- 2 heures et 3 minutes

- Dvd: 16 janvier 2026
- 1 juin 1983
- Acteurs : David Bowie, Jack Thompson, Ryuichi Sakamoto, Takeshi Kitano, Tom Conti
- Sous-titres : : Français
- Langue : Anglais, Français
- Studio : Metropolitan Film & Video
D’après le roman de Sir Laurens van der Post « La graine et le semeur »
L’histoire : L’île de Java, 1942. Les japonais enferment les soldats anglais dans un camp où règne une discipline de fer. Un nouveau prisonnier arrive, le major Colliers, que le Colonel Yonoi, commandant du camp, sauve de la mort. Fasciné par Colliers, Yonoi n’en demeure pas moins inflexible, hanté par la notion de l’honneur . C’est pourquoi il devient de plus en plus sévère
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
Deux cultures s’opposent, deux civilisations en quête d’absolu, deux conceptions de l’humanité. C’est le terreau de la guerre nous dit Nagisa Oshima en reprenant les notes de Laurens van de Post sur son expérience militaire, en 1942 lors de l’invasion de l’île de Java.
Fait prisonnier, van der Post, qui parle japonais, découvre l’autre facette du monde nippon . Oshima l’éclaire à sa façon sur les notions d’honneur et de sacrifice qui d’un camp à l’autre ne prennent pas la même signification.
Sous le commandement du Colonel Yonoi (Ryūichi Sakamoto) , inflexible comme il se doit, dans le camp de prisonniers s’entassent des centaines de soldats britanniques. Leur morgue et leur bravoure étonnent l’ennemi.
L’arrivée du major Colliers, fier et bel homme, stupéfait un peu plus le Colonel Yonoi . Son émoi est évident. Il tient néanmoins sa ligne directrice, mais se porte souvent au secours de l’intrigant, qui en joue et en fait bénéficier son entourage.
Les mises en garde de l’état-major japonais le forcent à changer radicalement d’attitude, renversant les rapports plus ou moins civilisés des premiers échanges. A la force des biceps , s’oppose maintenant l’intellect que le réalisateur sublime sur les croyances superstitieuses des vainqueurs, paradoxalement plus inquiets que les vaincus.

Au point qu’un petit détail va totalement chambouler « l’esprit malin » qui depuis peu règne sur le camp, et désorganise le mental du colonel. Ses pulsions retenues, son désir interdit …
Tout ce que son bras droit, le Sergent Hara (Takeshi Kitano) , un parfait abruti, va élever au rang de divinations dans une violence de plus en plus débridée. La situation échappe aux tenants de l’autorité, le colonel ne maîtrise plus rien.
Cette prise de conscience altérée est hallucinante dans un lieu logiquement hermétique à toute dérive et désobéissance.
Le major Celliers dit « Jack La Mitraille » , le personnage que joue très bien David Bowie, figure cette résistance passive . Il est chaque fois remis en cause par Lawrence (Tom Conti) , l’officier de liaison britannique , un humaniste dans l’âme qui me semble ressembler beaucoup à l’auteur de cette histoire. Ou à cette petite musique obsédante et familière composée par Ryuichi Sakamoto
- Des camps de prisonniers
« Le pont de la Rivière Kwaï », « Les Prisonniers de Satan » de Lewis Milestone, « Rescue Dawn » de Werner Herzog, « La Grande évasion » de John Sturges- « J’ai survécu à ma mort » de Antonio Margheriti et Vojtech Jasny, « Invincible » de Angelina Jolie.
Oshima Gang ( 27 mn )-D’après le roman de Sir Laurens van der Post « La graine et le semeur » . Il a vécu cette histoire. » Si je n’avais pas su parler japonais, j’étais mort »
David Bowie se dit satisfait de sa prestation « j’ai dit oui sans rien savoir de l’histoire, mais sur le nom d’Oshima pas de problème »
Tom Conti appréhendait le projet . « Je ne connaissais pas le réalisateur et pour ce que j’en savais, ça pouvait être un vrai fasciste . Je ne connaissais pas David »
L’équipe à Cannes , dont la conférence de presse. « Je n’avais jamais rien joué d’aussi peu stylisé » reconnait David Bowie . « Les films d’Oshima ne montrent pas une idée, mais l’exprime . Mes écrits ont toujours été tournés vers l’expression, plutôt que la perception . J’ai senti que nos méthodes de travail étaient similaires
Le film
Le bonus
Ce film sur un camp de prisonniers américains à Java en 1942 se situe en marge des œuvres du genre ( « Rivière Kwaï », « Prisonniers de Satan », « Rescue Dawn », «La Grande évasion » « J’ai survécu à ma mort », « Invincible » … ) . Face à la crainte et au mépris qu'éprouvent les prisonniers, c’est aussi leur morgue et leur bravoure qui stupéfiaient les japonais, entraînés par leur supérieur dans la perte progressive de tout contrôle de la situation à l’intérieur du camp. Là où vient d’arriver un nouveau prisonnier au charisme évident. Davis Bowie en personne, assez représentatif du personnage.
Le colonel commandant le camp est visiblement bouleversé par cette présence.
Mais rappelé à l’ordre par son état-major , il doit se reprendre et renforcer son autorité. Ses pulsions retenues, son désir interdit …
La situation échappe malgré tout aux tenants de l’autorité .
C’est assez hallucinant cette prise de conscience altérée dans un lieu logiquement hermétique à toute dérive et désobéissance. Pour y sublimer le courage, l’honneur et le sacrifice …
AVIS BONUS
L'esquisse d'un making of avec pas mal d'extraits d'interviews, dont la présence à Ca,,es. Intéressant

