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« Le Jeune Ahmed » de Luc et Jean-Pierre Dardenne . Critique cinéma

Synopsis: En Belgique, aujourd’hui, le destin du jeune Ahmed, 13 ans, pris entre les idéaux de pureté de son imam et les appels de la vie.

La fiche du film

Le film : "Le Jeune Ahmed"
De : Luc Dardenne, Jean-Pierre Dardenne
Avec : Idir Ben Addi, Olivier Bonnaud
Sortie le : 22/05/2019
Distribution : Diaphana Distribution
Durée : 84 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Prix de la mise en scènes Cannes 2019

Dans la famille musulmane d’Ahmed, le père n’est plus là. Mais Ahmed parait trop jeune pour reprendre un patriarcat que sa religion exige. Timide peut-être, introverti, il n’a pas l’autorité nécessaire pour exiger de sa sœur et de sa mère l’attitude que requiert sa vision de l’Islam à l’égard des femmes.

Et pour proscrire l’alcool . La maman en abuse et tente d’y mettre frein. Un comportement déviant supplémentaire aux yeux de ce garçon qui rejette alors instinctivement son foyer au profit des prêches d’un imam.

Les relations tendues entre Ahmed (Idir Ben Addi,) et son professeur (Myriem Akheddiou) deviendront conflictuelles, jusqu’à l’obsession pour le garçon.

C’est le premier interdit qu’il jette entre lui et les autres, car sans conversion ni prières, Ahmed n’entend pas discuter. Avant la radicalisation, c’est une stricte obédience dont il est l’objet. Et qui atteint ses plus proches dont son professeur, Inès (Myriem Akheddiou), une femme à qui il refuse de serrer la main.

Inès s’obstine à ouvrir un dialogue sur ce comportement qu’elle juge déviant, sans le condamner ipso-facto. Mais la rencontre est stérile, la confrontation proche de l’affrontement. Du drame.

Au sujet d’une religion qui prend ici toute sa dimension, dans sa pratique mais surtout dans l’apprentissage de l’Arabe que seul le Coran peut instruire.

Ce que prône aveuglément Ahmed et réfute tout son entourage pour lequel les frères Dardenne prêtent une attention mesurée, au regard des circonstances dramatiques qui se nouent. Comme un manque d’implication dans le processus créatif , une absence de volonté d’aborder pleinement un sujet quand un autre, dangereux, louvoie tout autour.

Il n’est pas question de terrorisme mais la sentence morale est déjà dans cette démarche radicale d’un jeune homme à la personnalité fragile, à l’histoire troublée. La mort au djihad de son cousin résonne tel un appel céleste pour remettre le monde dans son chemin.

Après un geste désespéré, Ahmed est placé dans un centre de réinsertion…

La société lui en propose un autre, une remise à niveau dans une ferme éducative où Ahmed prend la pose du bon élève, pour mieux relancer sa mission, son obsession.

Dans l’insistance et la répétition, Luc et Jean-Pierre Dardenne patinent sur la méthode des faits et du constat qui leur réussit bien souvent. Mais cette fois, la résolution est bancale et le procédé indécis. Le jeune Ahmed est peut-être trop jeune…

Prix de la mise en scènes Cannes 2019 Dans la famille musulmane d’Ahmed, le père n’est plus là. Mais Ahmed parait trop jeune pour reprendre un patriarcat que sa religion exige. Timide peut-être, introverti, il n’a pas l’autorité nécessaire pour exiger de sa sœur et de sa mère l’attitude que requiert sa vision de l’Islam à l’égard des femmes. Et pour proscrire l’alcool . La maman en abuse et tente d’y mettre frein. Un comportement déviant supplémentaire aux yeux de ce garçon qui rejette alors instinctivement son foyer au profit des prêches d’un imam. C’est le premier interdit qu’il jette…
Le film

Je ne sais si le comédien est dans son personnage, s’il s’agit d’une direction d’acteur déterminée, monolithique et rigide, mais son profil d’introverti forcené l’écarte déjà d’un sujet par ailleurs très complexe. On résumera en parlant de radicalisation, mais plutôt que d’évoquer le fond du problème très actuel, les frères Dardennes se fixent sur la religion qui le sous-tend. Contrairement à des films comme «  Le ciel attendra », «  La désintégration », voire même «  L’adieu à la nuit » ce film prend à témoin l’Islam pour en décortiquer les ressorts qui peuvent conduire un jeune garçon musulman à embraser sans sourciller cette religion. Ahmed entend aller jusqu’au bout de ses convictions, rejetant tour à tour sa famille et les adultes qui s’ouvrent à son discours pour le combattre, tandis que son obsession de tuer une apostat proche de son éducation devient sa mission première. Une obsession qui très vite devient le ronronnement d’une mise en scène insistante et répétitive, sans implication forte des réalisateurs. 

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