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« La place d’une autre » de Aurélia Georges. Critique Blu-ray

Synopsis: Nélie a échappé à une existence misérable en devenant infirmière auxiliaire sur le front en 1914. Un jour, elle prend l’identité de Rose, une jeune femme qui va mourir sous ses yeux. Nélie se présente à sa place chez une riche veuve, Eléonore, dont elle devient la lectrice. Le mensonge fonctionne au-delà de ses espérances.

La fiche du film

Le film : "La Place d’une autre"
De : Aurélia Georges
Avec : Lyna Khoudri, Sabine Azéma
Sortie le : 19/01/2022
Distribution : Pyramide Distribution
Durée : 112 Minutes
Genre : Drame, Historique
Type : Long-métrage
Le film
Les bonus
  • DVD : 17 Mai 2022 . – 

D’après l’œuvre de Wilkie Collins . –

Le titre est éloquent mais sans à-priori . L’usurpation d’identité , à l’origine de l’imposture, se double en effet d’une seconde appropriation. Devenue Rose, Nélie a pris sa place auprès d’Eléonore, une riche veuve recommandée par le père de Rose .

Elle devient sa lectrice, sa confidente et prend chaque jour un peu plus d’importance à ses yeux. Nous sommes en 1914, le début d’une guerre que la jeune fille a connu au sein de la Croix Rouge. Rose est morte dans ses bras.

Les deux femmes se sont racontées leur vie …

Dans le genre et ses attributs une telle histoire au cinéma est logiquement cousue de fil blanc. Au scénariste de s’approprier l’inédit, l’originalité, pour nous conduire à la vérité. Si tant est qu’elle existe.

La plume de Maud Ameline s’accorde à cette attente que la réalisatrice Aurélia Georges aménage assez classiquement dans les stéréotypes de l’époque . Le jeu des comédiens est prenant. Sabine Azéma en vieille dame respectable et respectée qui ne supporte pas le mensonge, la tromperie, tient joliment tête à ses jeunes consœurs, au talent affirmé.

La posture dramatique de Rose (Maud Wyler) , les atermoiements coupables de Nélie (Lyna Khoudri)  bien que désormais rivales, elles s’entendent joliment sur un tempo désordonné auquel l’oncle de famille tente de remédier.

Julien, le pasteur du temple, remonte ainsi leur passé en quête d’une vérité dont il semble déjà propriétaire. Mais son silence est éloquent et son regard très parlant. Un beau personnage pour Laurent Poitrenaux qui le porte juste et fort, dans le tourbillon d’une séquence finale ajustée cette fois sans panache.

Elle est heureuse. Mais surtout bancale et gentillette. Elle brise l’esprit d’un film qui jusque là avait su tenir sa part de trouble et d’audace. Les bonnes âmes se réjouiront de sa grandeur d’esprit. Moi je demande encore à voir ce qu’aurait pu réellement devenir Mlle Nélie !

LES SUPPLEMENTS

  • L’interrogatoire, scène coupée- Il s’agit de celui de Rose par l’inspecteur de police qui la soupçonne d’affabuler sur sa propre personne. Cette séquence, très courte, n’aurait pas déméritée dans le montage final.

Trois scènes commentées

  • «  De la nuit jusqu’au matin » avec Jacques Girault, chef opérateur. ( 9 mn )- Il explique notamment la technique pour éclairer très large, de nuit, la propriété de la vieille dame, et dramatiser le clair-obscur. C’est ensuite l’arrivée nocturne de Nélie, par effraction …
  • « La maison d’Eléonore » avec Thomas Grézaud, chef décorateur. ( 7 mn )- Quand des éléments de décor deviennent aussi des enjeux de mise en scène. Thomas Grézaud est content du résultat qui apparait seulement à l’image. Sur le plateau, c’est une autre histoire.
  • « La confrontation au temple » avec Martial Salomon chef monteur ( 8 mn )- Pourquoi le choix d’un tel lieu ? La réalisatrice l’explique bien quand le monteur illustre les bienfaits de la post-synchronisation, chants/dialogues pour obtenir une justesse dans la mise en place de la musique vis-à-vis des paroles ….

« Eloge de la ligne claire » par Fernando Ganzo. ( 20 mn )-Le critique voit une possibilité de commencer le film un peu plus tard, lors de l’arrivée de l’héroïne à Nancy. «  Ca aurait mis le spectateur dans la même position qu’Eléonore » ignorant alors la véritable identité de Nélie et ce qu’elle avait vécu. «  Mais c’est une ligne plus claire qui a été retenue et nous met dans une démarche beaucoup plus active » .

Je n’ai rien contre, surtout que la suite a autant d’intérêt …

DVD : 17 Mai 2022 . -  D’après l’œuvre de Wilkie Collins . - Le titre est éloquent mais sans à-priori . L’usurpation d’identité , à l’origine de l’imposture, se double en effet d’une seconde appropriation. Devenue Rose, Nélie a pris sa place auprès d’Eléonore, une riche veuve recommandée par le père de Rose . Elle devient sa lectrice, sa confidente et prend chaque jour un peu plus d’importance à ses yeux. Nous sommes en 1914, le début d’une guerre que la jeune fille a connu au sein de la Croix Rouge. Rose est morte dans ses bras. Les deux…
Le film
Les bonus

Sur deux périodes et deux thèmes différents j’ai l’impression que  "Thérèse Desqueyroux" de Claude Miller et ce film portent le même cousinage d’une littérature populaire immédiate. Le classicisme de la mise en scène en prime tient alors lieu de repérages des humeurs de l’époque. Ici le début de la première guerre mondiale quand une pauvre fille déshéritée voit son salut dans l’aide aux blessés. Nélie soigne particulièrement une jeune femme qui ne survivra pas. Les deux femmes ont eu le temps de se raconter, Nélie y voit l’opportunité de sortir de l’ornière. L’usurpation d’identité au cinéma est logiquement cousue de fil blanc. Au scénariste de s’approprier l’inédit, l’originalité, pour nous conduire à la vérité. Si tant est qu’elle existe. La plume de Maud Ameline s’accorde à cette attente que la réalisatrice Aurélia Georges aménage assez classiquement dans les stéréotypes de l’époque . Mais le jeu des comédiens est prenant. Sabine Azéma s’entend parfaitement avec la jeune génération, au talent confirmé . Bien que rivales Maud Wyler et Lyna Khoudri font la paire. Laurent Poitrenaux juste et fort lui aussi, les chapeaute avec une élégance démentie dans un final beaucoup trop bancal et gentillet . Il brise l’esprit d’un film qui jusque-là avait su tenir sa part de trouble et d’audace.

AVIS BONUS Une scène coupée intéressante, les commentaires des techniciens, l'avis d'un critique, il y a de quoi voir et entendre

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