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« L’Usine (The Factory) » de Yury Bykov. Critique cinéma

Synopsis: Réagissant à la vente frauduleuse de leur usine, plusieurs ouvriers décident d’enlever l’oligarque propriétaire des lieux. Ils sont menés par “Le Gris”, un ancien des forces armées. L’enlèvement tourne à la prise d’otage, et, rapidement, la garde personnelle du patron encercle les lieux…

La fiche du film

Le film : "Factory"
De : Yuri Bykov
Avec : Denis Shvedov, Vladislav Abashin
Sortie le : 24/07/2019
Distribution : Kinovista / Bac Films
Durée : 109 Minutes
Genre : Thriller, Drame
Type : Long-métrage
Le film

Yury Bykov arrive un peu après la bataille, j’ai bien peur. Celle du film politico-social porté par un décor ad-hoc, au moment où l’économie soviétique part à vau-l’eau.

Assez prévisible, aperçu, convenu… Avec un point de vue manichéen de plus en plus marqué. Nous sommes en 1990.

Dans une usine délabrée, des ouvriers retiennent en otage leur patron en faillite (Andreï Smoliakov). Contre sa liberté ,ils exigent une grosse somme d’argent. Mais l’affaire tourne rapidement vinaigre.

Les sbires du boss encerclent le périmètre, rejoints par une équipe d’intervention policière que personne n’a prévenue … « Appel anonyme » se contente de dire le capitaine lui-même un peu surpris par la tournure des événements.

C’est toute la saveur et l’originalité furtive de ce film que son réalisateur n’a pas vraiment exploitée . L’attitude des uns et des autres n’est pas forcément conforme à ce que l’on peut en attendre.

Le commando privé se méfie de la police très en retrait de la situation quand le chef de la milice ( Vladislav Abashin, excellent ) parait tout à fait conciliant à l’égard des preneurs d’otage.

Un dysfonctionnement dans la représentation sociale et professionnelle des protagonistes brouillé par l’excès thématique d’un scénario touffu. On y mêle la corruption des élites, la manipulation instituée, le pouvoir discrétionnaire des oligarques, et l’asservissement populaire face à leur richesse indue.

Au-delà du refrain bien usé, le réalisateur ne fait rien pour rendre pertinente cette révolte qu’il partage et propage. Ce n’est pas Zviaguintsev ,plus habile , plus subtil sur le contour des situations et le profil des personnages.

Bykov donne dans le lourd ( Denis Shvedov en fait des tonnes ) et une rhétorique moraliste de patronage. La résolution criminelle fomentée dans un conflit social sans issue ( l’usine va fermer ) n’établit aucun diktat crédible au regard de l’histoire de ces hommes.

La conclusion nous en fournit une preuve supplémentaire. Il ne s’agit pas d’un kidnapping, mais d’une révolution nous dit-on. La faillite est complète.

Yury Bykov arrive un peu après la bataille, j’ai bien peur. Celle du film politico-social porté par un décor ad-hoc, au moment où l’économie soviétique part à vau-l’eau. Assez prévisible, aperçu, convenu… Avec un point de vue manichéen de plus en plus marqué. Nous sommes en 1990. Dans une usine délabrée, des ouvriers retiennent en otage leur patron en faillite (Andreï Smoliakov). Contre sa liberté ,ils exigent une grosse somme d’argent. Mais l’affaire tourne rapidement vinaigre. Les sbires du boss encerclent le périmètre, rejoints par une équipe d’intervention policière que personne n’a prévenue ... « Appel anonyme » se contente de dire le…
Le film

Dans cette prise d’otage d’un patron par ses ouvriers, il y a vraiment un point intéressant et presque novateur au regard de tout ce que l’on sait déjà sur le sujet : la manière qu’ont les uns et des autres de ne pas correspondre forcément à ce que l’on peut en attendre… Le commando patronal qui encercle l’usine se méfie de la police(,mais qui l’a prévenu ? )  très en retrait de la situation, quand le chef de la milice parait tout à fait conciliant à l’égard des preneurs d’otage. Mais Bykov n’utilise pas vraiment cet aspect au profit d’un récit assez classique et manichéen sur l’opposition entre le bien et le mal, les faibles et les puissants, les riches et les pauvres. Avec ces attendus ( mésentente entre les ouvrier, mais aussi les membres de la milice ..  ) et ces situations convenues. On y mêle la corruption des élites, la manipulation instituée, le pouvoir discrétionnaire des oligarques, et l’asservissement populaire face à leur richesse indue. Malgré une mise en scène très directive, c’est assez confus…

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