Les cousins

Charles, jeune provincial sérieux et travailleur, débarque à Neuilly chez son cousin Paul, cynique et grand séducteur. Tous deux travaillent leur droit. Charles tombe alors amoureux de Florence, mais Paul en fait sa maîtresse...


"Les Cousins" de Claude Chabrol
Avec : Gérard Blain, Jean-Claude Brialy, Stéphane Audran
Sortie le 14 septembre
Distribué par Gaumont
Durée : 105 minutes
Nombre de DVD : 1
Film classé : Tous publics
Le film :★★★☆☆
Les bonus : ★★★½☆

Il est intéressant comme nous le propose l’actualité des sorties DVD de visionner dans la foulée les deux premiers films de Claude Chabrol. Après « Le beau Serge », la France profonde du milieu du  XX ème siècle (nous sommes en Creuse) fait place à un microcosme d’étudiants parisiens, très protégés.  Un virage à 360 degrés, au cœur de la capitale, saisissant.

Mais le  mode romanesque ne varie pas: un individu s’installe dans un lieu plus ou moins familier, et tente d’y imposer sa personnalité. Ici  un jeune provincial débarque à Neuilly chez son cousin : les deux hommes s’aiment bien mais côté caractère c’est le jour et la nuit.A l’image des premiers héros de Chabrol qui  renoue d’ailleurs ici avec  ses deux acteurs principaux  Gérard Blain et Jean-Claude Brialy .

http://www.dailymotion.com/video/xesk2b

Et si le moraliste qui sommeille en lui prend encore un peu plus ses aises dans ce conte amoral, où les femmes objets attisent la convoitise de jeunes gens désoeuvrés, le propos est cette fois plus directement chabrolien. Celui qui deviendra une marque de fabrique à l’encontre des nantis et des faux-semblants, fustigeant la bourgeoisie, imbue de son autorité, de ses privilèges et de son arrogance.

Ce bel ensemble, orchestre cette diatribe  avec une maestria virevoltante, et un sens de la composition qui dans le plus grand fouillis d’une fête, réussit à éclairer un détail, un dialogue. Une scène où Brialy joue les « imperator » est particulièrement troublante et réussie.

Si j’ai préféré «Le beau Serge», Claude Chabrol réussit à nous faire aimer «Les cousins» par la détestation qu’il inscrit dans sa mise en scène  de cette jeunesse tête à claque ; en bon moraliste, il l’affuble d’un drame aussi cruel qu’imprévisible.  Ne l’auront-ils pas bien chercher ?  murmure-t-il sous ses lunettes de myope à qui rien n’échappe …

LE SUPPLEMENT

 Chabrol langue la vague , 2 ème partie : « Les cousins »

Ou la suite logique du premier volet ouvert dans «Le beau Serge », où l’on découvre peut-être plus intimement le réalisateur bringueur et généreux.

Mais plus d’un intervenant revient sur la différence sidérale entre ses deux premiers films .Le Chabrol d’avant et le Chabrol d’après, avec l’arrivée du scénariste Paul Gégauff, controversé pour son caractère (on le disait souvent désagréable), mais dont l’ écriture inventive, accompagnera souvent Chabrol , par la suite.

En bref
Le film
★★★☆☆
Six mois à peine après son premier film, Chabrol embraie sur un tout autre genre et montre déjà le chemin qu'il entend suivre . Si la démonstration est un peu longue à venir , elle est en bout de course magistrale.
Les bonus
★★★½☆
La suite du premier volet sur Chabrol et " Les cahiers du cinéma" : il fut le premier rédacteur de cette revue à passer derrière la caméra. Un très joli portrait en compagnie de ses proches, dont Bernadette Lafont .

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  1. [ critique dvd] le beau serge - 17 septembre 2011

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