "Man on the Moon"
De : Milos Forman
Avec : Jim Carrey, Danny DeVito
Sortie le : 13/09/2017
Distribution : Carlotta Films
Durée : 117 Minutes
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage
Le film

A la fin du XX ème siècle, Milos Forman et Jim Carrey (« The Truman show ») composent un duo aussi inattendu que le trio qu’ils allaient former avec Andy Kaufman pour mettre en scène les frasques et l’insolence de ce comédien-humoriste qui dans les années soixante-dix allait révolutionner bruyamment les us et coutumes du show-biz américain.

Après un début de carrière assez calamiteux, illustré par des errements pénibles, Kaufman se prend à son propre jeu, sans y voir malice et contrariété. Ce que Forman détecte habilement en soignant les atours d’un personnage plus complexe qu’il n’y parait.

Drôle si l’on veut, l’humoriste brise les barrières des convenances artistiques en imposant violemment ses points de vue dans un milieu pourtant coutumier de bien des fantaisies. Mais au fil de ses algarades et des échecs dans les petits clubs, l’artiste monte en puissance. Dépassé par les événements, il les contrôle en les sur-multipliant.

Courtney Love que Forman eut bien du mal à imposer pour « Larry Flint » est cette fois amoureuse du rigolo, et c’est du sérieux !

Ce qui nous donne une première séquence à l’Université digne d’un grand cinéma d’intervention que Forman ne lachera désormais plus. Le cinéaste aligne alors les prouesses techniques et les propositions scéniques les plus innovantes portées par un comédien, Jim Carrey aussi habité par son personnage que Kaufman en personne.

Quand son agent artistique, le célèbre George Shapiro (Danny De Vito, aux petits oignons) lui demande après bien des catastrophes s’il cherche à amuser le public ou lui-même, Forman répond par une diatribe magnifique sur le catch, le grand moment du film… Au sommet de sa carrière Kaufman a en effet décidé de s’attaquer « pour rire » au public féminin qu’il défie de monter sur le ring.

Dans une mise en scène parodique des grands ébats pugilistiques, le réalisateur porte le degré d’intensité du récit à un niveau que n’envisageait pas le préambule. La misogynie supposée du comique se retourne contre lui: il va devoir affronter les foudres de véritables catcheurs. Du moins on peut le supposer.

Quoi qu’il en soit, nouvelle arnaque ou vrai défi, c’est véritablement le début de la fin, la descente aux enfers que l’intéressé précipite dans l’incompréhension d’un système dont il a trop profité les yeux fermés. Quand il les ouvre, c’est pour découvrir qu’il y a plus charlatan que lui. Et là, bon joueur, grand seigneur, il ne dit rien et consent à quitter définitivement la scène. Ce dernier tour de piste, grandiose, on le doit à Forman, Kaufman et Jim Carey. Un trio formidable pour donner à cette histoire plus qu’un semblant de vérité. Chapeau !

  • A noter : Quelques années auparavant, un certain Lenny Bruce se payait dans le music-hall, de la même façon, irrévérences et controverses. Le film de Bob Fosse « Lenny » avec Dustin Hoffman lui rend hommage dans les grandes largeurs.
A la fin du XX ème siècle, Milos Forman et Jim Carrey (« The Truman show ») composent un duo aussi inattendu que le trio qu’ils allaient former avec Andy Kaufman pour mettre en scène les frasques et l’insolence de ce comédien-humoriste qui dans les années soixante-dix allait révolutionner bruyamment les us et coutumes du show-biz américain. Après un début de carrière assez calamiteux, illustré par des errements pénibles, Kaufman se prend à son propre jeu, sans y voir malice et contrariété. Ce que Forman détecte habilement en soignant les atours d’un personnage plus complexe qu’il n’y parait. Drôle si l’on veut,…
Le film

Je n’apprécie pas trop le talent débridé de Jim Carey (je trouve qu’il en fait beaucoup trop) et celui de Andy Kaufman m’était totalement inconnu. Aussi faut-il croire en celui de Milos Forman pour avoir réussi à me convaincre du bien-fondé de ce nouveau biopic du cinéaste tchécoslovaque qui avec "Larry Flint" et "Amadeus" avait déjà fait très fort. « Man on the Moon » n’a rien à voir avec ses prédécesseurs, mais la patte du cinéaste est évidente pour imposer au-delà de la représentation cinématographique une histoire vraie qui se regarde comme une fiction. Jim Carey prête évidemment son jeu à cette reconstitution magnifiquement filmée qui porte à croire en l’existence de ce phénomène de music-hall qui refait son show pour les besoins d’une mise en scène. Le spectacle dans le spectacle jusqu’à la dégringolade du héros qui à force de regarder son gros nez rouge ne voyait plus le monde qui lui échappait. Kaufman était ainsi un personnage très controversé, violent parfois dans ses réactions. Forman et Carey ne lui font pas de cadeaux, mais c’est peut-être le plus bel hommage qu’il pouvait en attendre.

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