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« Daniel » de Sydney Lumet. Critique cinéma

  • 7 mars 1984 en salle
  • 2h 10min / Drame
  • Reprise 21 juin 2023
  • Avec Timothy Hutton, Ellen Barkin, Mandy Patinkin

L’histoire : Rochelle et Paul ont été accusés d’espionnage au profit de l’URSS et exécutés trois ans plus tard, laissant orphelins leurs enfants Daniel et Susan. Elle deviendra militante politique mais Daniel cherchera à oublier les atrocités que ses parents ont subi. A la mort brutale de sa sœur, Daniel devra se replonger dans l’histoire familiale…

D’après «  The book of Daniel » de E.L.Doctorow-également co-scénariste

Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article

  • Film

Quand on dit à hauteur d’enfant, on ne dit pas grand-chose. Il faut voir alors comment Sidney Lumet l’interprète dans un récit totalement porté par la jeunesse des enfants Isaacson . A cette époque, le milieu des années cinquante, leurs parents Rochelle et Paul ont été exécutés pour trahison en faveur de l’Union Soviétique.

C’est l’affaire Rosenberg, véridique, sous une identité différente.

 

Daniel et Susan sont ballotés de proches en proches, avant d’être adoptés par une famille très aimante, les Lewin. Robert, le père, ( John Rubinstein)  aurait pu reprendre la carrière de son avocat de patron Jacob Ascher et poursuivre ainsi la défense des époux Isaacson.

Ascher a fait de son mieux, préservant lui aussi les enfants du couple, sans arriver à convaincre le jury de l’inanité du dossier. Celui que consulte aujourd’hui Daniel , grandi sous le poids d’une culpabilité refoulée par l’inexistence de preuves et d’informations viables.

Tout ce qu’il recherche aujourd’hui, pour donner un sens à sa vie, retrouver l’honneur des Isaacson et sauver sa petite sœur Susan des griffes de la folie.

Daniel assiste à la perquisition sauvage de l’appartement familial ( on ne trouve rien ) . Mais Paul Isaacson ( Mandy Patinkin ) est quand même arrêté

On a détruit sa famille, et l’enfance qui germait en elle. C’est le regard plein d’humanité de Sidney Lumet sur cette affaire d’état aux répercussions intimes et secrètes, douloureuses et  criminelles.

La mort de Susan renforce la conviction de Daniel de mettre au grand jour ce que les faits de l’époque n’ont pas rapportés. La complaisance des juges à l’égard d’un pouvoir effrayé par la propagande communiste qui sévissait alors.

Menaces, mensonges d’Etat, répression, bastonnade, Daniel emprunte un chemin difficile, qui va le faire douter et mettre en péril les souvenirs d’une adolescence marquée par l’injustice et l’abandon.

Cette alternance des années cinquante à la floraison du monde hippie, s’inscrit dans un montage assez imprévisible . Evénementiel, quasiment !

C’est parfaitement écrit, et interprété avec une intensité touchante de la part de Timothy Hutton, alors tout jeunot. Amanda Plummer lui répond, avec un instinct pathétique dans un délire paranoïaque qui montre du doigt les bourreaux.

Sydney Lumet n’accuse pas, il prouve !

  • Mais aussi : il y aurait beaucoup à dire sur l’excellence de la musique, principalement des chansons de Paul Robeson, chanteur militant pour les droits civiques dans les années cinquante. Ce même Robeson a fait une adaptation de « This Little light of mine » de Joan Baez, ici interprétée merveilleusement par Caroline Doctorow . Au passage , elle est la fille de l’auteur du livre dont est tiré le film, mais ça ne change rien à son talent de chanteuse folk …
7 mars 1984 en salle 2h 10min / Drame Reprise 21 juin 2023 Avec Timothy Hutton, Ellen Barkin, Mandy Patinkin L'histoire : Rochelle et Paul ont été accusés d’espionnage au profit de l’URSS et exécutés trois ans plus tard, laissant orphelins leurs enfants Daniel et Susan. Elle deviendra militante politique mais Daniel cherchera à oublier les atrocités que ses parents ont subi. A la mort brutale de sa sœur, Daniel devra se replonger dans l’histoire familiale… D’après «  The book of Daniel » de E.L.Doctorow-également co-scénariste Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article Film :  Quand on dit à hauteur d’enfant, on ne dit…
Le film

C’est l’affaire Rosenberg, sous l’identité de la famille Isaacson que Sidney Lumet met en lumière de façon prodigieuse . Il fixe principalement son intérêt sur les enfants du couple , et dans une bifurcation temporelle assez particulière donne à Daniel l’occasion de contre-enquêter sur cette affaire d’espionnage en faveur de l’Union Soviétique. C’est l’accusation portée contre ses parents, et le doute encore aujourd’hui subsiste sur la validité d’un dossier très sérieusement surveillé par le gouvernement qui à l’époque, le début des années cinquante,  doit faire face à une vive propagande communiste. Le réalisateur démontre avec humanité, sans pathos aucun, les dégâts provoqué à tout jamais sur les deux enfants. La petite fille sombre dans la folie, son frère Daniel dans la déraison d’une histoire qui lui échappe. C’est parfaitement écrit, et interprété avec une intensité touchante de la part de Timothy Hutton, alors tout jeunot. Amanda Plummer lui répond, avec un instinct pathétique dans son délire paranoïaque qui montre du doigt les bourreaux.

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