Accueil » A la une » « Josep » de Aurel. Critique cinéma

« Josep » de Aurel. Critique cinéma

Synopsis: Février 1939. Submergé par le flot de Républicains fuyant la dictature franquiste, le gouvernement français les parque dans des camps. Deux hommes séparés par les barbelés vont se lier d’amitié. L’un est gendarme, l’autre est dessinateur. De Barcelone à New York, l'histoire vraie de Josep Bartolí, combattant antifranquiste et artiste d'exception

La fiche du film

Le film : "Josep"
De : Aurel
Avec : Sergi López, Gérard Hernandez
Sortie le : 30/09/2020
Durée : 74 Minutes
Genre : Animation, Historique
Type : Long-métrage
Le film

Sélection Officielle Cannes 2020.
Robert, tête de lard et gros lourdingue n’est jamais rasé. C’est le gendarme bête et méchant, celui qui la ramène gras et franchouillard. François Morel le joue par la voix d’un doublage ambigu. A voir ce personnage stupide et grossier, à entendre cette voix plus ou moins empruntée aux Deschiens, c’est comme un hiatus dans le processus historique que nous révèle ce film d’animation.

Une période encore peu connue de nos livres d’Histoire, quand les républicains espagnols se réfugient en France pour fuir Franco et sa dictature. Mais l’accueil n’est pas à la hauteur du courage de ces résistants parqués dans des camps de concentration, des tireurs sénégalais en guise de gardiennage et des gendarmes cerbères pour les accompagner.

Une vision assez manichéenne d’un système que Aurel révèle par le trait de son crayon acéré sur la xénophobie, la méchanceté, la violence. Dessinateur catalan, Josep Bartoli, est parmi eux et témoigne de ces jours noirs sur une pointe tout aussi dure. Elle suit le cours des événements qu’un gendarme tolérant tente de contenir au milieu du vomi et des sarcasmes de ses collègues.

Il devra composer avec cette animosité pour alléger les souffrances des prisonniers qui vont malgré tout s’organiser et tenter de revenir au pays par le souvenir, les chants et la musique. Beaucoup refuseront de faire le voyage de retour que leur propose un émissaire de Franco chapeauté par la marée chaussée française.

Bien après, la couleur est revenue et les deux amis, le dessinateur et le gendarme, repeignent une façade en compagnie de Frida Kahlo, l’artiste mexicaine.

 

Sur son lit de mort le gendarme raconte à son petit fils cette histoire crayonnée de gros traits noirs, appuyés, volontaires et d’autres hachurés sur les fractures du temps. Mais la perspective est incertaine, les contours de l’Histoire s’estompent.

Un peu de couleur apparait dans cet environnement où malgré la cruauté de l’époque, il parait difficile de suivre ces personnages dans leur descente aux enfers.

Une absence de réalisme due me semble-t-il à la force instinctive du dessin, emprunté par un récit qui exige une autre forme de narration. Une autre adhésion.

Sélection Officielle Cannes 2020. Robert, tête de lard et gros lourdingue n’est jamais rasé. C’est le gendarme bête et méchant, celui qui la ramène gras et franchouillard. François Morel le joue par la voix d’un doublage ambigu. A voir ce personnage stupide et grossier, à entendre cette voix plus ou moins empruntée aux Deschiens, c’est comme un hiatus dans le processus historique que nous révèle ce film d’animation. Une période encore peu connue de nos livres d’Histoire, quand les républicains espagnols se réfugient en France pour fuir Franco et sa dictature. Mais l’accueil n’est pas à la hauteur du courage…
Le film

L’œuvre a beau être utile, nécessaire à l’édification de notre Histoire, elle ne peut se conter de l’apport artistique d’un créateur qui met tout au service de son projet, au point de s’enfermer dans son style sans en conserver la narration originale. En 1930, les républicains espagnols se réfugient en France pour fuir Franco et sa dictature. Mais l’accueil n’est pas à la hauteur du courage de ces résistants parqués dans des camps de concentration, des tireurs sénégalais en guise de gardiennage et des gendarmes cerbères pour les accompagner. Un illustrateur Joseph Bartoli retenu derrière les barbelés va les dessiner jour après jour, et jusqu’au fond de la nuit pour témoigner de la barbarie en terre d’exil, pensait-il. Un témoignage fort et encore puissant aujourd’hui que le dessinateur Aurel a voulu retranscrire à sa manière. La pédagogie est en place, mais d’un point de vue cinématographique on attend plus de réalisme, de force, de vérité dans le crayonnage retenu pour l’expression.

User Rating: 3.55 ( 2 votes)

Voir aussi

« L’enfer des anges » de Christian-Jaque. Critique Blu-ray

Une peinture émouvante et poignante de l’enfance dans les faubourgs sordides de la capitale, juste avant la guerre

Laisser un commentaire