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« Bluebird » de Jérémie Guez. Critique Blu-ray

  • Dvd : 16 décembre 2020
  • Vod :10 Juin 2020
  • RéalisateurJérémie Guez
  • ActeursRoland Møller, Veerle Baetens, Lola Le Lann, Lubna Azabal, Jonathan Robert
  • Durée : 89 minutes
  • LangueAnglais , Français 
  • Sous-titres : Français
  • Studio  : The Jokers

L’histoire : Danny, un ancien taulard aspirant à une vie tranquille en est brutalement extrait quand la fille de sa logeuse est victime d’une agression… Interdit aux moins de 12 ans

  • Film :                              :
  • Bonus :

Meilleur DVD Décembre 2020 (7ème )

D’après «  L’homme de plonge » de Dannie M.Martin

La fin est inachevée. Il faut conclure, on le sent, mais le travail est bâclé dans le flou scénaristique et le happy end convenu. Dommage, ce premier film mérite les éloges d’un projet où à chaque étape le réalisateur contourne ce que l’on attend de lui et d’une telle aventure.

A l’origine, du classique pour un taulard en liberté qui ne demande qu’à se faire oublier. Là où il loge il se tient peinard, souvent dans les recoins d’une mise en scène ordonnée dans l’ombre et l’incertitude.

Les femmes qui l’entourent ( sa logeuse, sa fille, la patronne du restaurant ) n’arrivent pas à l’approcher au-delà des servitudes quotidiennes. Danny reste à distance et le cinéaste le tient devant sa caméra de la même manière.

Il a la gueule de l’emploi (excellent Roland Møller), mais la dissimule à la lumière trop franche et dangereuse du monde qui l’entoure. La jeune Clara (Lola Le Lann ) ne réclame pourtant rien d’autre qu’un peu d’affection dans la solitude organisée par un père en prison, et une mère plutôt absente (Veerle Baetens).

Femme enfant, elle l’approche, il la fuit, jusqu’au jour où la violence le rappelle à sa destinée. Pour sauver Clara, il va retrouver de méchants réflexes face à des méchants qui ne s’imaginent pas comment il peut détruire.

L’intrusion est  inattendue, dans sa forme et la complexité des rapports qui s’engagent entre les protagonistes. Il n’appelle pas les flics, soigne de manière extrême la jeune femme à qui il promet de garder son secret.

Danny agit dans la marge, là où le scénario a posé d’autres règles pour ce thriller qui tire à contre-temps. Jusqu’à ce final si bien posé qu’on en regrette déjà le désordre établi . Les conventions d’une histoire où le héros n’a rien de gaillard, sème la désolation et ne doit son salut qu’à une pirouette du destin. Cette fin me fâche vraiment, mais ce n’est que la fin.

LES SUPPLEMENTS

  • Rencontre avec le réalisateur. Jérémie Guez vient du roman policier, mais parle très bien du cinéma auquel il a déjà collaboré en tant que scénariste « Rebelles », «  L’intervention » avant de réaliser ce premier film dont il signe également le scénario. Il en est de même pour «  Sons of Philadelphia » dont la sortie est retardée en raison du Covid.

«  Quand j’ai rencontré Roland Møller (*), j’étais impressionné, il en imposait, j’étais presque intimidé.  Vraiment un personnage. (…) Je ne suis pas obsédé par le réalisme , j’aime la construction à la Melville, un commissariat américain avec des flics français à l’intérieur » .

Ce point de vue prolonge effectivement le ressenti de ce film où il dit encore qu’il cherche à « avoir de la texture, des contours peu éclairés, pas de néons, rien d’agressif (…) . Il ne faut pas privilégier l’esthétique au détriment du récit ».

  • Rencontre avec Lola Le Lann. Un aperçu court et sympathique avec la jeune comédienne qui raconte son personnage «  brute de décoffrage, qui change des jeunes nanas du cinéma, rien de stéréotypé ici .(… ) Ce qui me plait dans ce film c’est qu’il est sans injonction pour savoir comment on doit se comporter (…) . Sur le plateau ça parlait français, flamand, anglais et danois, j’ai bien révisé mes langues ».

(*) D’origine danoise, il est condamné à de la prison au début des années 2.000 pour des agressions physiques. Libéré sous caution, il quitte Odense pour Copenhague, où il étudie la musique, avant que le cinéma ne le rattrape. Une vingtaine de films aujourd’hui à son actif

Dvd : 16 décembre 2020 Vod :10 Juin 2020 Réalisateur : Jérémie Guez Acteurs : Roland Møller, Veerle Baetens, Lola Le Lann, Lubna Azabal, Jonathan Robert Durée : 89 minutes Langue : Anglais , Français  Sous-titres : Français Studio  : The Jokers L'histoire : Danny, un ancien taulard aspirant à une vie tranquille en est brutalement extrait quand la fille de sa logeuse est victime d’une agression… Interdit aux moins de 12 ans Film :                              : Bonus : Meilleur DVD Décembre 2020 (7ème ) D’après «  L’homme de plonge » de…
Le film
Les bonus

Les décors ne sont pas toujours nets, précis, la lumière parfois indécise, les personnages tout aussi incertains parfois, et tout ça nous fait un excellent premier film en forme de polar non conventionnel. Pourtant à l’origine, rien que du classique pour un taulard en liberté qui ne demande qu’à se faire oublier. Les événements vont le bousculer, il évite les écueils jusqu’au jour où il ne pourra plus reculer. On coud du fil blanc, mais non , scénariste et réalisateur Jérémie Guez accommode son style en inversant souvent le processus narratif ( rien de prévisible, ni de convenu ) dans la marge, là où le scénario a posé d’autres règles pour ce thriller qui tire à contre-temps. Il faiblit malheureusement sur un final un peu bâclé dans le flou scénaristique et le happy end convenu. Cette fin me fâche vraiment, mais ce n’est que la fin.

AVIS BONUS Un très bel entretient avec le réalisateur qui parle très bien du monde du cinéma et du cinéma qu'il entreprend

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