Accueil » A la une » « Deux hommes en fuite » de Joseph Losey. Critique cinéma

« Deux hommes en fuite » de Joseph Losey. Critique cinéma

Synopsis: Deux hommes courent sur la plage à l’aube. Ils ont les mains liées derrière le dos. Au même moment, un hélicoptère survole frénétiquement les environs. MacConnachie et Ansel sont deux évadés qui doivent traverser des paysages sauvages et inhospitaliers. Pour cela, ils vont devoir affronter de nombreux obstacles pour survivre et échapper au mystérieux hélicoptère noir qui traque leurs moindres mouvements…

La fiche du film

Le film : "Deux hommes en fuite"
De : Joseph Losey
Avec : Robert Shaw, Malcolm McDowell
Sortie le : 27/09/2017
Distribution : Carlotta Films
Durée : 110 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Avant d’attaquer son chevalet le peintre fait des essais. Esquisses, ébauches, couleurs à tâtons. J’ai l’impression que Losey adopte une technique identique. Dans un lieu à peine localisé, il opte pour un western mi- teinte, puis aborde le film d’aventure avant de jouer un peu avec des soldats bien empêtrés dans leurs uniformes tout neuf.

Losey tâtonne.

L’ensemble est dépouillé. Des montagnes plus ou moins enneigées, et de vastes plaines où deux hommes courent à corps perdu, les mains liées dans le dos. Ils tentent d’échapper à la traque d’un hélicoptère insistant et morbide. Comme on ne sait rien de cet engin destructeur, on ne sait pas plus sur l’origine de ces deux hommes, si ce n’est leur fuite et cette chasse éperdue entre ciel et terre.

Robert Shaw déjà vieux lascar et Malcolm McDowell, encore inconnu, donnent la réplique à ces personnages schématiquement représentés dans leurs attributs : le plus vieux est coriace, un brin dérangé, le plus jeune, naïf et fougueux. Ces caractères évoluent très peu au fil des péripéties malgré les 110 minutes dans lesquelles Losey nous engage à partager leur destin peu commun.

Et bizarrement, pendant tout ce temps, malgré l’absence de dialogues suffisants, de réparties haletantes ou de séquences palpitantes, on ne s’ennuie pas vraiment. Il y a comme une aspiration hypnotique dans cette chasse à l’homme qui ne dit pas son nom et que la patrouille soldatesque surligne dans un dénouement de plus en plus violent.

Nos deux héros, extirpés du roman de Barry England, sont voués à une mort certaine. Ils sont devenus des bêtes traquées, mais le ton n’y est pas, même au milieu des flammes et de la mitraille. Ça tire dans tous les coins,et le vieux briscard de plus en plus fou rigole de sa triste destinée. Son compagnon d’infortune le suit encore, mais sans plus d’illusion que la mise en scène de Losey , imprévisible . Le final n’est pas forcément celui auquel on peut s’attendre ,mais le cadre est superbe et la neige, sans tache !

  • Mais encore

Jugeant le récit un peu trop raciste – surtout durant le contexte explosif de la guerre du Vietnam –, Joseph Losey confie la réécriture de l’histoire à l’un de ses acteurs principaux, Robert Shaw, également romancier.

Contrairement à son adaptation cinématographique, le roman original est lui beaucoup plus explicite : on apprend dès le départ que les héros se sont échappés d’un camp situé quelque part en Asie.

Avant d’attaquer son chevalet le peintre fait des essais. Esquisses, ébauches, couleurs à tâtons. J’ai l’impression que Losey adopte une technique identique. Dans un lieu à peine localisé, il opte pour un western mi- teinte, puis aborde le film d’aventure avant de jouer un peu avec des soldats bien empêtrés dans leurs uniformes tout neuf. Losey tâtonne. L’ensemble est dépouillé. Des montagnes plus ou moins enneigées, et de vastes plaines où deux hommes courent à corps perdu, les mains liées dans le dos. Ils tentent d’échapper à la traque d’un hélicoptère insistant et morbide. Comme on ne sait rien de cet…
Le film

On peut s’en tenir aux apparences : deux hommes en fuite sont traqués par un hélicoptère. Pendant près de deux heures on suit cette cavale entre ciel et terre que Losey orchestre avec une étonnante dextérité. Il prend à témoin la Sierra Nevada pour nous tenir en alerte pendant tout ce temps où malgré l’absence de dialogues suffisants, de réparties haletantes ou de séquences palpitantes, on ne s’ennuie pas un instant. Cela va paraître très snob à certains, mais c’est aussi du cinéma et sans afficher du grand Losey, c’est du cinéma qui me parle

User Rating: Be the first one !

Voir aussi

« Un homme intègre » de Mohammad Rasoulof. Critique cinéma

Prix Un certain regard Festival de Cannes 2017 Si l’Iran est à ce point perverti, …

Laisser un commentaire